900 maires en colère

Seul Jean Charest a refusé de rencontrer les membres la FQM

Québec 2007 - Parti libéral du Québec



Cauchy, Clairandrée - Les maires des petites municipalités fulminent contre le chef du Parti libéral. Ce dernier a annulé à la dernière minute sa présence à un forum sur les municipalités aux prises avec des difficultés économiques, forum auquel ont participé hier trois autres chefs de parti.
L'ouverture du forum avait pourtant été devancée afin de permettre la présence de Jean Charest. Son équipe a informé les organisateurs la veille du forum, mardi soir, que l'événement ne cadrait plus dans l'horaire du chef.
«On reste pantois devant cette décision. On n'a aucune explication. On nous a informés à la dernière minute que M. Charest ne se présentera pas, point à la ligne, alors que tout le forum a été organisé en fonction de ses propres exigences», a déploré le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux, qui est également maire de Saint-Prime.
Lors d'un point de presse à Saguenay, Jean Charest a fait valoir qu'il avait délégué la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau. Cette dernière n'a cependant pas pris part au forum et la FQM soutient que cette solution de rechange était exclue, par «déférence» pour les autres chefs qui, eux, ont aménagé leur horaire.
«On aimerait bien faire beaucoup de choses dans une campagne électorale, mais comme le temps n'est pas élastique, il faut faire des choix», a justifié M. Charest, en expliquant qu'il avait aussi pris l'engagement de prononcer un discours devant la Chambre de commerce de Saguenay.
L'absence de M. Charest a mis dans tous ses états le maire de la petite localité de Portneuf-sur-Mer et préfet de la MRC La Haute-Côte-Nord, Jean-Marie Delauney. «Je suis très, très déçu. Refuser de venir nous rencontrer, c'est un déshonneur pour lui», a-t-il affirmé, la voix étranglée par l'émotion.
Son collègue de Saint-Prime, qui préside le regroupement de quelque 900 municipalités, estime que l'absence de Jean Charest est perçue comme une «rebuffade». «C'est comme si l'enjeu de la dévitalisation vécue par au-delà de 200 municipalités au Québec n'était pas important», a tonné M. Généreux.
André Boisclair, Mario Dumont et Françoise David ont tous défilé hier devant les maires de la FQM réunis pour parler des difficultés vécues par les municipalités «dévitalisées».
Ce terme décrit les petites municipalités frappées par des difficultés économiques structurelles. «Les crises forestière, manufacturière, dans l'agriculture, tout cela contribue à faire en sorte que la situation ne s'améliore pas», constate M. Généreux.
Il souhaiterait une plus grande souplesse dans l'application des normes gouvernementales. «C'est impossible pour ces petites populations de faire face à ces obligations dans un contexte de réduction d'emploi, d'exode des jeunes, de vieillissement des population. Au secours!»
Les autres chefs s'engagent
Lors de son discours devant les maires, le chef péquiste André Boisclair n'a pas relevé l'absence de son vis-à-vis libéral.
Il a rappelé son engagement de constituer un fonds de développement régional de 1,8 milliard de dollars «d'argent neuf». Le chef du PQ a aussi promis de créer un «comité interministériel» pour tenter de «résoudre les problèmes» avec lesquels les régions sont aux prises.
Pour sa part, le chef adéquiste s'est présenté en après-midi devant les membres de la FQM pour leur rappeler sa proposition de créer un Fonds d'autonomie régionale, qui serait financé à partir de redevances de 25 % sur l'exploitation des ressources naturelles.
Ainsi, a-t-il fait valoir, les régions et les petites municipalités auront accès à des revenus autonomes «année après année, après année» pour assurer leur développement.
Le Devoir

Avec la Presse canadienne


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