GOUVERNEMENT COUILLARD

Les maillons faibles

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Les faiblesses sont évidentes depuis le début, y compris les siennes, et elles sont en train d'exploser à la face de Couillard

Le gouvernement Couillard aura bientôt un an. Mais déjà se révèlent les faiblesses de l’équipe gouvernementale, qui peine à offrir aux Québécois un message toujours cohérent. Le premier ministre pourrait bien devoir marquer cet anniversaire par un remaniement de son Conseil des ministres.
La priorité de ce gouvernement est, qui ne le sait pas, le retour à l’équilibre budgétaire. Sur ce sujet, le message est clair. Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, le martèle tous les jours. Tous les ministres sont conscrits à l’atteinte de cet objectif avec des compressions de dépenses dans tous les ministères. La solidarité ministérielle est exemplaire à cet égard.

Dans le quotidien du gouvernement, il n’y a pas que le déficit zéro. Il y a le champ très large des affaires courantes où les ministres ont davantage de latitude. C’est ici que se révèlent les forces et les faiblesses de chacun.

Du côté des forts, il y a le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, dont le mandat est de casser le corporatisme médical avec son projet de loi 20, et le leader parlementaire, Jean-Marc Fournier. Il y a aussi le ministre de l’Économie, Jacques Daoust, ainsi que le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau. Mais même les forts peuvent mettre le gouvernement dans l’embarras, ce que ce dernier a démontré avec sa réaction épidermique à l’augmentation des taxes à Laval et à Longueuil contre son avis. Le politicien expérimenté qu’il est aura réussi à reculer sans trop mal paraître.

Tous ne sont pas aussi habiles. C’est le cas de la ministre Francine Charbonneau, qui a cafouillé au sujet de la nouvelle tarification des services de garde. De la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, qui a déclaré qu’elle ne verrait pas d’objection à avoir dans son cabinet un intégriste. Du ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, qui la semaine dernière a trébuché en donnant sa bénédiction aux fouilles à nu d’étudiants par les directions d’école. Lundi, s’ajoutait à cette liste le ministre des Transports, Robert Poëti, qui ouvrait la porte à une nouvelle taxe pour les citadins qui vivent près des services de transport public afin de financer de nouvelles infrastructures.

À l’usage, les électrons libres dans ce gouvernement apparaissent plus nombreux que nécessaire. Leurs interventions irréfléchies créent la cacophonie. Le premier ministre a beau s’évertuer à interdire à ses ministres de parler aux journalistes sans vérifier au préalable la ligne de presse, rien n’y fait. Les ministres additionnent les volte-face.

La faute n’est pas toujours totalement celle des ministres. Prenons le cas de Robert Poëti qui a pour mandat de trouver de nouveaux moyens de financer les infrastructures de transport en commun. La captation de la valeur ajoutée foncière qu’il a évoquée est une avenue qu’envisage le gouvernement. Il a bien compris que cela se traduira par une augmentation de taxes, directe ou indirecte, pour les propriétaires d’édifices résidentiels et commerciaux dont la valeur augmente près des services de transport. Son erreur est d’avoir improvisé sur le sujet, sans réfléchir à l’engagement du gouvernement de ne hausser ni les taxes ni les tarifs. Il est maintenant sous surveillance.

Philippe Couillard se refuse de parler de remaniement ministériel. Par contre, quand il invite l’opposition à se montrer tolérante envers ses ministres, on devine son déplaisir d’avoir à jouer les pompiers pour corriger les erreurs de tout un chacun et assurer la cohérence du message gouvernemental. Plus tôt que tard, il lui faudra en venir à revoir la composition de son équipe. Celle-ci compte trop de maillons faibles, le risque étant qu’ils se brisent au moment le plus inattendu. Néanmoins, il doit se rappeler qu’à l’origine, c’est lui qui a mal évalué les capacités de certains de ses ministres. Il ne peut répéter l’erreur.


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