Un gros «si»

Afghanistan - le Rapport Manley - retrait ou non?



Le premier ministre Stephen Harper s'est appuyé sur le rapport Manley pour modifier sensiblement sa politique relative à l'Afghanistan: la prolongation de la mission canadienne après février 2009 est désormais conditionnelle.

«Le gouvernement accepte la recommandation de prolonger la mission du Canada en Afghanistan si - et j'insiste sur le si - certaines conditions sont respectées, soit avoir un ou des partenaires dans la province de Kandahar avec des troupes de combats additionnelles et un équipement adéquat», a déclaré hier M. Harper.
Selon le rapport Manley, la mission des Forces armées canadiennes est vouée à l'échec à moins que l'OTAN ne vienne leur prêter main-forte en envoyant 1000 soldats supplémentaires. De dire le comité, si les alliés du Canada refusent de donner ce coup de pouce, le Canada devrait mettre un terme au volet sécurité de sa mission. Aux Communes, le premier ministre a fermement appuyé cette recommandation: «La prolongation de cette mission dépend des autres soldats qu'enverront nos alliés. Si nous ne pouvons pas recevoir ces soldats, la mission ne sera pas prolongée.»
M. Harper consacrera les prochaines semaines à convaincre ses homologues étrangers d'engager leurs forces armées à Kandahar. On connaîtra le résultat de ce sprint diplomatique au plus tard début avril, à l'occasion du sommet de l'OTAN.
Cette décision du premier ministre ne plaira pas à la majorité de Canadiens qui souhaitent voir l'armée canadienne quitter l'Afghanistan ou au moins cesser de combattre. Cependant, le groupe de M. Manley a expliqué de façon convaincante que ces options ne sont ni réalistes ni dans l'intérêt du Canada: «Le retrait hâtif du personnel militaire canadien de Kandahar imposerait aussitôt une demande inconsidérée aux alliés de notre pays, qui n'auraient d'autre choix que d'envoyer des troupes à Kandahar pour remplacer le contingent canadien, à défaut de quoi la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS) et les Afghans feraient face à une crise imminente menaçant la sécurité dans la province. Voilà qui viendrait à tout le moins entacher la réputation du Canada à titre d'allié digne de confiance.»
La stratégie suggérée par M. Manley est plus positive que celle mise de l'avant jusqu'ici par le Parti libéral auquel il appartient. Stéphane Dion affirme que le Canada doit se retirer de Kandahar en février 2009 quoi qu'il arrive. Le comité Manley et maintenant le premier ministre Harper proposent que le Canada s'engage à laisser ses troupes dans le Sud afghan si l'OTAN accepte de leur venir en aide.
Que feront les libéraux dans l'éventualité où des pays alliés envoient des soldats supplémentaires combattre aux côtés des nôtres? Il serait carrément irresponsable de leur part de voter contre une prolongation. Les alliés du Canada seraient furieux, avec raison, de se faire faire un tel pied de nez.
Le groupe de M. Manley a trouvé un terrain de compromis entre la position du gouvernement Harper et celle de l'opposition libérale. Le premier ministre vient de saisir la perche; le PLC doit faire de même. Initiée par un gouvernement libéral, la mission à Kandahar ne devrait pas être soumise aux caprices des intérêts partisans.
apratte@lapresse.ca
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André Pratte876 articles

  • 262 203

[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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