L’acharnement anglophone

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La haine des Anglais contre le caractère français du Québec ne se dément pas


La nouvelle version proposée par Ottawa pour s’adresser aux citoyens en remplacement du « Bonjour-Hi » pratiqué au Québec est « Bonjour-Hello ».


Pendant ce temps, le ministre Simon Jolin-Barrette a songé à interdire ce cri du cœur bilingue sur le territoire du Québec. Cela fait bien sûr hurler les anglophones et nombre de francophones d’un océan à l’autre. Cette idée a été écartée hier par le premier ministre François Legault.


Pour ne pas tomber dans la caricature, disons qu’interdire « Bonjour-Hi » par une loi n’était pas l’idée du siècle. Le doué ministre responsable désormais de la langue française devrait réfléchir avant d’utiliser des moyens légaux pour assommer des mouches du coche. À l’avenir, la défense du français et par extension de l’application de la loi 101 devra se faire avec plus d’imagination.





Cependant, précisons ceci : les anglophones qui s’acharnent à vouloir contourner la loi 101 en officialisant le ridicule salut bilingue dans l’espace public québécois ne sont rien de moins que des pervers polymorphes, comme disait Freud.


Intolérance sourde


Ce « Bonjour », désormais « Hello », qu’ils souhaitent généraliser prouve une fois pour toutes l’intolérance sourde de trop d’anglophones, d’allophones et de francophones ayant des réflexes de colonisés, qui lèvent le nez sur l’unilinguisme officiel au Québec. J’ai passé récemment une soirée avec une dame, bien sous tous rapports, qui a tenté de me convaincre de la bêtise d’interdire l’école anglaise aux francophones du Québec. « On vit au XXIe siècle », répétait cette Québécoise de souche en référence à son idole, Justin Trudeau.


Car les zélotes de la mondialisation de l’économie et de l’abolition des frontières semblent croire qu’il y a une supériorité sociale à s’opposer à la « scélérate » loi 101.


Le mépris est une posture à la mode parmi les décomplexés, qui vantent une éducation bilingue déracinée d’un passé dépassé.


Sans surprise, Geoffrey Chambers, le président du Québec Community Groups Network, qui a l’outrecuidance de comparer le sort des Anglo-Québécois à celui des francophones hors Québec, apprécie le « Bonjour-Hello ». Cité dans La Presse, il déclare : « Cette politique est exactement ce que nous souhaitons. Un accueil dans les deux langues partout au Canada. »








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Hypocrisie


Quelle hypocrisie que d’instrumentaliser ainsi les francos hors Québec ! Ce n’est pas un « Bonjour-Hello » qui va assurer leur survivance. Ce sont des institutions francophones et une garantie qu’elles ne seront pas malmenées par les gouvernements provinciaux successifs qui représentent leur meilleur espoir.


L’avocat Harold Staviss, cité aussi dans La Presse, souhaite une signalisation routière bilingue au Québec, qui serait un geste de « courtoisie ». La politesse sert parfois d’argument léger. Car si l’on suit bien le raisonnement de cet avocat, toute la loi 101 est une énorme impolitesse à l’endroit des Anglo-Québécois, donc logiquement, il faudrait l’abolir.


Dès que les Québécois votent des lois pour protéger leur langue et leur culture distincte, ils risquent de se faire contester ces mêmes lois par les tribunaux. Par exemple, la loi 101 et la loi 21. En d’autres termes, ce « Bonjour-Hi » exprime un refus de l’unilinguisme français. Faut-il en conclure que le Canada n’accepte pas l’existence même du Québec francophone ?