« Vous êtes pas tannés. . . »

La coterie fédéraliste jubile. Elle tire un plaisir certain de l’éternel babillage sécessionniste.

Tribune libre 2008


La colonne vertébrale collective est benoîtement disloquée, désarticulée.
Les Québécois ne sont pas tannés d’entendre les politiques dire ce qu’ils
ont envie de réaliser avec des moyens qu’ils n’ont pas.
- Nous suivons avec passion le Banquier et pleurons la disparition
possible du tristounet TQS;
- Nous nous plaignons du retard des autobus et de la qualité des
repas à l’hôpital;
- Nous attendons impatiemment les opinions de Jean-Luc Mongrain qui
parle «des vraies affaires» et de Paul Arcand qui s’adresse «au vrai
monde»;
- Nous vilipendons Télé-Québec et Le Devoir acceptant sans mot dire
la convergence, néfaste pour la diversité de l’information, de Quebecor et
de Gesca, propriétaires de la majorité des grands quotidiens;
- Nous suivons le troupeau pour se faire des «amis» sur Facebook;
- Nous protestons de la qualité de l’eau pour laver nos autos et
nos entrées de garage.
Et pourtant. . .
- On n’est pas tannés de l’indifférence du Canada à l’égard du
Québec;
- On n’est pas tannés de constater que la tactique politicienne a
remplacé la vision, le leadership et le désir de servir les citoyens;
- On n’est pas tannés de se faire lessiver le cerveau avec le
bilinguisme quasi-inexistant du ROC et le Nation Building;
- On n’est pas tannés de voir la loi 101 bafouée à cause de notre
mollasserie;
- On n’est pas tannés de constater le piètre état de notre langue et
de sa créolisation;
- On n’est pas tannés que 20% de nos compatriotes soient
analphabètes;
- On n’est pas tannés du taux effarant de décrochage scolaire
surtout chez les garçons;
- On n’est tannés… de rien!
Le rêve de multiculturalisme de Trudeau est en train de se réaliser. Le
bilinguisme ne poursuit son chemin qu’au Québec où pourtant nous sommes le
peuple le plus bilingue au monde. Les Québécois sont impassibles devant la
fragilité de l’existence de leur nation dès que leur attention est
détournée et qu’on leur dit qu’il faut passer à autre chose. Si on ose
contredire le discours ambiant, on doit s’en excuser devant la recherche du
néfaste consensus devenu obligatoire pour agir. On accepte l’enseignement
de l’anglais en première année alors que les preuves s’accumulent à propos
de ce non-sens qui renforce l’argument que notre langue est une limitation,
Et quelle tristesse de constater que les cégépiens ne s’intéressent plus à
leur histoire; l’ignorance de notre peuple n’en sera que plus profonde
puisque celui-ci ne se concentre maintenant que sur l’immédiat.
La coterie fédéraliste jubile. Elle tire un plaisir certain de l’éternel
babillage sécessionniste. Elle apprécie au plus haut point l’incohérence
et l’absence d’unité et goûte goulûment le morcellement nauséeux du
mouvement souverainiste. Quelle jouissance doit-elle éprouver à voir les «
séparatiss » opposer leurs stratégies à la sagesse du peuple. Notre
confort, notre indifférence et notre incapacité à aller au fond des choses
et notre habitude de gober le « fast food » superficiel de l’information
expliquent notre insouciance collective et le regard barjot que l’on porte
sur les immigrants, les musulmans, les noirs, sur l’étranger quoi. C’est
pourquoi les politiques répondent aux problèmes par des fuites en avant que
sont les commissions, les comités d’études et les rapports du même acabit.
Ils ne font que pratiquer un autre sport national québécois : le surplace.
Sur les routes de la belle province on affichera bientôt, très bientôt :
- FEU LE CANADA RENOUVELÉ ET FEU LE PROJET DE SOUVERAINETÉ

En 1970, l’artiste Jordi Bonnet avait gravé sur la murale du Grand
Théâtre de Québec [cette phrase assassine du poète Claude Péloquin->2826] :
- « Vous êtes pas tannés de mourir, bande de caves? C’est assez! »
Elle était loin d’être élégante mais quarante ans plus tard elle est
encore bien contemporaine. Les Québécois sont toujours passifs, sans
énergie et n’ont plus de ressort, même pas celui de leur survie.
Faut croire que les Québécois ne sont pas tannés.
Louis Cousineau

-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --

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Louis Cousineau6 articles

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Je ne suis ni journaliste, ni écrivain, ni
intellectuel. Je suis un citoyen engagé et responsable. J'écris souvent
pour mettre de l'ordre "dans mes influences" et aussi pour le simple
plaisir. Il faut bien sûr l'intérêt et la passion. C'est par l'écriture que
je peux asseoir mon idée, ma façon de voir les choses et la vie. L'écriture
force le raisonnement et le met à l'épreuve. Ce n'est pas plus important
que cela mais je le fais de mon mieux. En fait, j'écris d'abord à moi-même,
je soliloque.
Merci de me lire et bienvenue aussi sur mon modeste blog





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2 commentaires

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    22 mars 2008

    Et ça recommence à geindre, M. Nestor, contre le parti qu'il suffirait de guider. M. Gilbert Paquette, au moins, suggère une solution pratique et d'application immédiate: cesser de s'entredéchirer, s'unir, pour rapatrier les pouvoirs nécessaire à la gestion efficace de notre nation...(La nécessaire alliance)

  • Archives de Vigile Répondre

    22 mars 2008

    Allez lire ce que j'ai écrit le 9 mai 2002. Vous n'êtes pas tanné aussi du PQ qui virvolte comme une girouette dans le ciel du Québec? Et dire qu'il y a encore des péquistes qui croient que le PQ va faire l'indépendance du Québec!
    Nestor Turcotte
    Matane
    http://archives.vigile.net/ds-souv/docs2/02-5-9-turcotte-qf.html