L’ADQ dévoyée

Tribune libre 2009


Oui oui, « dévoyée ». Ça veut dire : « sortie de sa voie ». Comme un train qui déraille. La presse québécoise se fend d’articles à n’en plus finir pour expliquer la récente déconfiture de l’ADQ. L’explication en est pourtant simple comme bonjour. Et courte comme une notice nécrologique. La voici.
Au départ, l’ADQ incarnait une 3e voie constitutionnelle. Une ADQ restée fidèle au rapport Allaire aurait combattu bec et ongles pour rapatrier jusqu’à 22 pouvoirs d’Ottawa. Après tout, c’est pour ça que Dumont a démissionné avec fracas d’un PLQ qui défend à la vie à la mort le statu quo constitutionnel ! Une ADQ musclée réclamant avec conviction ces pouvoirs rallierait sans aucun doute 75 % des souverainistes ! Quelle force nous aurions eue alors !
Mais l’ADQ a violemment percuté le mur de la réalité quand elle s’est rendu compte que jamais Ottawa ne laissera partir au profit du Québec ne serait-ce que l’ombre d’un pouvoir. Elle a donc peu à peu recroquevillée sur ce qu’elle est devenue : un petit parti provincial dévoyé, sans envergure parce que auto-castré, auto-docilisé se repliant sur un conservatisme complètement dépassé. C’est d’une tristesse infinie. Quelle perte pour les forces vives du Québec…
Jean-François Vallée
Québec

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Jean-François Vallée est professeur de littérature québécoise et française au niveau collégial depuis 1995. Son ambition de pédagogue consiste à rendre les étudiants non seulement informés mais objectivement fiers de la culture dans laquelle ils vivent. Il souhaite aussi contribuer à les libérer de la relation aliénante d'amour-haine envers leur propre culture dont ils ont hérité de leurs ancêtres Canadiens français. Il a écrit dans le journal Le Québécois, est porte-parole du Mouvement Quiébec français dans le Bas-Saint-Laurent et milite organise, avec la Société d'action nationale de Rivière-du-Loup, les activités de la Journée nationale des patriotes et du Jour du drapeau.





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8 commentaires

  • Jean-François-le-Québécois Répondre

    19 mars 2009

    Je crois que Mario Dumont, n'a jamais vraiment sérieusement cru en la possibilité que son ADQ incarne une troisième voie politique qui soit viable. Pouvait-il vraiment ignorer qu'Ottawa, jamais au grand jamais, ne voudrait rouvrir la constitution et collaborer?
    Non, je crois que la véritable orientation politique ou idéologie de Super Mario, n'a jamais été l'indépendantisme, ni le fédéralisme, ni l'autonomisme (sans qu'il ait jamais voulu préciser ce que ça signifiait concrètement); ce qui comptait, pour lui, c'était le DUMONTISME!
    Je pense que sa carrière, son salaire de député, etc, ont fait de lui un «politicailleux» professionnel: un gars pour qui faire de la politique, c'était devenu une fin en soi. Quitte à dire n'importe quoi, à présenter une façade...

  • Raymond Poulin Répondre

    19 mars 2009

    Comme le disait le Menaud de Félix-Antoine Savard à propos des citoyens de Mainsal qui se laissaient voler leur territoire par les multinationales: «Du bois d'esclaves!».

  • Archives de Vigile Répondre

    19 mars 2009

    Ah la peur! Combien de d'électeurs se sont réfugiés dans le giron de l'ADQ de Mario aux dernières élection! L'imagination, la folle du logis, qu'excite le fédéral et ses valets pour soustraire à la souveraineté tranquille la nation québécoise apeurée, divisée , accupée à s'engueuler, assises entre deux chaises: le petit banc fédéral-provincial réformé. Rêvons que nous mettrons à nos genoux les neuf provinces et le fédéral pour décentraliser le Canada qui nous a dit ¨NON¨démocratiquement avec Charlottetown parce que nous avons peur. Après des douzaines de refus, même en nous faisant dire de sortir du Canada plutôt que de présenter nos demandes, ayons encore peur. Peur de nous donner à nous nos enfants et nos petits enfants un beau pays. Moisissons à droit et à gauche dans l'ADQ de l'autonomie provinciale de Duplessis ou le QS doctrinaire. Quand les statistiques internationnales nous disent que le Canada a connu une croissance du PIB moyen de 3,3% de 1994à 2004 alors que celui de petits pays nouvellement indépendants tels la Slovaquie, la Croatie et la Slovénie ont obtenu 4,3, 4,1, et 3,9 ne les croyons pas. Continuons d'avoir peur en disant n'importe quoi n'avouons pas que nous cédons au chantage et à la peur. N'avouons jamais. Des petits pays sans pétrole, sans port de mer et grand comme la main qui donnent un bon coup de pied dans le c.. des peureux de la nation québécoise. Jetons-nous dans un tiers parti au lieu de nous tenir debout, en portant nos culottes dirait encore Mario, mais en les mouillant encore. Et lançons une pierre au PQ pour nous disculper en nous faufilant. Les stastitiques de l'État du monde 2007, ça ne doit pas être vrai, allons donc. C'est Harper, Dion et Ignatieff qui vont nous sauver comme l'espérait tant Mario aux dernières élections fédérales.

  • Archives de Vigile Répondre

    19 mars 2009

    M. Pierre Bouchard, vous écrivez : Quoi alors ? Confronter le Canada, l’obliger à nous réintégrer constitutionnellement (j’imaginais par le poids démocratique des Québécois, en utilisant des référendums).
    Me semble que l’ADQ ne préconise l’autonomie du Québec que depuis 2007. Entre le référendum de 1995 et 2007, l’ADQ n’avait pas d’option constitutionnelle. L’ADQ en a pondu une pour l’élection de 2007 : L’Autonomie expliquée avec toutes les taxes et les impôts au Québec, un seul rapport d’impôt québécois, une citoyenneté et une constitution québécoise et plus de pouvoirs internationaux.
    M. Dumont pensait obtenir tout ça sans aucun référendum à part ça. Seulement en le demandant à Ottawa. Ayoye ! Il rêvait debout. ’Il avait appuyé Mme Marois quand elle a voulu présenter un projet de loi sur la citoyenneté et pour une constitution québécoise et dire clairement comment aller chercher ces pouvoirs là avec un référendum, les choses seraient différentes aujourd’hui mais, la politique partisane a gagné.
    Pour pouvoir négocier une telle confédération faudrait obtenir une bonne majorité de OUI à un référendum clair sur le tout, ce qui obligerait le ROC à négocier, selon notre Cour suprême du Canada.

  • Archives de Vigile Répondre

    19 mars 2009

    M. Turcotte, il n'est pas exact que "Le Parti de RENÉ LÉVESQUE ne prône plus la séparation du Québec" vu que René Lévesque n'a jamais voulu la séparation, il voulait la souveraineté-association.
    Le Parti Québécois me semble encore se tenir dans ses traces, un genre de CONFÉDÉRATION d'États souverains canadiens, du moins, je le souhaite.

  • Archives de Vigile Répondre

    19 mars 2009

    L'ADQ est un parti qui n'a plus sa place au Québec. Pour deux raisons.
    Première: les libéraux se sont emparés d'une grande partie de son programme social et économique. Ils sont en train de l'appliquer en douceur. Question de dosage.
    Deuxième: les péquistes se sont emparés de son programme constitutionnel. Le Parti de RENÉ LÉVESQUE ne prône plus la séparation du Québec mais un réaménagement constitutionnel qui n'est pas loin, sinon collé, au repatriement des 22 pouvoirs que demandait l'ADQ. LE Rapport Allaire quoi! MÊme le regretté Robert Bourassa n'était pas loin de cette vision du nouveau CANADA. Bernard Landry l'encensait en 1992, lorsqu'il se disait d'accord avec lui, à propos d'une certaine question de Bruxelles.
    Que restent-ils de nos amours? Il ne reste que du verbiage. Des mots qui sonnent faux!
    Nestor Turcotte

  • Archives de Vigile Répondre

    18 mars 2009

    Bonjour M. Vallée,
    vous avez raison, vous résumez parfaitement l'histoire de l'ADQ. Effectivement, l'ADQ était prometteur au début, et j'ai voté pour le premier député élu à l'Assemblée nationale (un dénommé Corriveau il me semble), mais ce n'était honnêtement que pour ne pas voter PQ, et ça n'a rien à voir avec le député péquiste. Je le jure, j'ai toujours voté PQ et BQ par la suite :)
    L'ADQ, théoriquement, promettait réellement une troisième voie : pas le statu quo, et pas la souveraineté. Quoi alors ? Confronter le Canada, l'obliger à nous réintégrer constitutionnellement (j'imaginais par le poids démocratique des Québécois, en utilisant des référendums). J'étais plus naïf qu'aujourd'hui. Ça m'apparaissait, et ça m'apparait encore, quelque chose à essayer étant donné que les Québécois, en général, ne bougeront jamais jamais d'eux-mêmes. Même s'ils s'en défendaient dans un sondage, je crois, moi, que les Québécois ressentent inconsciemment le besoin d'un grand frère, un "grand" qui s'occupe de nous.
    Bon, alors quoi faire ? Même si nous savons que le Canada ne bougera jamais, qu'il faut donc devenir indépendant pour qu'il daigne nous considérer sérieusement (pour ceux qui tiennent à une confédération), même si nous savons cela, notre système démocratique nous oblige à faire autrement. Nous ne sommes pas obligés, comme le PQ nous le propose, de ne rien faire et attendre, juste essayer de résister. Nous pouvons prendre position, en s'y engageant en campagne électorale, et forcer le ROC à revoir sa Constitution pour que nous redevenions de vrais canadiens, comme autrefois. C'est le voeu inavoué de la majorité, je crois ça, pour moi la majorité n'est pas politisée et a donc, en conséquence et en général, une opinion simplifiée des événements.
    Je dis que si l'ADQ avait réussi à forcer des négociations constitutionnelles, ça aurait nécessairement ramené la question nationale au premier plan de l'actualité, quotidiennement et sur une longue période. Un exercice de politisation, de prise de conscience citoyenne. Un tel exercice est risqué, ça pourrait déboucher sur la souveraineté mais aussi sur une réintégration " à rabais" au Canada, mais je crois que l'inaction est encore plus risquée étant donné l'accélération manifeste de notre lente mort. On nous déconstruit de plus en plus ouvertement. Nous ne sommes pas dans les rues, tout ça n'est pas si grave, la marmite des grenouilles, dont la chaleur augmente lentement, achève de nous cuire. Le PQ ne veut pas voir cela.
    La majorité vote PLQ parce que le PQ souverainiste lui parait trop radical. Celui-ci a beau nier de plus en plus fort, rassurer les gens qu'il ne fera pas la souveraineté, personne ne le croit. Il sera réélu dans 4 ans avec moins de 40 % des voix, où voulez-vous aller avec ça ? On ne peut pas faire la souveraineté en ralliant si peu de gens aux élections, car ensuite, l'appui baisse toujours, inexorablement. C'est mathématique. C'est pour cela que le PQ est coupable de fausse représentation, autant face aux fédéralistes que face aux souverainistes.

  • Archives de Vigile Répondre

    18 mars 2009

    Sur les plans constitutionnel, économique ou culturel je ne vois presqu'aucune différence entre l'ADQ et le PLQ. ¨ Moi je suis meilleur que toi, je suis réaliste, toi tu ne l'est pas¨ résumerait bien toute la mince différence entre ces deux partis. En temps d'élection la naïveté de l'ADQ et les mensonges du PLQ s'ajoutent au programmes jumeaux de ces deux formations. À moins qu'il reste encore quelques indécis qui penchent vers la souveraineté du Québec maintenant que Dumont n'est plus là pour les faire rêver d'autonomie provinciale comme au temps de Duplessis, ils sont identiques. Charest, lui, est silencieux et absent de toute question culturelle ou québécoise sauf en temps d'élection pour questionner les partis fédéraux. Ensuite il se sauve à Paris visiter Paul et Nicolas. Il n'est pas étroit d'esprit comme Lévesque et Parizeau, lui. J'invite tous les membres de l'ADQ qui sont modérés c'est à dire d'extrême-centre et qui ayant le coeur à la bonne place désirent un pays pour eux, leurs enfants et leurs petits-enfants à rejoindre les rangs du PQ. Le PI est un rêve désespéré et tous ses membres seront aussi accueillis à bras ouverts au Parti Québécois.