Série «René, le destin d’un chef» : le silence coupable de la SRC

Chronique de Louis Lapointe


[->12695]Le procès en diffamation du couple Fournier/Raymond contre la SRC et Mario
Clément, directeur général de la programmation est maintenant en délibéré.
Le juge Richard Wagner devra décider si Mario Clément et la SRC ont agi de
mauvaise foi en sabordant la série Félix Leclerc comme ils l’ont fait avant
même qu’elle ne débute.
Ayant moi-même suivi cette série que je n’ai d’ailleurs pas trouvée
extraordinaire, je ne peux toutefois pas affirmer que c’est ce que j’ai vu
de plus mauvais à la SRC. Plusieurs émissions de la SRC ont été de pires
navets, comme ces Lionnes qui occupaient l’antenne de SRC à compter de 16
h. Plusieurs émissions de Véronique Cloutier n’ont jamais été non plus très
transcendantes. Pourtant, nous n’avons jamais entendu Mario Clément à ce
sujet.
Mais la palme d’or des pires émissions de la SRC revient probablement à la
série «René, le destin d’un chef». [Pourtant, Martine Tremblay->12695], ancienne
chef de cabinet de René Lévesque, n’a pas été invitée à «Tout le monde en
parle» à venir clamer sa honte comme la SRC l’avait fait pour la série
«Félix Leclerc» en invitant Francis Leclerc, le fils de Félix. Nous n’avons
pas non plus entendu un traître mot sortir de la bouche de Mario Clément au
sujet de cette série qui risque pourtant de porter atteinte à la
crédibilité de la SRC et à la réputation de feu René Lévesque.
Le droit de savoir du public que clamait avec tant de vigueur Me Guy
Pratte, avocat de la SRC et de Mario Clément, lors de sa plaidoirie la
semaine dernière en prend pour son rhume, surtout lorsque l’on sait que le
même Guy Pratte représente également Jean Pelletier, ancien chef de cabinet
de Jean Chrétien, dans la cause visant à faire effacer les conclusions du
rapport Gomery le liant au scandale des commandites, ainsi que Bryan
Mulroney, à qui il a recommandé de ne pas retourner devant le comité
d’éthique de la Chambre des Communes pour ne pas avoir à répondre aux
nouvelles interrogations concernant ses relations avec M.Schreiber.
Tout cela nous prouve bien que le droit de savoir du public et la
réputation de la SRC sont des concepts mous dans la bouche de Mario Clément
et de son avocat, dont le juge Wagner devra apprécier l’élasticité.
Souhaitons à Mario Clément et à la SRC que le juge du procès ne regarde pas
la série «René, le destin d’un chef», leur silence risquant alors d’être
interprété comme une preuve supplémentaire accréditant la thèse du couple
Fournier/Raymond.
Louis Lapointe
Brossard

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Chroniqueur et avocat à la retraite, l'auteur a été directeur de l'École du Barreau du Québec, cadre universitaire, administrateur d'un établissement du réseau de la santé et des services sociaux et administrateur de fondation.





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