Comédie d'erreurs

Primaires américaines 2008



Pour la première fois depuis la victoire de Jimmy Carter aux primaires de 1976, un candidat tenu pour négligeable, Barak Obama évidemment, a fait mordre la poussière au candidat de l'establishment, soit Hillary Clinton. De la pléthore de chiffres afférents à une campagne non exempte de hargne, on retiendra celui qui créditait la sénatrice de l'État de New York, il y a huit mois à peine, d'une avance de 25 % sur Obama. Son trésor de guerre était évidemment au diapason: de loin plus important que celui dont disposait le sénateur de l'Illinois. Mais voilà, en l'espace de quelques semaines son actif devait se dégonfler comme un soufflé au fromage.
Cette déconfiture, car c'est de cela qu'il s'agit, découle essentiellement de l'excès de confiance qui distinguait le camp Clinton de ses concurrents. Il est vrai qu'outre la notoriété de son mari Bill et le soutien de l'état-major, Hillary était mieux introduite auprès des cercles d'influence économique et politique qu'Obama. Toujours est-il que, sûre de son fait, elle considéra les primaires comme une formalité et articula une stratégie en conséquence.
Laquelle? Plutôt que de concentrer son tir sur le contingent des délégués, elle s'est attaquée aux États. Elle a joué ses cartes en fonction de la finale. Cette erreur, SON erreur, devait s'avérer désastreuse. Car pendant que Clinton se posait en candidate à la présidence, Obama, lui, concevait un plan dont le but consistait à récolter les délégués dans tous les coins du pays. Ce faisant, il a travaillé des terrains négligés par son opposante, soit les petits États qui d'ailleurs ont fait la différence. Mentionnons, à titre d'exemple, le Kansas où le personnel de Clinton débarquait trois mois après celui d'Obama.
Symbole de ses carences, mais aussi d'une prétention bien trempée, Hillary Clinton a perdu tous les caucus. Absolument tous. C'est d'ailleurs après avoir été flouée dans les deux premiers, dont l'emblématique Iowa, qu'elle a viré des responsables de son camp et introduit insidieusement, par mari interposé, la carte raciale lors de la primaire de Caroline du Nord. Résultat? Dans un éditorial, le New York Times rappelait à l'ordre en termes vigoureux la candidate derrière laquelle il s'était rangé auparavant. Ce faisant, ce journal devait ébranler suffisamment les convictions d'un certain nombre de superdélégués, on pense notamment aux sénateurs démocrates, les Ted Kennedy et consorts, au bénéfice d'Obama.
À ses bourdes, il faut ajouter la duplicité manifestée lors des primaires du Michigan et de la Floride. Ces deux États avaient été punis par les responsables nationaux du Parti démocrate pour avoir devancé la tenue des scrutins. Obama, John Edwards et Clinton avaient convenu de ne pas faire campagne. Mais à la onzième heure, Clinton tournait sa veste. Elle a posé en victime, usé du chantage émotif. Bref, elle a été actrice de sa propre perte. Point.


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