Les partis sous respirateur

«On n'a plus les Libéraux qu'on avait !»

Quatre partis politiques occupent les banquettes de l’Assemblée nationale depuis deux ans. Certains prennent plus de place que d’autres, mais en fait, le pouvoir est entre les mains d’une grosse majorité facile à identifier qui n’arrête pas d’écraser les acquis que nous avions pris l’habitude de considérer comme la richesse de notre peuple. Réduire en cendres ce dont nous étions les plus fiers est devenu une véritable obsession pour ce groupe de personnes qui agissent comme si Dieu lui-même leur avait remis les tables de la loi. Fermés à nos demandes, sourds comme des pots devant des revendications justes et raisonnables, ils n’auront de repos que quand il ne restera rien de ce que leurs prédécesseurs, libéraux comme eux, avaient réussi à construire.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on n’a plus les libéraux qu’on a déjà eus. Ceux-là ont vieilli, ils sont partis. La relève ne vient pas du même carré d’as. Finis, les Gérin-Lajoie ou les Claude Castonguay. Ceux d’aujourd’hui sont immunisés contre les besoins exprimés par les citoyens, ils n’écoutent que les brasseurs d’argent et se balancent complètement de l’avenir sans ouverture sur le monde qu’on offre maintenant à nos enfants. Les écoles sentent la moisissure et l’éducation est en train de perdre sa principale raison d’être, former des citoyens éclairés et capables d’améliorer leur propre cheminement. On est revenu au « nés pour un petit pain » qui a connu ses heures de gloire sous Maurice Duplessis et au « vous êtes bien chanceux d’avoir du pain » qui a été longtemps le prix de consolation de ceux qui n’avaient rien d’autre que du pain à mettre sur la table. Ce vieux parti est devenu un fardeau très lourd à porter.

La CAQ est un parti retaillé dans du vieux. Il joue parfois à être jeune, mais il ne l’est pas vraiment. Il est né des cendres d’un autre parti qui n’a pas vécu longtemps. La CAQ est difficile à suivre, car un jour elle est pratiquement plus indépendantiste que le Parti québécois et parfois elle est à des milles de distance, à cheval sur des clôtures inconfortables qui doivent donner envie de sauter dans le vide de temps en temps. Son message est davantage comme un traitement garanti sans douleur que vous proposerait un docteur qui se donnerait des allures de grand spécialiste mais qui voudrait faire sur vous sa première opération majeure sans anesthésie. Votre hésitation vous sera sans doute salutaire. Car le fait de changer de bord régulièrement sur la clôture ne soulage en rien le mal que la clôture vous fait. Vous finirez bien par vous en rendre compte par vous-même.

Le Parti québécois est un cas intéressant mais difficile à déchiffrer. Il est né comme ça : brouillon, mal fagoté, plein de bonnes intentions, un peu à l’image de son père fondateur. Ça en a fait un parti hésitant souvent, avec toujours plus de questions que de réponses, continuellement en train de remettre en cause le chemin à prendre pour arriver à bon port ou de se demander s’il faut mettre la charrue devant les boeufs, ou l’inverse. Au rythme où les questions fusent sur tous les sujets, il faut un certain temps pour prendre des décisions éclairées et pour s’y tenir. Surtout que ce ne sont pas les idées qui manquent et que chacun est convaincu d’avoir LA bonne idée et LA seule qui puisse marquer des points. Si ce paragraphe ne vous fait pas rire de bon coeur, c’est que vous ne connaissez pas le Parti québécois dans sa réalité.

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