L'État après quatre ans

Budget Audet - février 2007


Le ministre des Finances, Michel Audet, peut remercier sa bonne étoile d'être en mesure de boucler son budget cette année et l'an prochain.
En effet, n'eût été une année 2006-2007 exceptionnelle au plan des revenus et de fortes augmentations des transferts fédéraux, le gouvernement Charest aurait eu bien du mal à préserver l'équilibre budgétaire tout en payant ses employés pour l'équité salariale (1,9 milliard) et en annonçant une pluie de petites mesures populaires à l'aube d'une campagne électorale.
Cela illustre combien, malgré les efforts de " rigueur et de discipline " faits par les libéraux, la situation financière de l'État québécois demeure fragile.
Les dépenses en santé et en éducation continuent d'augmenter rapidement, sans que cela se traduise par des ajouts importants dans les services offerts. En santé, par exemple, la hausse de 6 % des dépenses paiera essentiellement pour les " coûts de système ", l'équité salariale et la rémunération accrue des médecins.
Les finances publiques continuent d'évoluer sur une corde raide, à la merci d'une récession ou d'une hausse des taux d'intérêt (la dette continue de grossir, en dépit de la création du Fonds des générations).
Ceux qui seront tentés de mettre cette situation sur le dos du fédéral devraient consulter le tableau H-10 des documents budgétaires : depuis les compressions imposées par Ottawa, il y a une douzaine d'années, les transferts fédéraux au Québec ont plus que doublé, pour atteindre 13,5 milliards.
En 1997-1998, ces transferts représentaient 15 % des revenus du gouvernement du Québec; cette proportion dépasse maintenant 20 %. Et cela avant même le " règlement " du déséquilibre fiscal attendu dans le prochain budget fédéral.
Pour 2008-2009, le budget présenté hier prévoit une " impasse budgétaire " d'un milliard. L'augmentation des transferts fédéraux qu'annoncera le gouvernement Harper en mars comblera sans doute une bonne partie de cet écart. Mais les tendances lourdes minant les finances publiques québécoises demeureront.
Puisque l'accessibilité aux études universitaires sera l'un des enjeux de la campagne, il faut mettre en évidence l'une des mesures les plus prometteuses annoncées dans ce budget, le crédit d'impôt remboursable pour épargne-études. Ce programme, copié sur une initiative fédérale, encouragera les parents à épargner en vue des études post-secondaires de leurs enfants. À chaque contribution annuelle des parents à un Régime enregistré d'épargne-études, Québec ajoutera un montant pouvant atteindre 200 $ (250 $ pour les ménages à faibles revenus).
Pour bon nombre des 300000 jeunes qui en bénéficieront, ce programme compensera aisément la hausse des droits de scolarité qui serait imposée aux étudiants advenant la réélection du PLQ. Comme quoi l'État peut jouer son rôle d'une manière plus intelligente qu'en jetant l'argent par les fenêtres (ce à quoi équivaut le gel des droits de scolarité).
Au terme du règne des libéraux, l'État du Québec n'est pas ratatiné le moins du monde, contrairement à ce que prédisaient leurs adversaires.
Les dépenses de programme représentent cette année 18,1 % du PIB; en 2002-03, sous le PQ, elles se situaient à 18,2 % du PIB. Le gouvernement occupe donc aujourd'hui une place tout aussi importante dans la société québécoise qu'il y a quatre ans.

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André Pratte876 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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