Boisclair et Landry célèbrent ensemble les propos de Charest

Nous avons les moyens de faire l'indépendance


Les propros tenus vendredi par Jean Charest à l'effet que «le Québec possède les moyens» de réaliser la souveraineté ont décidément plu aux militants péquistes. Réunis hier pour confirmer la candidature de leur chef André Boisclair en vue de l'élection partielle de Pointe-aux-Trembles, des centaines d'entre eux scandaient d'ailleurs «on a les moyens» tout au long de l'assemblée.

Le message a été relayé à la fois par le chef péquiste et par l'ancien premier ministre Bernard Landry. «René Lévesque a dit 100 000 fois "on est capable, on est capable". Si, 35 ans plus tard, Jean Charest a fini par le comprendre, tout le monde va finir par comprendre», a-t-il lancé.
L'ancien chef péquiste s'en est également pris à l'argument de Jean Charest selon lequel la souveraineté ait été rendue caduque en raison de la mondialisation. «La nation, dans le contexte de la mondialisation, est le contrepoids nécessaire pour répondre aux dangers culturels, sociaux et environnementaux», a-t-il lancé. M. Landry a aussi soutenu que l'idée de devenir une nation à part entière donnerait au Québec les moyens de contrer «la domination des grandes corporations».
M. Boisclair est lui aussi revenu sur les déclarations récentes de Jean Charest. Il a surtout insisté pour dire que la souveraineté du Québec n'entraînerait pas de perturbations économiques importantes, contrairement à ce que fait valoir le camp fédéraliste. «Ce n'est pas dans l'intérêt de quiconque qu'il y ait des perturbations, a-t-il dit. Tout comme ce ne serait pas dans l'intérêt du Canada ou des États-Unis que le Québec soit exclu de l'Accord de libre-échange nord-américain. Je n'ai jamais entendu personne dire qu'il souhaitait que le Québec soit exclu de l'ALENA.»
Quoique les arguments économiques aient leur importance dans le débat, «l'indépendance nationale, ce n'est pas une question comptable ni de produit national brut, c'est une question d'identité nationale, de fierté, de solidarité, a affirmé M. Landry. Tout ça est évidemment plus facile à faire quand on a les moyens, puis en plus on a les moyens !»

Le chef péquiste, qui devra faire face à un candidat du parti Québec solidaire lors de l'élection partielle, a insisté sur le caractère «progressiste» de sa formation. «À quoi bon faire du développement économique à courte vue si, à moyen terme, notre santé en souffre», a lancé M. Boisclair. Bernard Landry a lui aussi abordé le thème, invitant les militants à sortir du débat entre la gauche et la droite. «La souveraineté, ce n'est ni à gauche ni à droite, c'est en avant», a-t-il dit, reprenant les mots de l'un des fondateurs du Parti québécois, Marcel Léger. «Et le Parti québécois, c'est un parti progressiste, de gauche, qui a fait plus de réalisations progressistes que la plupart des partis de gauche dans le monde», a-t-il ajouté.
Si l'option souverainiste n'est pas à son meilleur en ce moment, M. Landry a préféré parler de «variations saisonnières», ajoutant qu'il ne s'inquiétait pas de la montée des conservateurs au Québec. Selon lui, les Québécois vont vite déchanter en voyant les actions des troupes du premier ministre canadien Stephen Harper.
Bernard Landry a aussi invité le Parti québécois à une plus grande vigilance dans la gestion de son financement, dans la foulée des conclusions du rapport Moisan. «Dès le retour au pouvoir, je crois que le parti doit resserrer un peu [ses règles de financement], garder ses principes et rester exemplaire», a-t-il soutenu. «Il faut resserrer la loi [sur le financement des partis] et quand le parti sera au pouvoir il le fera», a par la suite répété l'ancien chef en entrevue. Le rapport Moisan avait conclu que le PQ a contourné les règles de financement des partis politiques pour recueillir un peu moins de 100 000 $ provenant de l'entreprise Groupaction, étroitement liée au scandale des commandites. Une somme qui devrait être rendue.
Parti uni
Après avoir été éprouvé par la volonté de «renouveler les effectifs» exprimée par M. Boisclair, un message qui n'avait pas été bien reçu par les militants de longue date, le Parti québécois a voulu montrer le visage d'un parti uni hier. M. Landry a parlé d'une «alliance intergénérationnelle», alors que M. Boisclair a rappelé à plusieurs reprises l'héritage immense légué par les générations précédentes. Un héritage qui impose selon lui à la jeunesse d'aller plus loin, de s'ouvrir au monde en réalisant la souveraineté du Québec. Une dizaine de députés du Parti québécois étaient également présents, dont Louise Harel, François Legault, Richard Legendre et Daniel Turp.
En vue de l'élection dans la circonscription de Pointe-aux-Trembles, qui aura lieu le 14 août, le chef péquiste a déjà promis, s'il est élu, de redonner l'accès aux berges du fleuve Saint-Laurent aux résidants de sa circonscription.


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