L'affirmation nationale comme mode de vie politique

Les « descendants des vaincus » et l'édification du Canada sur les mensonges  

Le procès du Canada à l'international

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Le point sur cette série

Cette série a été écrite pour expliquer l'échec du mouvement souverainiste québécois depuis cinquante ans. Elle tâche de démontrer que sans un changement profond des perspectives le déclin inéluctable des fondateurs du Canada se poursuivra. Pour le bénéfice des lecteurs, je rappelle que la première partie explore les moyens de redonner l'initiative aux « descendants des vaincus » et anticipe sur les prochaines négociations constitutionnelles qui feront des Premières nations les vedettes, alors que le Québec risque d'en être exclus et même complètement ignoré. La deuxième partie revient sur la satisfaction du Québec à la division du camp des vaincus, qui éclata aux États généraux du Canada français en 1967. La troisième partie analyse le manque flagrant de sérieux du projet de René Lévesque et de ses continuateurs de tous les partis autonomistes, toujours dans l'acclamation d'une oeuvre manquée. La quatrième partie revient sur le manque de détermination des chefs autonomistes qui, par leur démission en plein combat, avortèrent les quatre tentatives de modifier le statut constitutionnel du Québec. Ils portent la responsabilité de la morosité ambiante. La cinquième partie traite du syndrome du Grand Jour : le remplacement de la lutte soutenue contre un fédéralisme assimilateur par une pédagogie préparatoire à l'indépendance. Le combat vs la discussion dans les salons. [ Serait-ce une conséquence de la féminisation de la société ? ] La présente partie, la sixième, expose avec concision la nature destructrice du fédéralisme pour les Canadiens français et les Premières nations indigènes, en retraçant l'usurpation du pacte constitutionel de 1867 par la puissance anglo-saxonne hégémoniste. D'autres analyses inédites attendent les lecteurs.


Nous continuerons de poser les jalons qui mènent à un changement de paradigme, à une refondation rendue indispensable après cinquante ans d'échecs ininterrompus. Nous reviendrons sur le refus Québécois de tenir tête au fédéralisme alors que la réthorique indépendantiste-souverainiste a été plus que jamais dans l'actualité depuis cinquante ans. Et, dans un texte documenté, nous nous pencherons sur la manipulation générale qui piège désormais l'indépendantisme au-delà du droit international. Tout ce qui échappe – et il y a matière - à ceux qui ont trop voulu scruter les expériences écossaises et catalanes pour le compte du Québec. Y a-t-il un sens à ce que le Kosovo obtienne son indépendance sans lutte et sans référendum et, à coté, que la Catalogne, qui compte des organisations indépendantistes de longue date et qui a dit OUI échoue ?


« Descendants des vaincus » et « descendants des vainqueurs »


Curieusement, les « descendants des vaincus » est une expression qui fait partie du glossaire constitutionnel canadien. Au même titre que « descendants des vainqueurs », qui désignait sommairement le deuxième Canada, que tout séparait du premier.


Pour Me Christian Néron, constitutionaliste et historien des institutions consulté pour cet article, « Les périphrases « descendants des vaincus » et « descendants des vainqueurs » étaient courantes au XIXe siècle, mais elles ont pris leur place dans notre vocabulaire constitutionnel lors des Débats parlementaires sur la Confédération en février 1865. Lors de ces Débats, les ministres et députés du Haut Canada avaient mené une offensive afin de convaincre les 48 députés canadiens-français à consentir, en toute égalité, à un « pacte de la paix » susceptible de régler à jamais des différends qui perduraient depuis un siècle entre les deux populations. »


Pour replacer ces périphrases dans leur contexte d'une conciliation – rendue pressante pour éviter une soi-disant guerre civile -  il peut être utile de relire le discours de George Brown - principal concepteur et artisan de la Confédération – édité et reproduit par Me Christian Néron, le 17 janvier 2017.


Deux nations, les pouvoirs majeurs aux provinces et le consentement du Bas-Canada pour tout changement constitutionnel


À la lecture des discours des constituants (1864 – 1865), aucun doute ne peut être entretenu quant à l'existence de deux peuples dont la reconnaissance ne faisait l'objet d'aucun débat. Aucun doute sur leur accord en faveur de compétences circonscrites pour le pouvoir fédéral, et le maintien de pouvoirs exclusifs importants pour garantir l'autonomie des provinces. Il était aussi promis – explicitement par George Brown et George-Étienne Cartier - qu'aucune modification constitutionnelle ne pouvait être ratifiée sans le consentement du Bas-Canada – aujourd'hui le Québec. C'étaient les consensus essentiels.[1] Il en sortit un compromis qui représentait l'état du rapport des forces. Mais derrière ce compromis officiel, les vainqueurs historiques se réjouissaient secrètement aux perspectives d'éradiquer définitivement le french canadianism de la scène politique, alors que les « descendants des vaincus » y voyaient une étape importante avant d'évoluer tout naturellement vers une indépendance totale.


Si dans son application ultérieure le « pacte de paix » avait conservé – non sans tension -  cet équilibre des forces et des volontés, la référence aux vaincus, marquée d'infériorité, et aux vainqueurs, marquée de supériorité, aurait dû graduellement s'atténuer...


Pour éteindre le conflit « inter-national » au sein Canada, il aurait fallu que l'esprit et les promesses des délibérations et du pacte de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique(AANB) [2] soient respectés et suivent leur cours. Même en empruntant, impossible de l'exclure, des voies sinueuses. Poursuivre dans l'esprit du compromis, qui avait finalement vaincu la méfiance et emporté l'adhésion d'une faible majorité des députés canadiens français, ne pouvait que conduire à une plus grande égalité ou à l'indépendance.


Usurpation de pouvoirs et rupture du pacte


Or tout le contraire se produisit. Une fois le pacte signé, il fut tout de suite tourné à l'avantage exclusif des Anglo-Saxons, lesquels ne cessèrent jamais de se comporter en « descendants des vainqueurs ». D'ailleurs, les motifs cachés, exprimés en privé par George Brown mais connus aujourd'hui, voulaient que le « pacte de paix » devienne l'instrument qui permettrait de mettre fin à l'existence politique et nationale des Canadiens français. [3]Inutile de dire que ces intentions d'ethnocide [4] entachaient dès le départ la bonne foi de l'instigateur du projet et vrai père de la Confédération. En revanche, l'espoir de glisser doucement vers une émancipation complète - sentiment partagé par la totalité des Canadiens français et exprimé publiquement dans leurs journaux - était, quant à lui, parfaitement légitime. [5] 


La Cour suprême, produit et instrument de l'usurpation fédérale


La Cour suprême du Canada – un tribunal constitutionnel qui ne dit pas son nom - est établie en 1875 par une loi ordinaire [6] du Parlement fédéral. Ce qui est assez inhabituel dans un tel cas. La nomination des juges qui y siègent échoit à la seule discrétion du premier ministre, ce qui est assez primitif dans le cas d'institutions démocratiques. Mais au Canada, vu l'impossibilité de réformer la constitution – une affaire explosive – la fonction de premier ministre en est venue à concentrer tout à la fois les pouvoirs d'un monarque-président et d'un premier ministre.


Le sens de la création unilatérale de la Cour suprême –  seulement huit ans après 1867, sans convocation ni consultation des parties constituantes – est un stratagème pour dépouiller les « descendants des vaincus » de leurs droits. Ce qui se met en place, est un stratagème scandaleux du pouvoir fédéral pour s'accaparer, à lui seul, des prérogatives de la monarchie coloniale au fur et à mesure du repliement de cette dernière. C'est en quelque sorte un coup d'État institutionnel, une première usurpation de pouvoirs par le fédéral. On avait pourtant convenu que ses pouvoirs devaient être circonscrits.   


Grâce à la parodie de la Cour suprême, le pacte de 1867 va évoluer sur la base d'une jurisprudence faite d'un cumul de jugements défavorables aux « descendants des vaincus ». Un phénomène de centralisation unilatérale qui va passer à la vitesse supérieure avec le Traité de Westminster en1931, par lequel Londres renoncera à son pouvoir de renverser les jugements canadiens, ce qui s'était produit plusieurs fois. On peut donc parler d'une indépendance du Canada qui progresse en transfigurant l'esprit du pacte de 1867.


Le révisionnisme constitutionnel de la Cour suprême culminera en 1981, lorsque contrairement aux textes, la Cour suprême prétendra que le consentement du Québec n'est pas indispensable pour modifier la Constitution de 1867. Une décision qui venait couronner le renversement progressif de l'esprit et de la lettre du « pacte de paix ». J'ai expliqué ailleurs [7] les raisons pour lesquelles on n'a pas contesté sur le champ, à Londres [8] et devant toute instance internationale compétente, cet avis constitutionnel qui était pourtant d'une portée vitale pour le Québec.


L'expression «descendants des vaincus et descendants des vainqueurs» n'aura donc jamais cessé d'être d'une vibrante actualité. Cette expression, qui ne semble pas évidente au premier abord, désigne pourtant à la perfection les rapports de domination qui sont à la base de l'édification du Canada.


Un « pacte trahi » qui pousse les « descendants des vaincus » à reformer leur camp


Après 150 ans d'injustice, le retour dans la langue d'usage des « descendants des vaincus » permet de mettre en évidence le caractère absolument inclusif de la périphrase, pour la bonne raison que tous les concernés peuvent s'y retrouver. En effet, sous cette appellation de « descendants des vaincus », il devient possible de désigner, sans autre distinction, Québécois, Canadiens français et Acadiens. L'expression a tout le pouvoir d'évocation pour les relier les uns aux autres, les rassembler dans une histoire partagée, celle d'avoir non seulement subi le sort des armes, mais de continuer de subir une sorte de condamnation perpétuelle. Un événement, la Conquête (1755-1763), changea radicalement le statut et le destin de tous.


L'expression « descendants des vaincus » est d'autant plus rassembleuse qu'elle permet de rajouter les Premières nations au nombre des victimes du deuxième Canada, se rappelant que ces dernières étaient en majorité les alliés de la Nouvelle-France et des Premiers Canadiens. Ces peuples subirent la même défaite. Lorsqu'ils combattirent aux cotés des Canadiens sur les plaines d'Abraham et, par la suite, lorsque les guerriers du chef Pontiac se soulevèrent contre le régime anglais près des Grands lacs. Leur statut subit une déchéance considérable en passant d'alliés des Premiers Canadiens, à refoulés dans des réserves. Même métissés avec les Premiers Canadiens ils ne connurent pas de meilleur sort. La répression sous toutes ses formes s'abattit sur eux. La pendaison de Louis Riel (1885), qui souleva d'indignation le Canada français en constitua un fait marquant.


 





Contrairement aux Espagnols et à d'autres peuples, les Anglais ne semblent pas connaître cette grandeur d'âme qu'on appelle parfois la magnanimité du vainqueur. Mais on restera prudent avant d'inclure davantage les Premières nations dans le combat des « descendants des vaincus ». D'abord, ils restent muets sur les différences entre le régime français et le régime anglais, une histoire oubliée ? Une histoire qui pourrait pourtant enrichir les sources de leur propre combat. L'AANB de 1867, en dépit d'un départ prometteur, n'aura fait que prolonger le rapport de domination. Par conséquent, les vaincus conservent un intérêt objectif et « principiel » à se regrouper sur la base de leur condition commune s'ils veulent retrouver la trace de leur identité. Se regrouper, reformuler les alliances grâce auxquels ils furent jadis d'intrépides gagnants, si ils veulent un jour mettre un terme à une volonté anglo-saxonne de suprématie mâtinée de paranoïa. À chacun ses problèmes !


Contrairement aux Espagnols et à d'autres peuples, les Anglais ne semblent pas connaître cette grandeur d'âme qu'on appelle parfois la magnanimité du vainqueur. [9]




Fonder la démarche autonomiste contre la trahison des « descendants des vainqueurs »


Une constituante dans les frontières du Québec, comme le réclament certains autonomistes, ne peut se tenir ex nihillo. Elle ne peut se justifier dans l'occultation d'une constitution existante, la Confédération. Il faut prendre les réalités telles quelles sont. Les espoirs démesurés qu'on met dans une constitution interne du Québec ne peuvent se justifier que par la poursuite de l'oeuvre manquée de René Lévesque : la souveraineté sans adopter l'affirmation et la résistance nationales comme mode de vie. Pour un acte aussi grave que celui de fonder un nouveau pays dans les frontières d'un autre, on ne peut faire l'économie d'un procès au pays que l'on veut quitter, sans que la démarche séparatiste apparaisse mal fondée et quelque peu douteuse. Ce procès, qui aurait pu confondre le Canada, n'a jamais été entrepris par le tandem Lévesque-Morin et les chefs de file autonomistes – tous - qui marchèrent dans ses traces. On pourrait invoquer bien des raisons, mais essentiellement leur démarche valsait entre le fantasme politique et l'autonomisme velléitaire. Rappelons encore que la fondation d'un nouveau pays est un acte international. C'est pourquoi toute l'expérience des cinquante ans de Parti québécois peut être difficilement retenue pour la suite des choses. Un changement de paradigme s'impose.


Comment s'en sortir? Des élections auront lieu au Québec en octobre 2018. Si les Québécois d'aujourd'hui avaient la même cohésion et le même optimisme national que les Canadiens français de 1867, ils hésiteraient avant de donner leur vote à un parti qui n'a aucune intention de contester formellement sur la scène internationale - hors du Canada et sa Cour suprême - la légalité de l'imposition de la Loi constitutionnelle de 1982. Le dossier à charge est accablant. Il aurait mérité bien des études mais il y en eut guère de cet ordre, même si la documentation est abondante. [10]


En attendant, voici quelques raisons, un condensé, qui rendent intenables le statu quo constitutionnel du Canada. Si cela ne répond pas à toutes les exigences d'une relance nationale, c'est un commencement !


- Les motifs inavoués du premier artisan et concepteur, George Brown, qui, dès le départ, nourrissait l'intention inavouée de mettre fin à l'existence politique et nationale des Canadiens français, entache la légitimité du projet et la bonne foi de son promoteur.


- La création unilatérale et non constitutionnelle d'une Cour suprême, prévue que très vaguement dans les accords, rendait son institution sujette à des négociations ultérieures entre les parties signataires du pacte de 1867. À cet égard, la question de la révision ou du désaveu de tous les jugements concernant le Québec, le Canada français et les Acadiens devrait être publiquement posée. Si, dans ce cadre, les Premières nations voulaient se joindre aux autres « descendants des vaincus », elles auraient naturellement toute la latitude pour défendre leurs propres intérêts.


- Le jugement révisionniste de la Cour suprême dans le Renvoi de 1981, va à l'encontre des engagements pris par les fondateurs du pacte de 1867. C'est une interprétation qui néglige les faits, un acte anti constitutionnel qu'il presse d'amener sur la scène internationale car il est impossible de le contester au Canada.


Le rapatriement de la constitution, de sa formule d'amendement et de la charte des droits furent rendus possibles par la Cour suprême, mais ils ne peuvent être renversés qu'ailleurs. Le Québec se croît dans son bon droit et a refusé ─ et continue de refuser – d'y apposer sa signature.    


Les quatre combats - en cinquante ans – pour modifier le statut du Québec n'ont jamais consisté à mettre le Canada sur la défensive, à dévoiler son usurpation du pouvoir ni de faire de lui l'intimé en attente d'un procès et de jugement. Pire, les quatre passe d'armes se sont subitement arrêtées net en plein litige. Or, les informations nouvelles sur les Débats constitutionnels de la Confédération qui viennent d'être révélées grâce aux recherches de Me Christian Néron rajoutent des pièces de taille à un dossier déjà accablant. Les possibilités d'invalider en droit toutes les décisions de 1982 viennent de s'accroître de manière importante. À cet égard, si la solidité du dossier ne pose pas de problème, la transformation d'un ordre constitutionnel n'est possible que si un minimum de détermination et de pugnacité peut être réuni du coté de ceux qui veulent faire reconnaître leurs droits. 


 




Références




  1. ^ En droit anglais, ce qui s'est dit dans les délibérations constituantes est essentiel pour interpréter l'Acte constitutionnel lui-même car il renseigne sur les intentions des constituants.

  2. ^ Acte de l'Amérique du Nord britannique, BNAA en anglais.

  3. ^ Comme un haut fonctionnaire britannique renommé - Lord Durham - l'avait déjà recommandé 26 ans plus tôt dans un rapport officiel

  4. ^ « You will say that our constitution is dreadfully tory – and it is ! – but we have the power in our hands to change it as we like. Hurrah ! – Is it not wonderful ? French canadianism entirely extinguished ! » Lettre à sa femme citée par Christian Néron ( https://vigile.quebec/articles/la-confederation-en-tant-que-passage-oblige-vers-l-independance ). We have the power to change it as we like, nous avons le pouvoir de la changer à notre guise, ce qui contredit son échange avec Georges Étienne Cartier, dans lequel le consentement du Bas-Canada est indispensable pour en venir à une entente. French canadianism entirely extinguished, l'extinction complète du franco-canadianisme.

  5. ^ En fait, pour Me Néron, « l'autonomie provinciale promise par la Confédération avait enclenchée un rêve d'indépendance »

  6. ^ Loi ordinaire (ex : légalisation de la marijuana ou les pensions des Anciens combattants) par rapport à une loi constitutionnelle, qui exige des procédures d'adoption particulières. Dans le cas de la création d'une institution aussi importante que la Cour suprême du Canada, il va de soi qu'une loi ordinaire ne pouvait fonder sa légitimité. Huit ans seulement après la ratification de l'AANB !

  7. ^ La négligence et l'incompétence du tandem Lévesque-Morin a été documentée notamment par le professeur Guy Laforest, j'en rends compte dans l'article suivant où il est cité longuement. https://vigile.quebec/articles/mort-precoce-de-toutes-les-tentatives-pour-modifier-le-statut-constitutionne

  8. ^ Les décisions de la Cour suprême du Canada pouvaient être renversées par le Conseil privé de Londres jusqu'en 1931, ce qu'il ne manqua pas de faire à plusieurs reprises.

  9. ^ « L'histoire nous fournit des preuves d'une humanité aux antipodes de la malveillance, une attitude que j'appellerai celle de la «bienveillance du conquérant». On voit cette attitude plus généreuse illustrée notamment par la célèbre peinture de Diego Velasquiez, Les lances, où le vaincu «...apparaît avec les clés [de la ville] de Breda à la main et fait le geste de s'agenouiller, geste qui est interrompu par son rival qui pose une main sur son épaule et l'empêche de s'humilier.» En rendant sa dignité à un adversaire qui s'est bien battu, le vainqueur s'élève et conserve sa propre dignité. Nous avons aussi chez-nous des exemples à portée universelle de la bienveillance du plus fort, comme celui qui nous est donné par Samuel de Champlain se liant d'amitié avec tous les peuples indigènes qu'il croisait. » https://vigile.quebec/articles/la-canadianisation-tranquille-de-l-independance  Voir en particulier le sixième paragraphe.

  10. ^ Voir le point viii



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Gilles Verrier111 articles

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Entrepreneur à la retraite, intellectuel et autodidacte. Je tiens de mon père un intérêt précoce pour les affaires publiques. On peut communiquer avec moi et commenter mon blogue : http://gilles-verrier.blogspot.ca





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4 commentaires

  • Marc Labelle Répondre

    14 janvier 2018

    Votre proposition, appuyée sur les recherches de Me Néron, de relancer la lutte d’émancipation nationale en dénonçant la nature illégitime de la naissance et de l’élaboration du dominion fédéral est primordiale. 


     


    Les arrière-pensées du « fondateur » George Brown, le jeu caché du juge en chef Bora Laskin de la Cour suprême lors de l’importation unilatérale de la Constitution canadienne et la loi dite sur la clarté référendaire doivent faire boomerang contre le régime canadien.


     


    Le rejet du colonialisme canadien, aboutissement logique d’une prise de conscience collective, devrait s’inspirer de cette représentation de l’enchaînement :



    1.  L’inconscience politique : le Canada français s’est fait berner par la gigantesque escroquerie du dominion de 1867.



    2.  La passivité politique : si le Québec a refusé d’avaliser l’importation et l’augmentation unilatérales de la Constitution canadienne, il a néanmoins continué de se soumettre à son application depuis 1982.


     


    3.  L’amorce de la riposte politique : le Québec a toutefois réagi avec perspicacité en 2000 après l’adoption de la loi fédérale ignominieuse visant à dénaturer l’exercice du référendum (Loi donnant effet à l’exigence de clarté formulée par la Cour suprême du Canada dans son avis sur le Renvoi sur la sécession du Québec).  L’Assemblée nationale a adopté une loi déclarant positivement le droit du peuple québécois à disposer librement de son avenir : la Loi sur l’exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple et de l’État du Québec (loi 99).  Avec cette dernière, le peuple québécois était posé par ses représentants élus comme sujet politique ultime de lui-même.


     


    Il s’agit de poursuivre et amplifier la loi 99, qui est l’embryon de la future Constitution québécoise.  La participation directe du peuple à sa réalisation le posera cette fois comme l’acteur exclusif de son propre destin.  Et si entretemps les tribunaux canadiens invalidaient la loi 99 ?  Ce serait une raison de plus pour lancer le projet de Constitution québécoise : il faut chevaucher les évènements pour infléchir leur direction en faveur de la libération du Québec.  Au cœur de la Constitution québécoise, cet instrument global d’affranchissement collectif, on trouvera une charte restaurée de la langue française faisant de celle-ci la seule langue commune sur notre territoire national.  Cette démarche fera ressortir la fragilité du Canada, ce pays artificiellement égaré dans un brouillard multiculturel anti-identitaire mais sournoisement anglophone.


     


  • Gilles Verrier Répondre

    11 janvier 2018

    Message de M. Marcel Haché, (qui éprouve de la difficulté à se connecter, m'a demandé de mettre son message en ligne)


    9 janvier 2018



    «Descendants des vaincus » ? Nous- « Nous »…- sommes évidement ces descendants. Mais faut-il aller si loin qu’à Ottawa pour trouver des « descendants des vainqueurs » ?



    N’y a-t-il pas ici même des canadiens qui sont aussi des québécois : de cette sorte de «  québécois aussi », c’est-à-dire de ces canadiens qui habitent le Québec en toute légalité, mais qui pensent en toute légitimité, (vu qu’ils sont les pseudos « descendants des vainqueurs »), qu’ils n’ont surtout pas à être habités par le Québec.



    De fait, ces « québécois aussi » habitent le Québec depuis longtemps, mais il faut bien dire que le Québec ne les a jamais véritablement habités. Ils constituent chez-nous un électorat hostile, à la fois du Québec et de ce que « Nous » (oui, oui, mon ti-Gilles Duceppe), de ce que Nous sommes.



    Les souverainistes ne sont pas et n’ont jamais été des indépendantistes. Ont bien trop peur d’appeler un chat un chat, et le West Island le West Island. On jase.»



  • Gilles Verrier Répondre

    7 janvier 2018

    Commentaire fort pertinent de M. Bouchard qui s'adresse à moi et en partie à Vigile et au PQ.



    Pour ce qui est de Vigile, la dernière position officielle est exprimée dans un éditorial de Richard Le Hir qui donne son appui à Lisée, le 10 septembre 2017. ( https://vigile.quebec/articles/vigile-soutient-lisee ) La nouvelle équipe éditoriale a-t-elle d'autres opinons ? Ce sera à elle de le dire quand elle jugera à propos de se présenter à ses lecteurs.    


    Pour ma part, hormis deux événements des débuts du Parti québécois [à lire dans un prochain article] le combat pour la décolonisation (dont la décolonisation des esprits) aura en gros cessé avec la création du Parti québécois. La majorité démographique n'est jamais parvenue à se constituer en majorité sociologique. Depuis la création du PQ, les indépendantistes qui veulent toujours faire le procès du colonialisme canadian ont perdu toute force de frappe et se sont sentis bien seuls. Plusieurs persistent pourtant dans des écrits et des discours - le plus souvent à titre individuel - à cibler l'importance de la décolonisation mais ils ne parviennent pas à saisir que le Parti québécois est un parti de colonisés. Dans Cessons d'être des colonisés - excellent essai pour bien des aspects, publié en 2015 - J. Maurice Arbour, professeur de droit et constitutionnaliste à la retraite, écrit :




    « La lutte pour l'indépendance du Québec est d'abord et avant tout la lutte de la décolonisation d'un peuple colonisé par un autre peuple ».




    L'universitaire et indépendantiste sincère sans aucun doute, nous laisse pourtant sur la faim jusqu'à la dernière page car il ne réussit pas à pousser son analyse jusqu'au bout, jusqu'à la critique du Parti québécois. Il prend soin de le ménager, tourne autour du pot, le cerne et décrit toutes ses démissions, comme si ce n'était pas les siennes, sans jamais le toucher. Personnellement je suis intéressé à encourager ceux qui ont tout compris, comme visiblement Maurice Arbour, mais qui se refusent à tirer les conclusions de leur analyse. Je veux mettre un terme à la fausse solidarité - l'omerta péquiste - et pousser l'analyse jusqu'au bout. Montrer que le Parti québécois ( et autres QS ) a toujours été dominé par l'esprit de collaboration et de mollesse du colonisé.  J'y reviendrai.


    GV



  • Pierre Bouchard Répondre

    7 janvier 2018

    Vous décrivez l’état des lieux et le rapport de force originel en 1864 – 1865.



    Ensuite vous révélez que la Cour Suprême, celle qui décide de tout et agit en roi et maitre au-dessus du corps politique en s’appuyant sur une Constitution à laquelle nous n’adhérons pas mais que nous subissons malgré tout, cette Cour Suprême a été créée de manière frauduleuse politiquement !! Elle est illégitime !



    En plus, la Cour Suprême elle-même transgresse l’esprit et la lettre de la Constitution lorsqu’il le faut pour nous empêcher d’user de nos droits.



    Qu’est-ce qu’il nous faut de plus ?



    C’est un énorme scandale, une longue usurpation du pouvoir.



    Vous dites : 



    « Grâce à la parodie de la Cour suprême, le pacte de 1867 va évoluer sur la base d'une jurisprudence faite d'un cumul de jugements défavorables aux « descendants des vaincus ». Un phénomène de centralisation unilatérale qui va passer à la vitesse supérieure avec le Traité de Westminster en 1931, par lequel Londres renoncera à son pouvoir de renverser les jugements canadiens, ce qui s'était produit plusieurs fois. On peut donc parler d'une indépendance du Canada qui progresse en transfigurant l'esprit du pacte de 1867. »



    J’aimerais bien entendre ce qu’en disent les autorités du PQ mais aussi les militants.



    Admettent-ils tous la trahison ? Comprennent-ils tous le rapport de force original, voient-ils qu’il a été grugé et amenuisé au fil du temps et qu’aujourd’hui, il repose seulement sur le poids des votes à un éventuel référendum ?



    Voient-ils enfin plus clair, voient-ils ce qu’on s’est fait voler, voient-ils enfin l’ennemi et le champ de bataille ? Comme vous dites, il faut « Fonder la démarche autonomiste contre la trahison des « descendants des vainqueurs ».


     


    Comprennent-ils que le combat a été abandonné et que c’est pour ça que la nation se meure dans les consciences ?


    Bientôt nous n’existerons plus, nous serons des individus du monde sans couleur et sans nuance.



    « … on ne peut faire l'économie d'un procès au pays que l'on veut quitter, sans que la démarche séparatiste apparaisse mal fondée et quelque peu douteuse. » C’est tellement évident, je le dis depuis toujours et je comprends mal que bien des militants, et le PQ et le Bloc, refusent toujours cet affrontement, qui est le fondement de notre action.



    «  Ce procès, qui aurait pu confondre le Canada, n'a jamais été entrepris par le tandem Lévesque-Morin et les chefs de file autonomistes – tous - qui marchèrent dans ses traces. » Le PQ est nu, il est disqualifié. C’est «  un parti qui n'a  aucune intention de contester formellement sur la scène internationale - hors du Canada et sa Cour suprême - la légalité de l'imposition de la Loi constitutionnelle de 1982. Le dossier à charge est accablant. »



    Ce combat doit être mené, parce qu’il a les meilleures chances de réussite et aussi parce qu’il devrait permettre de réveiller la conscience nationale de notre peuple endormi.



    Comment se fait-il que votre série ne déclenche pas beaucoup de réactions, elle agit pourtant comme une révélation. Nous savons mieux quoi faire, nous avons les clés en main.



    Compte tenu des faits rapportés dans votre texte, qui constituent l’essentiel de notre problème, qu’est-ce que Vigile en dit, quelle est sa réaction ? Le comportement du PQ, irresponsable et déserteur, n’est-il pas scandaleux ? Il me semble que Vigile devrait se prononcer.