Claude Garcia, un "ami" du Québec

Nous avons réussi à nationaliser Hydro Québec, qui a pris beaucoup de valeur. Nous devons nous attendre à attiser la cupidité des oligarques, qui ne connaissent aucune limite à leurs ambitions.

Tribune libre - 2007

Décidément toujours fidèle à lui-même [Claude Garcia recommence avec une nouvelle tentative pour affaiblir le Québec->7036]: la vente pure et simple d'Hydro-Québec à des intérêts "privés", entendez les tizamis.

Ce grand ami du Québec aurait bien aimé écraser les méchants "séparatisses, gr,gr,gr," et en finir une fois pour toutes avec un "problème" majeur pour les milieux d'affaires, pour qui l'existence se résume à l'argent, rien que l'argent, seulement l'argent et pas autre chose que l'argent. Leur vie appartient à l'argent et la vie des autres n'existe pas, puisque tout se mesure en termes d'argent.
Aucune gratuité n'est permise et, en fait, toute gratuité est subversion pour eux, eux qui "travaillent dur" pour leur argent. Ils n'admettront jamais qu'ils ont fait et font encore fortune avec le travail et la misère des autres, jusqu'à leur faire payer pour l'air qu'ils respirent.

Vendons Hydro-Québec que nous avons intégré à notre vie économique, sociale et politique et faisons plaisir à Môssieu Garcia et consorts, qui s'empresseront de multiplier par 500 le coût d'utilisation de l'électricité, comme cela s'est fait en Californie alors que la voracité des entrepreneurs ne connaissait aucune borne.
Sans oublier les multiples frais supplémentaires qui vont s'ajouter aux "services rendus" et qui iront grossir les poches d'une poignée d'oligarques au détriment de tous les citoyens sans défense contre leur rapacité.

Comme Paul Desmarais, Claude Garcia demeure serviteur de Mammon et méprise tout le reste, en commençant par la vie des autres. Malheur au gouvernement qui se laisse prendre à leur chantage ou leurs propositions mielleuses.

C'est ce que le philosophe français René Girard appelle le mimétisme du désir ou l'ambition sordide de tout posséder. Au delà des besoins essentiels, écrit Girard, nous désirons ce que nous désigne le désir d'autrui.

Que le peuple québécois, comme les autres peuples de la terre, se donne la peine de construire une utilité de valeur, il s'expose au mimétisme du désir et vous verrez monter les surenchères jusqu'à sa dépossession.

Nous avons réussi à nationaliser Hydro-Québec, qui a pris beaucoup de valeur. Nous devons nous attendre à attiser la cupidité des oligarques, qui ne connaissent aucune limite à leurs ambitions.

Tout ce que le peuple québécois a accompli et mis en valeur devient rapidement objet de convoitise, et malheur au Québec si les Québécois ne prennent pas les moyens nécessaires pour en assurer la défense, avant et après l'indépendance.

D'où l'importance de notre État doté des pleins pouvoirs juridiques et constitutionnels, avec pleins titres sur notre territoire, lequel a été mis en valeur par nous au prix de
400 ans d'un travail soutenu et acharné, travail des gens ordinaires comme ceux qu'on rencontre tous les jours et que nous n'avons pas encore appris à apprécier à sa pleine valeur. De plus, avec notre capital, constitué par ce travail, nous avons acheté une à une et à gros prix les domaines, propriétés et entreprises des Orangemen et United Empire Loyalists installés au Québec, de même que beaucoup d'autres, partis pour l'Ontario méridional où la nature permet deux récoltes par année au lieu d'une comme au Québec et où les communications vers le Centre de l'Amérique du nord sont plus faciles.

Comme la France, qui a quitté le Québec en 1760, les Orangemen, Loyalists et autres nouveaux venus ont quitté à leur tour le Québec après la construction des chemins de fer. Ce vaste mouvement migratoire peut se situer entre l'ouverture du pont Victoria en 1860 et celle de la Voie maritime 100 ans plus tard. Le siècle précédent, celui qui a suivi la bataille de Sainte Foy le
18 avril 1760 jusqu'à l'ouverture du pont Victoria, a surtout été celui de la fondation des États Unis et des préoccupations de l'Angleterre face à cette nouvelle puissance, rivale et potentiellement ennemie de Sa Majesté en Amérique du Nord. D'où les "concessions" qui ont été faites dans le Saint-Laurent aux colons de Nouvelle-France restés sur place et à leurs descendants, qui ont fait du Québec leur foyer national et l'assise de leur État naturel et optimal.

Nous avons été laissés seuls derrière à deux reprises.

Nous avons donc peu à peu pris charge de nos affaires et nous avons réussi, d'où les convoitises qui commencent à nous assaillir alors que ce n'est pas seulement Hydro-Québec mais tout le Québec qui a pris de la valeur grâce à notre travail et à nos soins.

Nous allons inviter le gouvernement post-impérial, artificiel, centralisateur et unitaire d'Ottawa, ses agents, ses valets et ses serviteurs, à quitter le Québec.

Nous avons notre propre État et nous n'en avons pas besoin d'un autre, celui d'Ottawa, au service des Claude Garcia, Paul Desmarais et cie.

Voyons quels trucs et quels coups-bas messieurs Garcia, Desmarais et tutti quanti vont sortir de leur manche pour nous faire échouer?

Soyez sûrs que ce ne sera pas beau du tout mais nous sommes prêts cette fois.

René Marcel Sauvé, géographe et auteur de
Géopolitique et avenir du Québec et
Le Québec, carrefour des empires.

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René Marcel Sauvé217 articles

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J. René Marcel Sauvé, géographe spécialisé en géopolitique et en polémologie, a fait ses études de base à l’institut de géographie de l’Université de Montréal. En même temps, il entreprit dans l’armée canadienne une carrière de 28 ans qui le conduisit en Europe, en Afrique occidentale et au Moyen-Orient. Poursuivant études et carrière, il s’inscrivit au département d’histoire de l’Université de Londres et fit des études au Collège Métropolitain de Saint-Albans. Il fréquenta aussi l’Université de Vienne et le Geschwitzer Scholl Institut Für Politische Wissenschaft à Munich. Il est l'auteur de [{Géopolitique et avenir du Québec et Québec, carrefour des empires}->http://www.quebeclibre.net/spip.php?article248].





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3 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    11 novembre 2009

    En relisant mon commentaire, je me dois de corriger que c'est la Gatineau Light and Power, et non la Shawinigan Light and Power.
    Merci à monsieur Lachance, avocat baîllonneur de m. Garcia de me donner l'occasion de me relire après deux ans.

  • Archives de Vigile Répondre

    7 juin 2007

    Actuellement, il semble que Power Corp (famille Desmarais) vise deux secteurs économiques:
    - La privatisation d'Hydro-Québec. Ce serait sa revanche sur la nationalisation de "sa" Shawinigan Power. Le retour à la source en quelque sorte.
    - La privatisation de la Santé. Power Corp. possède plusieurs compagnies d'assurance-vie qu'il aimerait voir s'étendre dans l'assurance-santé. Il assure déjà l'invalidité. Mme Hélène Desmarais-Blouin faisait des pression sur le cabinet Charest pour placer le CHUM à Outremont. Power y développerait une industrie autour de la recherche et des services en santé. On retrouve déjà le centre clinique René-Laennec sur Beaumont et les dortoirs de tests de Algorithme Pharma à côté. L'UdeM veut y créer un second campus et y déplacer son département de médecine.

  • Jacques Bergeron Répondre

    7 juin 2007

    Par son article, cet individu en mal d'avilissement nous a rendu un grand service. Il a démontré que par la «seule valeur» économique exprimée en dollars,que le Québec a un bilan positif extraordinaire, puisqu'avec cette évaluation à plus de 120 milliards $, cette seule possession recouvre la dette entière du Québec. Si nous ajoutons la valeur des autres sociétés d'État, le Québec a un surplus favorable de plusieurs «dizaines» de milliards$, disons environ 50 milliards. Alors que Pierre Fortin et l'ensemble des lucides veulent nous faire croire que les générations «futures»(pas nécessairement celles de l'avenir?)devront payer la dette laissée par leurs aînés, ne voilà-t-il pas que Claude Garcia vient démontrer que ces gens ont tout faux et qu'en se faisant les avocats du diable, ils ne viennent que nuire à leurs compatriotes.Je ne les aurais pas embauchés dans mon bureau de «Conseils» avec de tels raisonnements. Que devons-nous ajouter à votre texte sinon de dire que Hydro-Québec est appelée à prendre encore de la valeur au cours des ans à cause des nombreux facteurs, celui de l'écologie entre autres qui viendra ajouter à l'envie de tous les Claude Garcia de déposséder le Québec et ses habitants de son patrimoine économique.Mais ils le feraient certainement pour nous rendre service , car il n'est nullement dans leurs intentions de s'enrichir à nos dépends.