Économisme et économie

Je préfère l’économie concertée où tous les partenaires de la société font converger leurs intérêts. Utopie ?!

Tribune libre 2008

Dans le profil de mon carnet (blog) j’écris « C’est par l’écriture que je
peux asseoir ma façon de voir les choses et la vie ». De nombreux sujets
m’intéressent et l’économie en est un. Je suis très loin d’être un
spécialiste. J’ose quand même aborder la question puisque toute la vie
personnelle et collective baigne dans un monde économique. D’autant plus
que la globalisation a rendu le sujet plus important et aussi beaucoup plus
complexe.
Les sources qui ont influencé ma réflexion datent de plusieurs années. Mon
passage à HEC Montréal et ma vie dite « active » dans le monde des affaires
ne peuvent que laisser des traces. J’ai entretenu de courtes fréquentations
avec les Keynes, Galbraith et Samuelson. Comme on dit « ça donne c’que ça
donne ». Je ne plaide ni l’ignorance, ni la connaissance, je ne fais que
prendre un petit espace pour exprimer ma pensée, même sommaire, même
superficielle. Je soliloque pour comprendre.
L’économisme
On voit aujourd’hui dénoncer l’économisme, le plus souvent par des gens
qui n’ont pas la connaissance des usages de l’économie politique
qu’exigerait la critique de ses abus. Sans tomber dans l’obscurantisme
arrogant et tenir de faux discours, on peut reconnaître qu’une fratrie
croit que le bien commun vient de la recherche sans limite de l’intérêt
personnel. Dénoncer le capitalisme abusif ou mettre la doctrine du
laisser-faire tout en haut des grandes valeurs de notre société n’a rien à
voir avec l’économie. Il faut prendre acte que la mondialisation fait
maintenant partie de nos vies. J’en ai surtout contre certains «
spécialistes », ces gourous qui pullulent dans les journaux ou à travers
des organisations tel l’Institut économique de Montréal et qui revêtent le
manteau honorable de l’économiste pour véhiculer une idéologie. Au début de
chaque année, ils y vont de leurs prédictions à partir de leur boule de
cristal et pontifient le reste du temps en recommandant les actions à
suivre pour contrer le désastre appréhendé. Ils n’ont pourtant pas vu venir
la crise du pétrole de 1973, ni les récessions de 1982 et 1990, pas plus
que le drame du papier commercial. Ces soi-disant professionnels qui
pratiquent l’économisme sont engoncés dans le pouvoir de la parole et
discréditent les vrais professionnels de la science économique.
L’économie
L’économie est l’étude des moyens matériels d'existence de l'homme : la
production, la distribution et la consommation des biens et des services.
Même si on trouve que les économistes ont une influence quelquefois
démesurée dans la vie sociétale, leur point de vue doit être écouté. Je
crains cependant la pensée unique qui s’est installée : celle de
l’ultralibéralisme à base d’efficacité absolue des marchés pour répondre à
tous les problèmes. Cette façon de voir considère que toute intervention
des pouvoirs publics est néfaste et que seule est privilégiée la
responsabilité individuelle. Le laisser-faire n’est pas la solution. John
Maynard Keynes favorisait l’économie mixte. Jacques Parizeau est aussi un
farouche partisan de la théorie keynésienne d’interventionnisme. Sa prise
de parole sur le rôle de la Caisse de dépôt en est une preuve récente.
Cette théorie considère que l’État et le secteur privé exercent chacun une
responsabilité. La solution réside dans une recherche de voies alternatives
incluant un rôle important et essentiel de l’État dans la régulation d’une
distribution équitable de la richesse tout en respectant les règles de la
liberté d’entreprise. L’économie est une construction sociale écrivait
récemment un groupe d’économistes dans un document intitulé Pour une autre
vision de l’économie.

Il y a l’économie libérale, dirigée, sociale, planifiée. Je préfère l’économie concertée où tous les partenaires de la société font converger leurs intérêts. Utopie ?!
Louis Cousineau
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --

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Louis Cousineau6 articles

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Je ne suis ni journaliste, ni écrivain, ni
intellectuel. Je suis un citoyen engagé et responsable. J'écris souvent
pour mettre de l'ordre "dans mes influences" et aussi pour le simple
plaisir. Il faut bien sûr l'intérêt et la passion. C'est par l'écriture que
je peux asseoir mon idée, ma façon de voir les choses et la vie. L'écriture
force le raisonnement et le met à l'épreuve. Ce n'est pas plus important
que cela mais je le fais de mon mieux. En fait, j'écris d'abord à moi-même,
je soliloque.
Merci de me lire et bienvenue aussi sur mon modeste blog





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1 commentaire

  • Gaston Boivin Répondre

    20 février 2008

    Monsieur Cousineau, en économie comme ailleurs, personne ne peut être contre la vertu et ceux qui la pratiquent. Mais force est de constater qu'en cette matière, de nos jours, c'est une denrée rare, que très peu d'individus et d'états pratiquent!