Quand Dubuc prêche dans le désert

L’impuissance fédéraliste

La Presse, un quotidien par défaut?

Chronique de Louis Lapointe

Je suis toujours étonné par les nombreuses explications tordues que nos savants chroniqueurs et éditorialistes de Gesca nous donnent d’une élection à l’autre pour expliquer tous les succès que le Bloc a connus depuis sa fondation en 1993. Les Québécois voteraient Bloc à défaut d’un parti fédéraliste capable de les représenter convenablement à Ottawa pour des raisons essentiellement ponctuelles, le Bloc étant le parti du repli. Vraiment! Pourtant, il y a cinq partis au fédéral, les Verts, le NPD, les libéraux, les conservateurs et le Bloc. Malgré tous les épouvantails que peuvent agiter les partis fédéralistes au sujet du fait que le Bloc est un parti indépendantiste, les Québécois continuent malgré tout de voter Bloc.
Pourquoi l’épouvantail d’un seul chef et de son parti contre tous les autres partis serait si efficace, alors que tous les épouvantails de tous les autres partis contre un seul parti et son chef seraient si impuissants et échoueraient à faire peur aux Québécois? Pourquoi le fédéralisme centralisateur de tous les autres partis ferait-il plus peur aux Québécois que le séparatisme avoué du Bloc? Pourquoi les Québécois craindraient-ils autant des partis qui représentent un aussi large éventail du spectre politique présent dans l’univers canadien, à droite, au centre et à gauche, en passant par l’environnementalisme? Ces partis ne seraient-ils pas plutôt perçus par les Québécois comme les partis politiques d’un autre pays dans lequel ils ne se reconnaissent tout simplement pas, le Canada étant un pays auquel ils ont été forcés d’adhérer en 1867 à la suite de la conquête survenue cent ans plus tôt!
Comment expliquer que malgré toute la propagande que de nombreux journalistes de Gesca nous servent jour après jour, les Québécois finissent toujours par voter Bloc? Ils demeurent imperméables aux argumentaires des Pratte, Gagnon et Dubuc qui ont pourtant tout essayé pour décourager les Québécois de voter Bloc, souvent le bâton, parfois la carotte. Toutes leurs tentatives demeurent vaines. C’est peut-être parce que les nombreux Québécois qui continuent de lire la Presse la lisent à défaut d’un journal capable de leur donner toute l’information générale qu’ils recherchent dans un quotidien, ne se reconnaissant tout simplement pas dans ses éditoriaux et chroniques antisouverainistes! Les lisent-ils?
Pour reprendre l’expression utilisée par Alain Dubuc au sujet du Bloc dans sa chronique d’aujourd’hui, la Presse serait devenue un grand quotidien par « défaut », les seuls à lire ses édifiantes chroniques étant probablement de fervents indépendantistes qui prennent un malin plaisir à se convaincre du contraire de ce qu’il écrit. Loin de les effaroucher, il les stimule par ses incomparables sophismes. Comme celui qu’il nous a encore servi ce matin.
Louis Lapointe

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Louis Lapointe534 articles

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Autrefois avocat, chroniqueur, directeur de l'École du Barreau, cadre universitaire, administrateur d'un établissement du réseau de la santé et des services sociaux et administrateur de fondation.





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4 commentaires

  • Michel Guay Répondre

    13 octobre 2008

    La quasi totalité des arguments des fédéralistes de service sont des faussetés donc leurs opinions qui meurent en terre ne portent pas fruits .
    Les fédéralistes de services n'ont rien à offrir à la nation Québecoise car toutes leurs promesses du passé pour voler les référendums et les élections en trompant le Québec n'ont pas été respectés et se sont avérés de vulgaires mensonges
    Depuis les commandites à partir surtout de 1995 et la loi totalitaire anti démocratique C20 de Dion en 1996 et récemment la fausse reconnaissance de la nation par Harper les fédéralistes ne semblent plus être capable de trouver des nouveaux coups de la Brink's ou coups des Yvettes. Les falsificateurs d'élections canadians semblent être en panne
    L'impuissance fédéraliste pour soumettre la nation Québecoise à leur système royaliste rétrograde semble être une mission impossible
    Il faut dire aussi que depuis l'arrivée miraculeuse d'internet les ennemis de la nation Québecoise n'ont plus en mains la totalité des médias disponibles et de l'opinion publique .
    Vive le Québec libre ( Jamais leurs médias pro canadians à tous prix ne permettraient cette simple petite phrase lapidaire libératrice )
    Vive mon pays le Québec

  • Archives de Vigile Répondre

    12 octobre 2008

    Dans mon précédant commentaire, lire “nègres” au lieu de “noirs”.
    JLP

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    12 octobre 2008

    Fort de ses cinq mandats comme chef du Bloc québécois indépendantiste siégeant à Ottawa, Gilles Duceppe s’inscrira probablement dans l’Histoire comme l’un des grands résistants face aux assimilateurs canadians. Dans la lutte pour la perennité de la culture française en Amérique, on retient généralement Papineau(1786), Ludger Duvernay(1799), Henri Bourassa(1868), Honoré Mercier(1887). Y adjoindrions-nous Maurice Duplessis? Lévesque? Parizeau?
    En tout cas, s’ajoutera sûrement à la liste Gilles Duceppe, fils du patriote québécois Jean Duceppe, et père d’une famille en bonne voie de poursuivre la renommée de la lignée.
    Serait-ce pour préserver un volet plus magnanime de son personnage qu’il fait de constants efforts pour se démarquer de la thèse, péjorativement appelée de « victimisation » française au Canada? (nationalisme civique, référendum non pas volé mais bel et bien perdu…)
    Quoi qu’il en soit, Gilles Duceppe n’hésite pas à s’approcher du peuple québécois, comme au grand rassemblement de Saint-Hyacinthe où il a martelé pendant 30 minutes les ruses harperiennes. Quand Bernard (la tendance) Derome, mal informé du bien fondé des qualificatifs peu élgieux, lui a reproché de ne pas s’en être excusé, Duceppe a répliqué que tout était rigoureusement vérifiable. Tout autant que son qualificatif aujourd’hui à Québec au candidat conservateur Luc Harvey qui le harcelait : C’est un imbécile! Il a un jour souhaité que le Canada fasse partie de la communauté européenne!

  • Archives de Vigile Répondre

    12 octobre 2008

    Si par aliénation intellectuelle Paul Desmarais --Gesca-- décidait d'embrasser la cause de l'indépendance du Québec, tous les “noirs” travaillant à maintenir l'obscurantisme informatif de la majorité des Québécois dans le spectre du Pouvoir centraliste à Ottawa, ces “noirs”, ayant la parole facile et la plume aciérée, deviendraient les pires fanatiques indépendantistes, continuant ainsi à renforcer ce même pouvoir oligarchique de leur maître.
    JLP