Un pavé dans la mare libérale

L'Institut économique de Montréal affirme que les libéraux n'ont pas rempli leurs engagements

Québec 2007 - Parti libéral du Québec


Élu après s'être engagé à réduire considérablement les impôts des particuliers, le gouvernement Charest n'a pas respecté sa parole. Après trois ans de mandat, le bilan économique des libéraux à Québec est "modeste et ambigu".
L'Institut économique de Montréal (IEDM) a lancé hier un pavé dans la mare qui a fait bondir le ministre québécois des Finances, Michel Audet, et sa collègue responsable du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, peu habitués à des attaques venues du flanc droit.
Dans un texte préparé par la vice-présidente de l'IEDM, Tasha Kheinddin, l'organisme constate que le gouvernement est bien loin d'avoir rempli sa promesse d'une réduction annuelle de 1 milliard des impôts. Après quatre budgets, Québec s'entête à présenter comme des baisses d'impôts des allègements fiscaux consentis aux familles à bas revenus qui, par définition, paient peu ou pas d'impôts, constate l'Institut. Ainsi, au lieu des 3 milliards qu'auraient dû recevoir les contribuables, après trois ans, on retrouve environ 626 millions de véritables baisses d'impôts, estime l'IEDM
La croissance des dépenses publiques par rapport à la richesse collective des Québécois a ralenti: le ratio est passé de 18,1 à 17,7 % en trois ans, grâce à la croissance du PIB plutôt que grâce à la frugalité du gouvernement. Vu sous cet angle, les deux gouvernements péquistes - Bouchard et Landry - s'étaient astreints à une discipline plus rigoureuse, poursuit l'institut.
L'organisme juge aussi bien modeste les résultats de la reconfiguration de l'État. Après trois ans, on constate que la fonction publique, qui avait atteint un sommet avec 75 800 personnes, se trouve réduite de 2500 postes. Seize organismes ont été abolis, mais leurs responsabilités et leurs budgets ont été transférés ailleurs dans la machine gouvernementale.
Titulaire des Finances, Michel Audet était manifestement furieux à la suite des critiques de l'organisme. "L'Institut se discrédite avec un tel pamphlet. Je me serais attendu à une étude sérieuse et chiffrée; on nous présente un papier d'opinion dogmatique dont le manque de sérieux choque", a-t-il soutenu dans un entretien accordé à La Presse. Le jugement négatif de l'IEDM sur la performance économique du gouvernement a été clairement contredit par le verdict favorable de la firme Moody's, qui a revu à la hausse son évaluation de la qualité du crédit québécois après le dernier budget", a souligné M. Audet.
"Les baisses d'impôts, pour nous, c'est 2,9 milliards, a renchéri Mme Jérôme-Forget. Le gouvernement a favorisé les familles à faibles revenus, et dans toutes les études on a reconnu qu'il s'agissait de baisses d'impôts."
Sur la reconfiguration de l'État, elle soutient que les gestes faits ont réduit les dépenses publiques de 1 milliard par année. Le Québec s'est contenté d'une augmentation de dépenses équivalant à la moitié de la moyenne canadienne, une rigueur appréciée par Moody's, a aussi rappelé la ministre. "Ne remplacer qu'à un poste sur deux quand on sait que d'ici 2012, 40 % des fonctionnaires actuels seront partis, c'est tout un défi", a-t-elle soutenu.
Pour le critique péquiste aux finances, François Legault, le verdict de l'IEDM donne une gifle à un gouvernement qui s'était laissé aller à des promesses irréalistes de baisses d'impôts. "La crédibilité de M. Charest sur les questions économiques en prend pour son rhume. J'ai toujours dit que les baisses d'impôts promises étaient irréalistes", a souligné le député péquiste de Rousseau.
Pour l'ADQ, Mario Dumont a soutenu que l'Institut s'était censuré en parlant d'un bilan "modeste et ambigu". "En bon québécois, on appelle ça un bilan pourri", a-t-il dit.
"C'est un abandon total des engagements si on considère qu'on n'a que le huitième des baisses d'impôts promises et que de l'autre côté, le gouvernement a procédé à des hausses de tarifs totalisant 1 milliard", a noté M. Dumont.
Trois ans après les élections, le bilan du gouvernement est "un échec qui permet de mesurer l'ampleur de la tromperie qui a été faite", a ajouté le chef de l'ADQ.
À l'approche des élections, les efforts de réduction de dépenses de Québec seront probablement annulés par la "distribution des cadeaux de Noël", une opération "qui devient ridicule" devant l'ampleur des ratés de la politique économique du gouvernement, mis à jour par l'IEDM, a conclu M. Dumont.


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