Pour un contrôle démocratique de l’industrie du sondage au Québec

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Restreindre les sondages avant les élections : au bénéfice de qui ?


Le Collectif pour la réglementation de l’industrie du sondage au Québec (RISQ) est un groupe de citoyens et citoyennes qui croient que l’industrie du sondage au Québec n’est pas suffisamment encadrée d’un point de vue légal. Il a été créé afin d’amener les gouvernements fédéral et du Québec à légiférer pour protéger les citoyens, les consommateurs et les employés face à une industrie devenue beaucoup trop influente dans notre société. Nous en avons eu un exemple frappant lors de la dernière campagne électorale au Québec, lors de laquelle les sondages, leur attente, leurs interprétations et leur influence devenaient des sujets en soi, éclipsant souvent les enjeux réels et les prises de position des partis et des candidats. Cela est d’autant plus ironique que, comme souvent dans le passé, les résultats réels de l’élection du 1er octobre 2018 ont été très imparfaitement prédits par ces « spécialistes » de l’opinion.


Malgré le poids de cette industrie dans les débats démocratiques, non seulement durant les campagnes électorales, puisque l’on sonde aussi en tout temps les gens sur des sujets précis — les personnalités qui feraient le meilleur chef d’un parti ou le meilleur premier ministre, les priorités des citoyens et citoyennes, etc. —, celle-ci fonctionne dans des conditions d’opacité inquiétantes.


Actuellement, la multiplication des méthodologies utilisées par les entreprises de sondage ainsi que le caractère non probabiliste de plusieurs sondages, souvent réalisés par Internet, provoquent beaucoup de confusion et de désinformation. D’ailleurs, ces méthodologies sont souvent exposées de façon très sommaire, lorsqu’elles le sont, ce qui empêche de se prononcer de façon sûre quant à la fiabilité des résultats obtenus.


N’oublions pas non plus les questions que l’on peut se poser sur la neutralité de ces entreprises, dépendantes de commanditaires qui les paient pour procéder et qui peuvent avoir des liens étroits avec des groupes financiers ou médiatiques. On n’a qu’à penser aux cas de Léger avec Québecor ou de CROP avec La Presse.


Or l’organisme d’autoréglementation de l’industrie au Canada, l’Alliance de la recherche et de l’intelligence marketing (ARIM), qui assurait un minimum d’encadrement aux entreprises qui en étaient membres sur une base volontaire, a cessé ses activités il y a quelques mois. Ce qui signifie également que le public n’a plus aucun lieu pour porter plainte, le cas échéant.


Dans ce contexte, le Collectif RISQ propose que soit créé un organisme de contrôle public, qui aurait pour mandat d’encadrer obligatoirement toutes les entreprises de sondage au Québec. Il aurait le pouvoir d’évaluer tous les projets de sondage soumis quant à leur méthodologie et au caractère éthique des questionnaires et devrait s’assurer du respect d’obligations de transparence en ce qui concerne les commanditaires, les échantillons et l’utilisation des résultats.


Nous croyons aussi qu’afin de préserver un espace de débat démocratique, la réalisation et la diffusion des sondages devraient être restreintes durant les campagnes électorales. C’est une pratique courante en Europe, où la publication des sondages peut être interdite 24 heures (France), 5 jours (Espagne) ou même 15 jours (Italie). On parle alors de période de « silence électoral » permettant aux électeurs de réfléchir à tête reposée à leur choix.


Nous souhaitons lancer le débat sur ces questions en invitant tous les individus et groupes intéressés à y participer.









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