Le malade, réduit à une source de revenu et de profit...

Tribune libre 2008


L’ancien ministre [Michel Clair pose la question suivante->11998] suite au rapport
Castonguay: « Pourquoi après sept ans et trois commissions d’études plus
tard, notre système de santé est-il incapable de se mobiliser pour
implanter les recommandations qui sont convergentes? » M. Clair se donne
comme réponse à sa question: « Mes réflexions personnelles m’amènent à
penser que le système de santé du Québec est un malade qui refuse les
traitements » C’est une réponse qui ne mène nulle part et qui ramène
automatiquement à la question : POURQUOI le système est-il réfractaire?
Force est de constater l’échec de l’approche commune de l’analyse et des
recommandations dont plusieurs sont convergentes. Certains correctifs
proposés semblent nécessaires mais ils rencontrent beaucoup de résistance
parce qu’ils ne tiennent compte que très accessoirement des humains qui
travaillent dans le système et surtout du patient qui en est la raison
d’être.
L’avocat Clair, le financier Ménard et l’actuaire Castonguay ont tous
abordée la modernisation du système de santé en prenant le fric comme
référence, auquel ils ont assujettis l’organisation, la gestion, la
technologie médicale, les médicaments, les ressources humaines, la pratique
médicale et parfois le patient. Pire, le financier a répété l’erreur de
l’avocat et l’actuaire celles des deux autres. Pire encore le concert de
réactions au rapport Castonguay ne résonne que d’argent, de compétition,
productivité et de gouvernance. Tout le monde sont tombés dans le même
panneau.
Le même phénomène est ressortit dans le reportage de l’émission Enquête de
Radio-Canada sur le désolant dossier du CHUM. A part le Dr Guy Breton qui
avait une préoccupation authentique pour le patient, tout les autres
intervenants ne discutaient que d’argent et se chamaillaient comme des
enfants gâtés pour avoir le dernier mot ou pour mettre la main sur la
nouvelle bébelle de recherche médicale au titre ronflant de technopôle.
Résultat, le choix final du Ministre Couillard, vainqueur de la chicane,
n’a rien à voir avec le bien-être du patient mais tout à voir avec les
intérêts financiers au centre-ville.
Phillippe Couillard ne sera plus Ministre de la Santé lorsque les
conséquences néfastes du choix de St-Luc vont se faire jour et lorsque la
réforme de la gouvernance qu’il a amorcé se soldera par un marasme
semblable à celui de l’éducation. Si on lui en fait le reproche lorsqu’il
aura réussi à tasser Jean Charest, il va sûrement prétendre que le site de
St-Luc et sa réforme étaient les bons choix, mais que le cafouillage est la
faute de ceux qui avaient la responsabilité de les implanter.
Pas étonnant que les requins du profit tournent autour de la baleine de la
santé publique affaiblie par l’incompétence, l’hypocrisie,
l’irresponsabilité et la lâcheté des politiciens, des directeurs médicaux
et des universitaires impliqués. Quelque soit l’issue de cette
tragicomédie, le patient en sera toujours l’otage et la victime. Pour eux,
voir un malade comme source de revenu est plus payant que de le voir comme
un être humain à qui on devrait consacrer temps et argent pour l’aider à
guérir.
« HASTA LA VISTA, SOLIDARITY BABY ! »
Albert Bertrand BSpEP - Mont St-Hilaire, Qc
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --

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Albert Bertrand13 articles

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Albert Bertrand BSpEP - Mont Saint Hilaire, Qc.

Spécialiste en formation professionnelle à la
retraite. Chroniqueur libre de la politique et de l'actualité.

Un témoin affligé par un establishment financier myope, cupide, arrogant
et destructeur de la planète.

Un témoin affligé par un milieu d'affaires frileux, médiocre, parasite de
fonds publics et socialement irresponsable.

Un témoin affligé par des organisations d'affaires présomptueuses,
hypocrites, fallacieuses et socialement indifférentes.

Un témoin affligé par des organisations professionnelles et syndicales
figées, désuètes, rétrogrades et narcissiques.

Un témoin affligé par une classe politique lâche, sans vision, médiocre et
servile de l'establishment financier.

Un témoin affligé par un milieu journalistique, conformiste, complaisant
et inféodé au pouvoir financier des empires médiatiques.

Un témoin affligé par l'imposture d'une hiérarchie religieuse
matérialiste, dépassée, hypocrite et acoquinée aux pouvoirs politiques et
financiers.

Un témoin affligé par une population politiquement ignorante, naïve,
gâtée, insouciante, peureuse, accro à la surconsommation et endettée à
l'os.

Un témoin affligé qui s'accroche grâce aux rares exceptions de compétence,
d'authenticité, d'honnêteté, de transparence, d'écologie, de responsabilité
sociale et de solidarité humaine.





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