Réplique à Michel David

Le Parti du Québec ?

PLQ - le parti du Canada... anglais, du West-Island, des fédéralistes purzédurs



Je me méfie toujours des titres affirmatifs, sans nuances, comme celui associé à la chronique de mon ami Michel David, qui décrit le PLQ comme le [«parti du Canada»->6311]. Il s'agit d'une affirmation somme toute simpliste qui ne rend pas justice au rôle historique du PLQ, et ce, particulièrement depuis la Révolution tranquille. Certes, Michel David reconnaît l'inestimable apport du PLQ au progrès du Québec au cours du dernier siècle. Mais de là à conclure que le PLQ est devenu le parti du Canada, il y a toute une marge à franchir.
Les propos associés à Daniel Johnson selon lesquels il «était Canadien d'abord et avant tout» et le doute que Michel David entretient à l'endroit de Jean Charest en ce qui concerne son «choix du Québec» semblent être la base de son argumentaire. Attention! Pas si vite!
Si cela était vrai, on pourrait définir la carrière de Jacques Parizeau selon «les votes ethniques et l'argent», celle de Bernard Landry sur la base «des chiffons rouges» et celle de Lucien Bouchard sur son affirmation selon laquelle «le Canada n'est pas un vrai pays». Ces propos sont plus que discutables et ne rendent pas valeur à leurs auteurs. Il serait erroné de définir l'ensemble de leur oeuvre politique en fonction de ces commentaires irréfléchis.
Malheureusement, on semble oublier l'ensemble des réformes dont le PLQ fut l'architecte: création d'Hydro-Québec, de la Caisse de dépôt et de la SGF, reconnaissance du français comme langue officielle, développement de la filière hydroélectrique, Charte des droits et libertés du Québec, équilibre linguistique, assurance maladie, réforme scolaire issue du rapport Parent, etc. Je pourrais continuer longtemps. Il faut retenir que toutes ces actions furent posées avec deux grands objectifs: protéger et promouvoir l'identité du Québec et défendre les intérêts supérieurs du Québec.
Je reconnais que le dossier constitutionnel n'a pas évolué dans le sens voulu par le PLQ. L'échec de l'accord du Lac-Meech restera gravé comme un triste chapitre. Cela dit, tous les chefs du PLQ ont toujours agi en premier lieu pour le Québec. S'il y a une chose qui caractérise bien le PLQ, c'est qu'il a toujours fait preuve de continuité dans son engagement pour le Québec.
Les thèses parfois un peu trop faciles qui mettent en doute la légitimité de ce parti démontrent un manque de connaissance de l'histoire du Québec et de la capacité du PLQ d'obtenir la confiance des Québécois francophones. L'adhésion au fédéralisme ne va pas à l'encontre de la majorité des Québécois, bien au contraire! Et cela ne signifie pas qu'adhérer à l'option fédéraliste, c'est être «Canadien» et non pas être «Québécois». C'est complètement faux.
On a beau vouloir analyser les sondages et les résultats des dernières élections et en faire toutes les interprétations possibles, je ne suis pas l'apologiste du gouvernement Charest ou de son bilan. Cependant, je connais le PLQ et j'ai été présent à beaucoup de rendez-vous où ce parti a choisi d'abord le Québec sans abandonner sa conviction profonde que le Québec peut mieux s'épanouir au sein de la fédération canadienne.
Pensons à son opposition au rapatriement unilatéral de la Constitution par le gouvernement Trudeau en 1982, à sa lutte pour la ratification de l'accord du Lac-Meech contre l'opposition systématique du Parti québécois, aux diverses ententes sur l'immigration qui nous confèrent un statut spécial, etc. La récente reconnaissance du Québec à l'UNESCO, l'établissement du Conseil de la fédération, la reconnaissance du fédéralisme asymétrique pour le financement fédéral de la santé et la lutte pour corriger le déséquilibre fiscal sont d'autres exemples d'un parti qui prend parti pour le Québec.
En conclusion, l'âme, les valeurs et les racines du Parti libéral du Québec, avec toutes ses imperfections, sont foncièrement et profondément québécoises. Le PLQ est le parti de l'inclusion et s'adresse à l'ensemble des Québécois. Parfois, ça réussit avec de fortes majorités électorales, et quelquefois, comme lors des dernières élections, le résultat est moins évident. Tout au long de son histoire, le PLQ a été et demeure le parti du Québec. Voilà mon affirmation!


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