Stephen Harper veut marginaliser la nation québécoise

La minorisation politique du Québec au Canada


En proposant un projet de loi (C-56) qui va marginaliser la nation québécoise dans l'ensemble canadien, Stephen Harper voudrait continuer de réduire notre poids politique aux Communes. Ainsi, de 36 % des sièges qu'il était en 1867, le poids du Québec ne serait plus que de 22,7 % des sièges en 2014. Stephen Harper a promis un fédéralisme d'ouverture; il nous offre plutôt un fédéralisme de pacotille.
Les parlementaires canadiens ont reconnu la nation québécoise à la Chambre des communes parce qu'ils étaient bien obligés de le faire, coincés par le Bloc québécois. Mais on se dépêche ensuite, libéraux, néo-démocrates et conservateurs tous ensemble, de marginaliser le poids politique du Québec. Ces partis pancanadiens et fédéralistes rêvent du jour, pas si lointain si rien n'est fait, où ils pourront obtenir une majorité à la Chambre des communes en ignorant complètement le Québec. C'est de cela qu'il s'agit.
L'Assemblée nationale du Québec exige donc à l'unanimité le retrait du projet de loi C-56. C'est dire que l'ensemble des élus de la nation québécoise à l'Assemblée nationale, plus les 49 députés du Bloc québécois - soit les deux tiers des élus québécois à la Chambre des communes -, exigent le retrait de ce projet de loi. En tout, 87 % des élus de la nation québécoise exigent ce retrait.
Il y a là un test fondamental pour Stephen Harper et, plus largement, pour les députés de la Chambre des communes (donc pour les Canadiens), qui ont reconnu l'existence de la nation québécoise. Cette reconnaissance était-elle une reconnaissance véritable ou une simple reconnaissance de pacotille? Le fédéralisme d'ouverture de Stephen Harper est-il sincère et vrai ou n'est-il qu'un fédéralisme de pacotille? Nous aurons bientôt notre réponse.
En attendant, il faut noter que l'argument de la juste représentation avancé par les libéraux, les néo-démocrates et les conservateurs ne tient pas la route. En effet, si ce projet de loi était adopté, le poids politique d'un électeur de l'Île-du-Prince-Édouard serait trois fois plus élevé que celui d'un électeur québécois. Pour la juste représentation des citoyens, on repassera!
Quant aux ministres conservateurs du Québec et aux autres élus, qu'ils soient conservateurs ou libéraux, leur silence complice est une honte. Voilà une démonstration supplémentaire des compromissions obligées, de l'aveu d'impuissance indécent de la part de nos élus québécois au sein des partis fédéralistes. Cela est bien loin des intérêts du Québec. Ce n'est pas pour rien que les Québécois ont donné cinq majorités de sièges consécutives au Bloc québécois.
Si la reconnaissance de la nation québécoise signifie quelque chose, le gouvernement va retirer son projet de loi et garantir au Québec une proportion minimale de 25 % des sièges à la Chambre des communes.
Pour ma part, tout en continuant à défendre les intérêts fondamentaux du Québec à Ottawa, je dois souligner que pour une nation comme la nôtre, 25 % du poids politique, c'est encore très peu. Trop peu. Ce qu'il nous faut, c'est 100 % du poids politique. Ça s'appelle la liberté politique. En un mot: la souveraineté.
Pierre Paquette : Député de Joliette, leader parlementaire du Bloc québécois et porte-parole en matière de réforme démocratique


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