Pour un Parti Québécois progressiste, national et populaire

PQ - Pauline : gouverner mais encore ?....



Jadis national et populaire, le PQ se définit depuis quelques années comme étant un parti altermondialiste, écologiste et pluraliste... avec, pour résultat, les pires scores électoraux de son histoire. La question qu'il doit se poser est donc simple: comment redevenir un parti national et populaire tout en demeurant progressiste?
Premièrement, il est clair que le PQ doit réinvestir la question de l'identité. Et il ne lui suffira pas d'agiter quelques drapeaux. En effet, comme le registre du symbolique est déjà occupé par l'ADQ avec sa prise de position portant sur les accommodements raisonnables, le PQ doit offrir du concret. Ainsi, il pourrait proposer d'ajouter la promotion de l'identité nationale aux mandats du ministère de l'Immigration, donc de changer le nom de ce ministère en substituant à la référence aux communautés culturelles une référence à l'identité québécoise. Compte tenu du fait que cette référence communautariste a été ajoutée par les libéraux, cette substitution serait une occasion en or pour le PQ d'opposer son nationalisme intégrateur au multiculturalisme ghettoïsant du PLQ. De même, le PQ ne devrait pas hésiter à proposer du concret en matière de langue, ne serait-ce qu'en ramenant à l'ordre du jour l'importance d'accroître la fréquentation des institutions d'enseignement postsecondaire de langue française par les immigrants.
Étatisme
Deuxièmement, un véritable parti national et populaire ne saurait se contenter de ne l'être qu'en ce qui a trait aux enjeux identitaires. Il doit penser «national et populaire», y compris lorsqu'il se penche sur des enjeux sociaux. Cela pourrait signifier que le PQ ne doit plus être aussi étatiste en matière de santé. C'est que cet étatisme revient à défendre la loi canadienne sur la santé et à mettre le parti en porte-à-faux avec une population de plus en plus favorable au secteur privé en santé. Or, en nommant Michel Venne plutôt que Joseph Facal à la commission Castonguay qui se penche sur le financement du système de santé, le PQ semble avoir choisi de défendre son étatisme plutôt que d'explorer de nouvelles voies, par exemple les coopératives de santé. En effet, puisque M. Facal est un spécialiste de la question, comme le prouve le livre Volonté politique et pouvoir médical, qu'il vient de publier, alors que M. Venne s'y connaît moins, tous comprennent qu'il s'agissait là d'un choix idéologique, le PQ préférant un «solidaire» à un «lucide».
Ceci étant, être national et populaire ne signifie pas être de droite. Ainsi, dans le dossier des frais de scolarité, une position nationale, populaire et progressiste consisterait à s'opposer à la hausse. Pourquoi? D'une part, ce dégel vise à rattraper la moyenne canadienne, donc à réduire la spécificité québécoise dans ce domaine; d'autre part, il aurait pour effet de diminuer l'accessibilité des universités aux classes populaires, comme ce fut le cas à la suite des hausses de frais en Ontario.
Bref, c'est en se réappropriant la question identitaire à l'aide d'idées concrètes et en prenant intelligemment position sur les enjeux sociaux que le PQ redeviendra un parti national et populaire tout en demeurant progressiste. Et ce n'est qu'une fois qu'il sera redevenu le champion des intérêts nationaux du Québec et le parti préféré du peuple québécois qu'il pourra remettre en avant son option fondamentale.
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Guillaume Rousseau, Doctorant en droit à l'Université de Sherbrooke

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Guillaume Rousseau32 articles

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L'auteur, qui est candidat au doctorat en droit à l'Université de Sherbrooke, a étudié le droit européen à l'Université Montesquieu-Bordeaux IV. Actuellement, doctorant à l’Université Paris I-Panthéon Sorbonne





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