Un journal national?

Affaire Jan Wong et The Globe and Mail


Le Globe and Mail s'est couronné " journal national " du Canada. Le titre de gloire se trouve inscrit chaque jour dans son en-tête: " Canada's National Newspaper ". La publication d'un article faux, irresponsable et insultant envers le Québec et, hier, celle d'un éditorial cautionnant les élucubrations de la journaliste rendent désormais fort douteuse cette prétention du quotidien.
Jusqu'ici, nous avions affaire au dérapage d'une personne, Jan Wong, reporter toujours controversée. Le passage outrageant de son article n'aurait jamais dû être publié. Toutefois, le rythme de l'actualité étant ce qu'il est, aucun média n'est à l'abri d'une erreur d'inattention ou de jugement. L'important c'est que, lorsqu'une telle erreur est commise, surtout si elle blesse injustement une personne ou une communauté, le média concerné fasse amende honorable. C'est ce que les Québécois attendaient du Globe, en particulier ceux qui le lisent et le respectent. Malheureusement l'éditorial d'hier, plutôt que de prendre ses distances des spéculations aberrantes de Mme Wong, endosse sa démarche.
L'article en question, soutient l'éditorial, " ne fait que se demander pourquoi, dans trois cas horribles de tueries survenues dans des écoles au Québec au cours des 17 dernières années, les coupables n'étaient pas pleinement partie de la majorité. " La journaliste, ajoute-t-on, n'a fait que " poser des questions " et " explorer des avenues inconfortables ".
De toute évidence, malgré l'ampleur des réactions suscitées non seulement au Québec mais ailleurs au pays, les dirigeants du Globe n'ont toujours pas compris en quoi l'article de Mme Wong était offensant. D'ailleurs, l'éditorial minimise toute l'affaire en qualifiant la controverse de " léger tumulte ". Léger tumulte? Des centaines de courriels, des lettres des premiers ministres du Québec et du Canada, une motion votée à l'unanimité par la Chambre des communes?
Contrairement à ce que prétend la direction du Globe, Jan Wong n'a pas fait que poser des questions. Usant d'un procédé particulièrement sournois, sans rien affirmer directement, elle a mis côte à côte les tueries et la prétendue marginalisation des immigrants et des anglophones produite par la politique linguistique du Québec. C'est de l'accusation par juxtaposition.
" Il n'y a pas de preuve " d'un lien entre ces deux phénomènes, convient le Globe. Mais l'erreur de Mme Wong est bien plus grave que cela: toutes les preuves CONTREDISENT sa thèse. De plus, la journaliste a présenté comme des évidences des faussetés grossières, notamment que Montréal a " déjà été une ville cosmopolite " (comme si elle ne l'était plus!) et qu'au Québec, on ne répugne pas à valoriser la " pureté raciale ".
Sous prétexte d'" explorer des avenues inconfortables ", le Globe laisserait-il un de ses journalistes se demander si la culture noire est à l'origine du nombre élevé de meurtres commis en pleine rue à Toronto? Prétendre que les Arabes sont par nature des terroristes? Un quotidien responsable ne peut prêter ses pages à l'" exploration " de thèses bâties sur des préjugés ou des non-sens.
Un journal qui se prétend " national " doit être à l'écoute de toutes les régions de ladite nation. Lorsqu'un article suscite une aussi vive réprobation que celui de Mme Wong, lorsqu'une forte majorité des membres d'une communauté importante du pays se sent offensée, un journal " national " doit faire son examen de conscience. Sans arrogance, sans complaisance. S'il s'esquive, pire s'il en rajoute, sa crédibilité s'en trouvera gravement compromise.

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André Pratte875 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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