Pauline Marois veut briser son image

La présidente du PQ publie son autobiographie

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Marois - "Québécoise !" - autobiographie


Québec - La chef Pauline Marois espère que son autobiographie intitulée Québécoise! (Fides), qu'elle a lancée hier, contribuera à changer son image de «grande bourgeoise». C'est ce qu'elle a expliqué lors d'une rencontre de presse organisée dans un minuscule bureau du Centre des congrès de Québec, où le Salon du livre de Québec se déroule jusqu'à dimanche. «J'espère que ça la brisera, cette image», a-t-elle insisté, déclarant être «une femme simple qui aime la vie». Une femme «de famille» aussi, thème sur lequel elle insiste beaucoup dans son récit.
Le projet d'écrire un livre lui a été proposé par Pierre Graveline, des éditions Fides, alors qu'elle était encore en retrait de la vie politique. Au départ, l'ouvrage devait être écrit avec son conjoint Claude Blanchet, homme d'affaires et ancien p.-d.g. de la Société générale de financement.
Le ton adopté par Mme Marois, pour qui l'écrivain Pierre Graveline a tenu la plume, a peu à voir avec celui d'un Brian Mulroney qui, dans ses mémoires, s'était montré plutôt revanchard. La chef péquiste écrit ainsi qu'elle «déteste les règlements de comptes sur la place publique. Ils ne sont pas dignes de gens intelligents. Durant toutes mes années de vie publique mais aussi dans ma vie privée, j'ai toujours été attentive à ne pas blesser les gens». Autrement dit, peu ou pas de «détails croustillants» (selon les termes mêmes de Mme Marois) dans ce livre de 261 pages (tiré à 15 000 exemplaires) qui retrace les grands événements d'un parcours exceptionnel à partir de Limoilou, où elle est née en 1949, à l'île Bizard, où se trouve sa grande demeure.
Parcours exceptionnel? Mme Marois insiste pourtant pour dire que le titre en est Québécoise! parce que c'est là le récit de la vie d'une femme parmi des «milliers d'autres» femmes comme elle, qui «lave son plancher», qui a «vécu les mêmes affaires» que les autres: «J'ai eu quatre enfants, puis j'ai eu des moment difficiles dans ma vie. J'ai vécu toutes les étapes de la libération des femmes.» (Le titre ne fait toutefois aucune allusion au slogan «Québécoises deboutte!» du Front de libération des femmes.)
Une des seules révélations est qu'au moment de la lutte pour le déficit zéro, Mme Marois avait menacé de démissionner. Le premier ministre Lucien Bouchard était alors tenté d'amender une proposition par laquelle il s'était engagé à ne pas réviser à la baisse les conventions collectives. Or c'est Mme Marois qui avait négocié et signé ces ententes accordant des «hausses salariales justifiées et raisonnables», écrit-elle. Elle avait fait savoir au premier ministre qu'elle voterait contre l'amendement en Chambre. Mais Lucien Bouchard a finalement changé d'idée.
Mme Marois fait état de certains regrets. Au départ inattendu de Lucien Bouchard, en 2001, celui-ci lui avait recommandé de se «manifester rapidement» dans l'hypothèse où elle souhaitait prendre la direction du parti. Mais elle fut finalement prise de vitesse par Bernard Landry. «J'aurais dû suivre son conseil», écrit-elle. Elle qualifie d'«erreur» le fait d'avoir réclamé une course à la direction pour déloger M. Landry, lors d'un conseil national. Elle se souvient sans amertume qu'à l'époque, des gens qui lui avaient promis de se joindre à elle dans la fronde l'ont laissée aller seule au combat contre celui qui était premier ministre. Il y a du reste un peu d'amertume dans sa description des manigances de François Legault au moment du départ de M. Bouchard. Après un autre départ, celui de Bernard Landry, elle a été surprise par l'annonce de la candidature d'André Boisclair. Deux semaines avant le congrès, il lui avait dit qu'il la trouvait «bien courageuse de vouloir diriger ce parti».


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