Pas raciste, Mario Dumont, mais...

Tolérance des Québécois / Sondage sur le racisme des Québécois

Québec -- Mario Dumont «n'est pas raciste», a soutenu la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Lise Thériault, hier, mais s'il critique les accommodements raisonnables et «affirme que le Québec est à plat ventre devant les immigrants», c'est qu'il n'a pas eu beaucoup l'occasion de les côtoyer. Une accusation qui a piqué au vif le chef adéquiste hier.
Mme Thériault réagissait à la proposition de M. Dumont d'adopter une constitution afin d'encadrer les fameux accommodements accordés pour des motifs religieux. Dans une lettre aux Québécois, le politicien les a incités à rompre avec «le vieux réflexe minoritaire» qui «continue à nous faire courber l'échine quand nous devrions avoir le menton bien droit».
Mme Thériault estime que la solution n'est pas constitutionnelle. Elle qui déposera ce printemps une politique et un plan d'action pour contrer le racisme et la discrimination propose plutôt le «dialogue avec les gens d'autres cultures» et se demande si M. Dumont l'a suffisamment pratiqué. «A-t-il pris la peine de s'asseoir avec des gens d'autres communautés culturelles pour essayer de les comprendre? On a passé trois semaines en commission parlementaire [...] sur le racisme et la discrimination et jamais M. Dumont n'est venu s'asseoir, ni aucun des représentants de l'ADQ. Est-ce qu'il est conscient de cette réalité-là? Je pense que la question se pose.» Elle croit que M. Dumont aurait besoin de s'entretenir davantage avec les différentes communauté, «d'aller voir les gens». Après des attentats «sur des mosquées», des députés libéraux et péquistes se sont rendus auprès des victimes, mais pas les députés adéquistes, a-t-elle fait remarquer.
M. Dumont n'en revenait pas des commentaires de la ministre hier. «A-t-elle mon agenda? C'est une ministre qui ne sait pas de quoi elle parle, qui ne me connaît pas et qui comble son absence de leadership par la bêtise», a-t-il répondu, cinglant. M. Dumont a d'abord tenu à souligner qu'il avait «deux belles-soeurs» immigrantes et qu'il a toujours été très accueillant pour les représentants des communautés culturelles dans sa carrière. De plus, l'ADQ a eu «au moins une dizaine» de candidats issus de ces communautés. Si l'ADQ n'est pas allée à la commission, c'est «qu'avec cette ministre on savait qu'il n'en sortirait pas grand-chose», puisque le gouvernement Charest a «coupé les budgets d'intégration». Il déplore que, dans le dossier des accommodements raisonnables, on n'ait «pas vu ni entendu» Mme Thériault, qu'elle n'ait apporté «aucune contribution notable». À ses yeux du reste, il ne s'agit pas, dans ce débat, d'opposer les Québécois aux immigrants, mais de «défendre nos valeurs communes», une attitude réclamée au premier chef par nombre de femmes immigrantes, a-t-il soutenu hier, mais que la ministre semble «incapable d'adopter».


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