Le modèle canadien

La politique maritime fédérale

Contrats fédéraux - F-35 - rejet du Québec

En page 27 du Soleil de ce matin, le 23 février, le PDG du Groupe Desgagnés, M. Louis-Marie Beaulieu, déplorait le fait que le fédéral prévoyait dépenser près d'un milliard pour moderniser les installations portuaires de la Colombie-Britannique, alors qu'il semblait abandonner le corridor du St-Laurent. Le fédéral ne semble pas vouloir abandonner le corridor du St-Laurent; il l'a abandonné depuis longtemps.
Le gouvernement central a annoncé la version anglaise de sa politique maritime aux pages 25 à 29 du Financial Post du 2 mars 1995. On y apprend, entre autres, qu'il s'appliquait alors à aménager un joli Deltaport à Vancouver au coût de 227 millions $. Il fallait apparemment remettre Vancouver sur la carte maritime de la côte Ouest. À l'Est, on entendait mettre Halifax en concurrence directe avec Montréal. À cette fin, on a construit un sympathique tunnel entre Sarnia et Port-Huron, dans le but de raccourcir de douze heures le transport des marchandises entre la côte Est et le Midwest américain. Pour glacer le tout, on a doté le Port d'Halifax de facilités intermodales de transport au coût de 160 millions $. Quant à la Voie maritime, on entendait la privatiser. Et, tourlou le corridor du St-Laurent.
La version française de cette politique, elle, a été annoncée dans une série d'articles parus dans le Soleil entre le 27 et le 31 décembre de la même année. En bref, on y traitait de fermeture de ports, de tarification des services de la Garde cotière et de privatisation. Le traducteur avait, disons, dormi sur la «switch».
En fin de semaine, Pierre Paquet, du Bloc, manifestait son inquiétude quant aux intentions fédérales concernant les contrats d'une valeur de 33 milliards $, qui seront sous peu attribués à divers chantiers maritimes canadiens. Apparemment, il ne faudrait parier trop fort sur les chances de la Davie.
Alors, voilà l'histoire qui se répète. Vers la fin des années 50, le fédéral a subventionné un coquet réseau d'écoles techniques en Ontario, afin de préparer la main-d'oeuvre à occuper les emplois qui allaient résulter du Pacte automobile du début des années 60. Évidemment, en 2008, lorsque le secteur s'est effondré, c'est là que sont allés les milliards.
Tout au long des années 80 et 90, le fédéral a fidèlement appuyé la concentration du secteur financier à Toronto. En 2008, suite à la débâcle des Bourses, les banques ont eu droit à leurs milliards $ elles aussi. Et, pour enjoliver le tout, le fédéral envisage la constitution d'une ravissante commission nationale des valeurs mobilières.
Même l'Aléna est détourné en faveur de l'Ontario. On a dépensé plus d'un milliard $ pour moderniser les facilités de passage à la frontière entre cette province et les États-Unis. Au Québec, Lacolle a eu droit à 75 millions $.
Faut-il se surprendre, donc, que le Québec soit un prestataire chronique de peréquation? Mais, même là, on trouve le moyen de discriminer un peu. Per capita, les paiements effectués en faveur des provinces anglaises sont de beaucoup plus élevés que les sommes versées au Québec.
Avis, donc, à ceux qui prétendent remettre le Québec en marche sans traiter de la question nationale. Il serait peut-être utile de jeter un petit coup d'oeil du côté du...modèle canadien.


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