Le dénigrement de la plus grosse minorité du pays, la minorité nationale québécoise, est vraiment un sport national canadien. L’année 2022 passera à l’histoire comme un grand cru.
L’Iran et la loi 21
En février le magazine Macleans a inclus Fatemeh Anvari dans un palmarès de personnalités remarquables. Celle-ci a été embauchée dans une commission scolaire anglophone. Comme elle violait la loi 21 en enseignant voilée, elle a été mutée. L’intéressée a eu le soutien de son pays d’origine, l’Iran, qui a profité de l’occasion pour condamner loi 21, joignant sa voix à une multitude de critiques du ROC.
Toujours en février, la présidente du lobby Quebec Community Groups Network, Marlene Jennings, a fait un parallèle entre la loi 96 et la sanguinaire invasion de l’Ukraine par la Russie. Elle a aussi parlé de la situation des Canadiens anglais du Québec en évoquant la ségrégation raciale américaine, laquelle a mené aux lynchages de 4075 noirs entre 1877 et 1950.
Rappelons ici que les anglophones, 8% de notre population, bénéficient de 19% des dépenses en éducation au collégial, 30% à l’université, sans parler du fait qu’à Montréal ils accaparent 45% des postes dans le réseau de la santé.
Mais qu’importe cette injustice envers les francophones. En mai des manifestations d’opposition à la loi 96 ont été organisées dans des cégeps anglophones. Par exemple, la présidente de l’association étudiante de John Abbott, Ivana Riveros-Arteaga, a crié à la discrimination. La raison? Trois cours de français supplémentaires seront imposés aux anglophones qui ne le maîtrisent pas suffisamment.
Même son de cloche dans le journal étudiant McGill Tribune. Selon la chroniqueuse Madison Edward-Wright, la loi 96 constitue du racisme systémique de même qu’elle violerait la convention de l’ONU sur les droits de l’enfant.
Dans tous les pays occidentaux, incluant les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, notre langue est associée à une culture qui a contribué à la grandeur de l’Occident. Apprendre le français participe d’une ouverture au monde et fait qu’une personne est plus cultivée et instruite. Il serait inimaginable de voir des groupes se mobiliser contre l’obligation de prendre des cours de français langue seconde à l’école. Ce serait encore plus impensable de voir des gens qualifier une telle mesure de discriminatoire, raciste ou contraire au droit de l’enfant. Cela est inconcevable partout en Occident...sauf au Canada!
Pire qu’un meurtre
Que dire dans cette perspective de la conférence de presse organisée l’été dernier par B’nai Brith Canada, un groupe de pression juif. Selon celui-ci, les Québécois laisseront désormais des Juifs mourir dans nos hôpitaux plutôt que de les soigner, et ce parce qu’ils ne parlent pas français. Pour l’avocat Julius Gray, qui participait à cet événement, au Québec « parler anglais est à l’évidence pire qu’un meurtre ».
Alors que cette haine s’est abattue sur nous tout au long de l’année 2022, il est intéressant de noter la réaction de certains de nos élus fédéraux. En décembre dernier, le ministre Marc Garneau a déclaré qu’Ottawa devait bloquer le Québec en matière linguistique. Au lieu de condamner la xénophobie visant sa propre nation, il s’est joint au Canada anglais pour accabler les siens!