Le Globe and Mail et la tuerie au Collège Dawson

Harper aussi dénonce les propos de Wong

Affaire Jan Wong et The Globe and Mail


Québec -- [Au tour de Stephen Harper de prendre la plume et d'écrire au Globe and Mail->2061] pour condamner l'article de Jan Wong de samedi portant sur les fusillades survenues dans des établissements scolaires de Montréal. Il s'agit d'un geste rarissime, voire inédit, selon plusieurs courriéristes parlementaires consultés à Ottawa. Le bureau de l'éditeur du Globe and Mail, Edward Greenspon, a fait savoir en fin de journée hier qu'il réagira à cette tourmente en éditorial dans son édition d'aujourd'hui.



Mme Wong, rappelons-le, a affirmé que les responsables des fusillades à Montréal étaient des immigrants et «qu'ils avaient tous trois été marginalisés par une société qui valorise l'ascendance "pure laine"». La journaliste écrivait aussi qu'«ailleurs, on répugne à parler de pureté raciale. Mais pas au Québec».
Dans une lettre au ton incisif que nous reproduisons en page Idées, M. Harper explique avoir été décontenancé par l'argumentation de Mme Wong, qu'il qualifie de «clairement absurde et sans fondement». L'article, aux yeux du premier ministre, était «grossièrement irresponsable» puisqu'il reposait sur des préjugés. S'en prenant aux généralisations faites par Mme Wong, M. Harper écrit qu'il devrait pourtant être «évident que les actes d'un seul individu ne peuvent pas refléter l'état d'esprit de toute une communauté ou d'une classe de personnes».
Les événements comme ceux de Polytechnique et de Dawson ne peuvent être le fait que de «personnes instables et malfaisantes», écrit le premier ministre. «Ces actions méritent une réprobation morale sans équivoque et ne doivent pas être une excuse pour disséminer des préjugés se cachant sous des allures de théories sociologiques.»
Les Communes ont aussi pris position dans cette affaire, dénonçant par une motion unanime les propos de Jan Wong. «Le Globe and Mail devrait avoir honte de publier de tels torchons. J'exige que la direction du journal présente des excuses publiques à tous les Québécois», a déclaré la libérale Raymonde Folco.
Mardi, c'est le premier ministre du Québec, Jean Charest, qui avait dénoncé, dans une lettre adressée à M. Greenspon, l'analyse de la journaliste, disant qu'elle s'était «discréditée» et qu'elle avait basculé «dans le fossé de la bêtise». Le premier ministre, «au nom de tous les Québécois», avait réclamé des excuses de la part de la journaliste. [Hier, le Globe and Mail a publié la lettre de M. Charest, mais dans la section réservée au courrier des lecteurs.->2052]

Comme lundi, lorsque la polémique a éclaté, et comme mardi, Le Devoir a tenté de joindre Mme Wong, mais cette dernière n'avait pas rappelé hier au moment d'écrire ces lignes.


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