C'est un départ !

Un chef, ce n'est pas un exécutant, c'est un futur premier ministre. Et c'est d'un futur premier ministre que le Parti québécois a besoin, pas d'une girouette ni d'une lavette.

PQ - succession de Boisclair

Il n'aura fallu que quelques jours après la démission d'André Boisclair pour que deux personnalités de marque, Gilles Duceppe et Pauline Marois, posent leur candidature au poste de chef du Parti québécois. Voilà un signe de vitalité au sein d'un parti dont certains se demandent encore s'il n'a pas été celui d'une seule génération.
Qu est-ce que je pourrais bien m acheter?
Grâce à l'annonce de ces deux premières candidatures, on peut s'attendre à une campagne de bon niveau. Tant M. Duceppe que Mme Marois sont des politiciens d'expérience. Mme Marois a dirigé plusieurs ministères, dont tous les ministères les plus importants au sein de gouvernements différents. Elle a participé à deux autres campagnes à la chefferie avant celle-ci, et si sa dernière défaite lui a laissé un goût amer, son retour en dit long sur son engagement. Elle appartient à ce groupe de politiciens qui, comme Louise Harel et Bernard Landry, pour ne nommer qu'eux, auront consacré toute leur vie à une cause.
Quant à M. Duceppe, tout le monde reconnaît qu'il a été à la hauteur de la situation depuis le départ de Lucien Bouchard de la direction du Bloc québécois. Même s'il ne vient pas de la famille du PQ et même si son passé de syndicaliste et de marxiste-léniniste agace toujours plusieurs péquistes, le chef du Bloc connaît aussi très bien le PQ. On le dit autoritaire, mais voilà une réputation fausse. M. Duceppe est un homme de principes et d'ordre, des qualités nécessaires à un bon chef, mais c'est d'abord un démocrate.
À l'évidence, d'autres candidats s'ajouteront à la liste d'ici le lancement officiel de la course. Celles de Joseph Facal et de Pierre Curzi, par exemple, permettraient d'élargir le spectre des choix idéologiques et des genres de leadership offerts aux membres.
Cela étant, il faut que la direction du parti épargne les membres et le public en général de ces excès de démocratie citoyenne qui ont pour conséquence de placer tous les candidats, même les plus marginaux, sur un même pied du début à la fin d'une interminable campagne conclue en queue de poisson par un vote téléphonique. N'oubliez pas, chers dirigeants du PQ, que les Québécois ont derrière la cravate deux élections générales en un an et que deux autres scrutins menacent de se déclencher bientôt. Il y a des limites à ce qu'un être humain normalement constitué peut absorber de discours politiques, de promesses et de débats sans développer d'allergie mortelle! Le taux de participation aux élections est déjà très bas, évitons de faire en sorte qu'il continue de glisser!
Contrairement à la campagne précédente, celle-ci doit donc être non seulement rapide, elle doit surtout forcer les chefs à se démarquer sur la base de leur propre programme, de leur vision du Québec de demain et de leur style de leadership. André Boisclair a toujours refusé de montrer ses couleurs, préférant se cacher derrière un programme de parti qu'il n'aurait pas respecté de toute façon. Un chef, ce n'est pas un exécutant, c'est un futur premier ministre. Et c'est d'un futur premier ministre que le Parti québécois a besoin, pas d'une girouette ni d'une lavette.


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