Sommet de l'économie sociale et solidaire

Une idée folle qui rapporte gros

«Plus personne ne pourra nier l'importance de l'économie sociale»

17. Actualité archives 2007



«Merci à ceux qui ont cru à cette folle idée», a lancé Nancy Neamtan, présidente-directrice générale du Chantier de l'économie sociale et solidaire, à la fin du Sommet réunissant 650 personnes venues de toutes les régions du Québec pour faire le point sur le travail accompli depuis 10 ans et surtout donner un nouvel élan à ce mouvement qui vient de refaire le plein de confiance en lui. «Plus personne ne pourra nier l'importance de l'économie sociale», a-t-elle réaffirmé.
En fait, la classe politique appuie plus que jamais ce courant de l'économie solidaire. Claude Béland, qui avait présidé à la naissance du chantier en 1996 dans le cadre du grand sommet socioéconomique du premier ministre Lucien Bouchard, rappelait hier que le gouvernement voulait alors que le chantier soit une expérience de deux ans. «Le succès a été si grand que le chantier est devenu permanent», ajoutait M. Béland. Jeudi, le premier ministre Jean Charest s'est présenté au sommet pour annoncer une injection de 10 millions sur cinq ans, dans un fonds de 54 millions en comptant ce que mettront d'autres partenaires.
Au fait, le gouvernement fédéral devrait annoncer sa contribution éventuellement. Raymond Bachand, ministre québécois du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation, est venu à son tour pour y dire: «Vous êtes sur une pente ascendante. Vous créez de la richesse et vous êtes un élément important en travaillant pour la collectivité.» Sans compter les centres de petite enfance, qui représentent une contribution d'environ un milliard, le gouvernement fait des contributions de plus de 300 millions dans l'économie sociale sous forme de subventions au logement, d'aide à l'insertion sociale, d'investissements dans des coopératives, etc. «Vous faites partie du plan économique du gouvernement du Québec», a mentionné aussi le ministre.
Avant lui, André Boisclair, chef de l'opposition officielle et député de Pointe-aux-Trembles (où avait lieu ce sommet), est venu lui aussi exprimer toute sa confiance en l'économie solidaire et l'espoir d'un arrimage efficace entre les actions des secteurs privé, public et solidaire pour le plus grand bien de l'économie et de la société québécoise. Enfin, on a vu aussi Françoise David, du parti Québec solidaire, très présente à ce sommet.
Du côté du secteur privé, il y a Bell qui a annoncé une collaboration avec le Chantier de l'économie sociale pour la mise en ligne prochaine du portait economiesocialequebec.com, dans le but de mettre en valeur tous les organismes et entreprises de l'économie sociale. Il y aura aussi la vitrine achetersolidaire.com pour les produits et services de cette économie. Bien entendu, le chantier peut compter sur l'appui de ses alliés traditionnels que sont les centrales syndicales, le mouvement coopératif et des institutions financières comme Fondaction, la Caisse d'économie solidaire, etc.
Il est difficile de mesurer précisément toute l'étendue de l'économie sociale, mais on estime que son apport est de 4,3 milliards provenant de 6500 entreprises, sans compter les grandes coopératives que sont Desjardins, Agropur, la Coop fédérée et quelques sociétés mutuelles dans le domaine de l'assurance. Il n'y a pas de plan précis pour la croissance de cette économie au cours des 10 prochaines années, mais on prévoit d'ores et déjà une augmentation plus forte que celle de la première décennie. On voit présentement plusieurs initiatives, par exemple dans les coopératives de soins à domicile; on constate aussi une volonté d'implantation dans les éoliennes. Pendant le sommet, de nombreuses pistes nouvelles d'exploration et d'expansion ont été ouvertes. Avec le vieillissement de la population et en particulier des entrepreneurs propriétaires de PME, le mouvement solidaire va se pencher sur les moyens collectifs qui pourraient être envisagés pour éviter la disparition de nombreuses PME. Tout cela implique évidemment des programmes d'information et de formation. Bref, il y aura énormément de boulot à faire pour réaliser toutes les ambitions qui ont émergé de cette réunion de deux jours à partir de cinq thèmes solidaires principaux: entreprendre, travailler, investir, développer le territoire et consommer de façon responsable.


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