Le congédiement de François Parenteau

Radio de la Première Chaîne - Le renvoi de François Parenteau critiqué par de nombreux auditeurs

Élections 2006


Radio-Canada ne reviendra pas sur sa décision
En mettant fin à une collaboration vieille de huit ans avec l'humoriste François Parenteau avant même que la saison ne soit terminée, Radio-Canada s'est attiré les foudres de nombre d'auditeurs qui n'ont pas manqué de faire entendre leur mécontentement à la société d'État, a appris Le Devoir.
Annoncée en catimini le 15 décembre dernier, la fin abrupte du contrat du membre des Zapartistes à l'émission Samedi et rien d'autre sur les ondes de la radio de la Première Chaîne a soulevé une levée de boucliers. Jusqu'à présent, les auditeurs ont acheminé plus de 150 plaintes au bureau des relations à l'auditoire ou à celui de l'ombusdman de la SRC.
Ces griefs ne sont pas anodins en raison de leur nombre, estime l'ombudsman des services français de Radio-Canada, Renaud Gilbert. «C'est un nombre de plaintes élevé. En général, il n'y a pas plus d'une dizaine de cas par année qui dépassent la dizaine de plaintes. On parle donc d'une réaction assez forte.» Cette année, seule la décision de déplacer le Montréal ce soir à 17h aura réussi à susciter une grogne plus forte que celle-là, avec plus de 500 plaintes, explique M. Gilbert.
Bon an, mal an, la SRC a à jongler avec un ou deux dossiers plus épineux. Cela fait en quelque sorte partie du métier, explique le chef de la promotion de la radio de Radio-Canada, James Selfe. «Chose certaine, même si les plaintes sont traitées de façon rigoureuse, la Première Chaîne ne va pas renverser sa décision, qui est finale», a-t-il confirmé vendredi au Devoir.
En effet, même si Radio-Canada «aime toujours avoir l'avis de [ses] auditeurs, [...] il y a des décisions de programmes qui doivent être prises et, ultimement, c'est ce qui en fait une radio qui connaît beaucoup de succès en terme de diversité d'opinions», a expliqué M. Selfe, qui rappelle que cette décision a été prise «afin de respecter ce que fait Samedi et rien d'autre».
Bien que les formules divergent, la majorité des plaignants condamnent la décision prise par la SRC en remettant en cause le motif évoqué pour retirer M. Parenteau des ondes, soit son style trop «éditorial et pamphlétaire». Ceux-là déplorent le fait que la société d'État ait préféré faire taire une voix discordante plutôt que de prendre le risque de faire des vagues.
Plus d'une cinquantaine des plaignants vont plus loin et n'hésitent pas à parler de censure, note M. Gilbert. Parmi ceux-là, certains reprennent à leur compte les accusations de «dérapage inqualifiable» faites par le Bloc québécois en décembre dernier.
Le Bloc avait dénoncé le fait que la SRC tolère les propos discriminatoires de Don Cherry envers les francophones et les Européens, mais prive un artiste québécois de sa liberté d'expression. Le fait que ce retrait soit survenu alors que la période électorale bat son plein n'est pas étranger à la réaction épidermique d'un certain public plus restreint qui y voit là un signe que la diversité d'opinions a été muselée.
À l'émission de Joël Le Bigot, le mandat de l'humoriste était d'analyser l'actualité avec «esprit, humour et fantaisie». Mais le comité du programme de la radio a jugé en décembre dernier que ses billets étaient trop tranchés et que son style était trop «éditorial et pamphlétaire» pour rester en ondes.
Des billets... à lire
Privé de sa voix radio-canadienne, François Parenteau n'a toutefois pas dit son dernier mot. Ceux qui appréciaient ses coups de gueule humoristiques pourront en effet prolonger ce plaisir avec la publication, le 19 janvier prochain, de Délits d'opinion : chroniques d'humeur... et rien d'autre.
Flairant la bonne affaire, Lanctôt éditeur a en effet annoncé hier la publication d'un recueil des meilleurs billets de l'humoristique diffusés lors de l'émission Samedi et rien d'autre. «Avec la publication de Délits d'opinion, Lanctôt éditeur redonne une voix à François Parenteau avant même la fin de cette campagne pour que prévale la liberté d'expression», peut-on lire dans un communiqué de presse diffusé par l'éditeur québécois.
Au nombre des sujets qui ont été retenus, on retrouve le scandale des commandites, tout comme les politiques de Jean Charest, le style de Paul Martin, la démission de Bernard Landry, la couverture médiatique entourant la candidature d'André Boisclair et bien d'autres sujets politiquement chauds.


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