France Boucher est-elle à la hauteur de la tâche?

Les membres démissionnaires du comité de suivi donnent la réplique à la présidente de l'Office québécois de la langue française

France Boucher - un cas d'incompétence

Québec -- Dans une lettre ouverte envoyée au Devoir, quatre ex-membres du Comité de suivi de la situation linguistique de l'Office québécois de la langue française (OQLF) tombent à bras raccourcis sur la présidente de l'organisme, France Boucher, qui les a vilipendés en commission parlementaire, la semaine dernière.
Lors de sa comparution devant la commission parlementaire qui se penchait sur sa gestion de l'OQLF, France Boucher s'en est prise au Comité de suivi, qu'elle a désigné comme le grand responsable du retard qui a affecté la publication des études commandées par l'organisme, soulignant qu'elle dû «nettoyer la soue» à son arrivée à la tête de l'OQLF, il y a trois ans.
Les quatre signataires de la lettre -- le président démissionnaire du Comité de suivi, Simon Langlois, Charles Castonguay, Denise Deshaies et Michel Pagé -- affirment vouloir passer outre «à ce langage ordurier, indigne d'une haute fonctionnaire témoignant devant des élus». Ils dénoncent toutefois avec vigueur France Boucher, qui les a accusés d'avoir censuré les chercheurs à qui l'OQLF avait commandé des études. «Ce mot de censure nous choque et il est inadmissible», s'insurgent-ils.
«Les attentes de la population québécoise envers l'Office sont élevées. Il faut aussi que la direction de l'organisme soit à la hauteur», jugent-ils.
Devant les parlementaires, France Boucher a dû rendre des comptes sur le cafouillage qui a entouré le dévoilement, le 5 mars dernier, du rapport quinquennal de l'OQLF sur la situation de la langue française au Québec et des 18 études rendues publiques en vrac. La présidente de l'organisme a plutôt choisi d'attaquer, choisissant pour cible les chercheurs indépendants du Comité de suivi.
«Nous sommes quatre professeurs d'université attentifs à la recherche de la vérité et attachés au plus haut point à la rigueur scientifique dans l'analyse des données», plaident les universitaires. «Nos débats au sein de l'Office ont porté sur des faits, des analyses et des méthodes, non sur des prises de positions idéologiques.»
Les retards dans la rédaction des études dépendaient surtout de la complexité des analyses à faire, comme cela a été le cas pour l'étude démolinguistique de Marc Termote, et de la célérité des auteurs à apporter les corrections requises, expliquent-ils. «Ces retards ne sont nullement dus à nos attentes démesurées, comme l'a donné à entendre Mme Boucher.»
Au moment de leur diffusion en mars dernier, plusieurs travaux de recherche «étaient fin prêts depuis longtemps», rappellent-ils, ce que les procès-verbaux du comité attestent. De plus, Simon Langlois a souvent soulevé la question de la diffusion des études et fascicules déjà approuvés. «La réponse officielle de la direction de l'Office était toujours la même: ''le tout était en discussion avec le ministère de la Culture"», relatent les ex-membres du comité. Enfin, la lettre souligne les «critiques vicieuses» dont a été l'objet Charles Castonguay de la part du chercheur à la retraite de l'OQLF Michel Paillé. En commission parlementaire, France Boucher a repris à son compte ces attaques dont Le Devoir avait fait état. «Nous considérons comme profondément injuste le procès public qui a été fait à notre collègue», qui a «toujours travaillé au sein du comité avec rigueur et professionnalisme, en dehors de toute prise de position idéologique», font valoir les trois autres signataires.


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