Ras le bol de l’islam

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Multiculturalisme : le fossé se creuse entre le Québec et le Canada


Misère. Le port des signes religieux par les policiers et la candidature d’une Québécoise musulmane voilée pour Québec solidaire ont ravivé le débat sur la place de la religion dans notre société. Mes collègues chroniqueurs ont analysé ces nouvelles, comme il se doit.


Et comme il se doit aussi, sans tenir des propos xénophobes, racistes ou anti-musulmans.


Nickel


Comme il fallait s’y attendre, tous appuient l’interdiction de signes religieux pour des personnes en autorité, mais personne n’a remis en question le droit des personnes qui portent un signe religieux de se présenter aux élections. C’est fondamental en démocratie : seuls les électeurs peuvent décider. Pas la meute des enragés.


J’ai suivi les débats subséquents sur les réseaux sociaux. La « pensée » des ignares racistes était représentée par quelques centaines de commentaires du genre « nous sommes envahis », « adieu notre identité », « dégagez », « les musulmanes aiment se faire battre », etc.


Sans compter tous ceux qui croient, à tort, que « laïcité » signifie « interdiction de religion en public » alors qu’en séparant le politique et le religieux, l’État et l’Église, la laïcité garantit plutôt la liberté de conscience.


Si la France interdit le niqab en public, c’est au nom de la sécurité, pas de la laïcité.


Changer de disque


Un jour, j’ai décidé de ne plus écrire sur Israël. J’alimentais les antisémites derrière le paravent de l’antisionisme. Et puis, 3000 ans d’histoire, c’est compliqué en 500 mots.


Je pense parfois abandonner le sujet de l’islamisme que j’étudie pourtant depuis 20 ans. Dans ma bibliothèque, il y a de tout, Edward Saïd, Bernard Lewis, Gilles Kepel, Noam Chomsky, Sayyid Qutb et même Voltaire.


Sans oublier les Québécois Djemila Benhabib et Fabrice de Pierrebourg.


Mais chaque fois que je m’avance sur ce terrain, même sur la pointe des pieds, j’ai l’impression de nourrir les esprits chagrin, mesquins et ti-clins qui mélangent tout, religion, immigration, hijab, terrorisme, musulmans et islamistes.


Tous les islamistes sont musulmans, mais tous les musulmans ne sont pas des islamistes. Me semble que c’est facile à comprendre ?


De plus, les islamistes instrumentalisent cette confusion pour créer un sentiment de victimisation chez les musulmans « ordinaires ».


J’ai un gros ras-le-bol.


Les anglos


Samedi, un collègue de The Gazette a twitté un message suggérant que je suis raciste parce que j’ai écrit qu’Ève Torres de Québec solidaire, qui porte le hijab, ne voulait pas entrer à l’Assemblée nationale pour accélérer le service à l’urgence ou réparer les routes.


Le fossé entre journalistes francophones et anglophones au sujet de l’islam politique, et même de son existence ici, grandit.


Persuadés de la supériorité du multiculturalisme sur la laïcité républicaine pour défendre les libertés individuelles, ils font peu d’efforts pour comprendre le point de vue des francophones, préférant paresseusement cocher la case « raciste » pour le décrire.


Pour eux, un hijab est un bout de tissu et le niqab, un vêtement, point. Y voir, chez certaines, un symbole politique, relèverait de l’exclusion et du mépris.


Comme m’a répondu un collègue que j’aime bien à qui j’expliquais qu’une école des Frères musulmans voilait les fillettes du primaire, « so what ? »


Ben oui, so what ?