Vivre debout: un objectif, un défi

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La soumission est mauvaise conseillère

Ceux et celles qui luttent pour la liberté d’expression sur la planète se tiennent debout, en rangs serrés, en ce début de 2015, à la mémoire de ceux qui ont été fauchés mercredi à Paris. Je fais partie de ceux qui pleurent la perte immense de ces géants qui refusaient de se taire. Comme eux, je crois qu’il est essentiel d’exercer son droit de parole face à tous ces pouvoirs qui voudraient tant faire de nous des complices du silence. Ces amis disparus ont prêché par l’exemple.

Elle traîne dans notre mémoire collective depuis longtemps cette idée qu’il faut prêcher par l’exemple d’abord. Pendant mes quelques jours de vacances, j’ai eu le temps de bien réfléchir à la situation dans laquelle le gouvernement Couillard s’est placé depuis son élection en avril 2014. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’est fait beaucoup d’ennemis. Il se peut même que la guerre ouverte qui s’annonce entre les citoyens de tous ordres, syndiqués ou pas, regroupés sous toutes les bannières ou pas, nous permette d’exprimer le ras-le-bol généralisé qui a frappé la population québécoise au cours des derniers mois.

Prêcher par l’exemple aurait-il été une option possible pour le gouvernement ? Bien sûr que oui. M. Couillard aurait pu réduire son conseil des ministres de moitié… 12 ou 13 ministres auraient pu suffire à tenir la machine administrative, à produire les projets de loi nécessaires pour faire avancer quelques dossiers et à tenir les ministères loin, très loin des tentations de toutes sortes. Mais il aurait fallu du courage à M. Couillard pour l’imposer aux nouveaux élus, qui voulaient tous le gros lot…

Réduire le nombre de voitures ministérielles, ça aussi, ç’aurait été possible. Que chaque ministre conduise sa propre voiture, comme il le ferait dans sa vie ordinaire, et qu’on installe quelques bixis autour du parlement pour ceux qui gravitent autour, ce qui leur permettrait de savoir le temps qu’il fait sur leur pays et les problèmes de circulation que les citoyens ordinaires affrontent chaque jour.

Il serait pourtant tellement important que tous ces élus ne perdent jamais le contact avec la réalité de la vie quotidienne. Ils comprendraient plus facilement pourquoi nous réagissons si négativement quand nous apprenons que certains d’entre eux ont dépensé des sommes fabuleuses pour se décorer des bureaux luxueux, alors que des citoyens dorment encore dehors, même dans le froid qu’il fait en ce moment.

Si le ton était au moins poli quand les « haut-parleurs » du gouvernement s’adressent aux citoyens du Québec, peut-être pourrions-nous supporter plus de trois minutes le discours hautain et méprisant de Martin Coiteux, par exemple. Hélas, M. Couillard ne semble pas capable de l’empêcher de cracher du feu chaque fois qu’il prend la parole, comme s’il était le seul détenteur de la vérité absolue dans le domaine de l’économie. Il attise la flamme sans sourciller, avec un véritable plaisir. Il ne coupe pas au couteau, mais à la tronçonneuse. Nous ne pouvons pas le laisser couper partout, à tort et à travers, sans se soucier des débris, sans aucun plan pour la suite des choses.

Pas plus qu’il n’est possible de dire au docteur Bolduc : continuez, vous faites du beau travail. Tout simplement parce que ce n’est pas vrai. Et M. Couillard, s’il avait été un premier ministre courageux, aurait déjà annoncé le déplacement urgent du célèbre docteur en question. Nos enfants n’ont pas mérité le sort que ce dernier leur prépare.

Quant au docteur Barrette, on peut juste se demander ce qu’il restera de notre système de santé quand il l’aura transformé à son image et à sa ressemblance. Les médecins comme les infirmières sont sur un pied de guerre. Au moment où j’écris ces mots, les urgences débordent, à cause de la grippe qui sévit et de la glace qui transforme en patinoires les trottoirs de nos villes. On pourrait penser que, dans un mouvement de générosité, le docteur Barrette irait faire le tour de ses établissements pour s’assurer que tout est sous contrôle, qu’il y a le personnel et les soins nécessaires. Je rêve en couleur, car on ne l’a jamais si peu vu que cette dernière semaine.

Prêcher par l’exemple devrait être la résolution du gouvernement libéral de M. Couillard pour 2015. Autrement, j’ai bien peur que, mauvaises têtes comme nous sommes quand on nous tape dessus assez longtemps, nous pourrions devenir désagréables, malgré la réputation que nous avons de ne pas aimer la chicane. M. Couillard devrait dire à ses ministres de ranger les ciseaux, les scies et autres objets tranchants pour enfin nous expliquer où il prétend nous conduire. Ce qui nous permettrait enfin de lui dire si nous sommes d’accord ou non. Cela aurait au moins l’avantage d’être clair.


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