À quoi bon Rabaska, si on prévoit une pénurie mondiale de gaz naturel

Tribune libre - 2007

Je viens de lire sur Cyberpresse
Québec lève le dernier obstacle au projet Rabaska
En septembre, dans une décision provisoire, la CPTAQ a refusé de
dézoner les 271 hectares de terrains à vocation agricole situés à Lévis et
convoités par les promoteurs du projet.
L'organisme juge que Lévis n'a pas démontré que ces terrains sont les
seuls disponibles ou encore que l'emplacement choisi est celui qui risque
le moins de sacrifier la vocation agricole du territoire.
Les opposants au projet, dont des agriculteurs et plusieurs groupes
écologistes, auraient pu profiter des réserves émises par la CPTAQ pour
entreprendre, sur la base de la Loi sur la protection du territoire
agricole, des recours judiciaires et ainsi retarder voire menacer Rabaska,
une perspective que Québec voulait éviter à tout prix.
«Il ne faut pas que des processus servent de nouveaux recours à des gens
qui vont être contre» le projet, a dit M. Béchard.
Selon le ministre, retarder encore le projet représenterait un risque
beaucoup trop grand, en termes d'approvisionnement.
«On pourrait fort bien se retrouver dans une situation où (...) dans six
mois, dans trois mois, dans un an, il n'y ait plus de gaz de disponible sur
le marché mondial, et ça pour le Québec cela représente un certain nombre
de risques», a-t-il fait valoir, dans un contexte de diversification
souhaitable des sources d'énergie.
«On va faire quoi si dans trois mois ou dans six mois ou dans un an on a
un accord sur le projet, mais il n'y a plus de gaz?», a-t-il ajouté.

C'est ahurissant. À quoi bon construire les ports de méthaniers de Rabaska
et Gros-Cacouna si une pénurie mondiale de gaz naturel est à prévoir dans
les prochaines années. Un argument que l'on nous sortait pour justifier ces
deux projets est que nous allions vers une pénurie prochaine du gaz naturel
albertain, même si les experts parlent d'une réserve suffisante dans
l'Ouest pour les vingt prochaines années. Parce que le gaz naturel est une
alternative intéressante aux autres énergies fossiles (charbon et mazout
particulièrement), c'est à l'échelle mondiale que sa demande va exploser,
beaucoup plus qu'au Québec.
Le gaz naturel est la source idéale d'énergie contrôlable en temps réel,
après l'hydroélectricité, pour agir en complément avec des sources
propres, mais volatile comme l'éolien ou le solaire, ou simplement
non-contrôlées, telle l'énergie marémotrice.
Mais voilà, qu'au Québec, l'essentiel de notre production provient de
réservoirs hydroélectriques. Nous sommes bénis comparés au reste du monde.
`
Alors, à quoi bon Rabaska et Cacouna si ce n'est pour exporter le gaz de
l'Ouest vers l'Europe.
L'incohérence du discours gouvernemental transparaît dans Cyberpresse, une
filiale de Gesca, le bras médiatique de Power Corporation. Dois-je rappeler
que Power a des intérêts dans la firme d'énergie française Total, qui est
elle-même intéressée par Rabaska?
Alors, on ne peut accuser Cyberpresse d'être tendancieux contre Rabaska.
Francis Déry, Montréal
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --


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