Le Québec pourrait être exclu d'un éventuel cabinet Harper

Élections 2006

Ottawa - Si les Québécois veulent être représentés au sein d'un éventuel cabinet conservateur, ils devront élire des députés du PC, car Stephen Harper n'envisage pas de nommer des ministres non élus. Un gouvernement conservateur sans député dans la province pourrait donc offrir un conseil des ministres sans Québécois.
C'est la position qu'a prise le chef du PC lors d'une entrevue accordée au Point de Radio-Canada et diffusée hier soir. «On doit être élu au Parlement canadien pour être ministre», a soutenu Stephen Harper, qui était à Halifax au moment de l'entretien. Il a refusé d'aborder la question d'un gouvernement conservateur sans aucun élu au Québec, ce qui lui compliquerait la vie s'il remportait la victoire le 23 janvier prochain. «Je vais faire élire des députés au Québec, a-t-il martelé. Des gens de qualité comme Lawrence Cannon, Josée Verner, Maxime Bernier, Jean-Pierre Blackburn, Daniel Fournier [tous des candidats]... C'est dans l'intérêt du Québec d'avoir des ministres autour de la table du cabinet.»
Cette porte fermée pourrait bien empêcher des sénateurs comme Pierre Claude Nolin et Andrée Champagne de venir pallier le manque de députés de la province dans un futur cabinet conservateur. D'autres pensent qu'il pourrait toutefois changer d'avis une fois confronté aux résultats des élections. «Il a nommé Josée Verner dans son cabinet fantôme après les élections de 2004 même si elle n'a pas été élue. On peut lire entre les lignes et y voir un message. Je pense que toutes les possibilités reviendront sur la table après les élections», a soutenu une source conservatrice qui connaît bien Harper et la dynamique du caucus conservateur.
Bouclier antimissile
Lors de la même entrevue, Stephen Harper a expliqué sa position sur le controversé bouclier antimissile américain. Le premier ministre Paul Martin a tourné le dos au projet l'hiver dernier, mais le chef conservateur n'écarte pas l'idée de reprendre les négociations, précisant que la réponse canadienne ne serait pas automatiquement oui.
«Je n'ai pas pris de décision encore, parce que je n'ai pas reçu de proposition des États-Unis, a-t-il dit. J'ai demandé à M. Martin de me montrer la proposition des Américains et il a dit qu'il n'y avait aucune proposition. Ensuite, il a dit avoir rejeté cette proposition. Si les États-Unis nous font une proposition et que celle-ci est dans les intérêts du Canada, c'est mon intention d'avoir un vote libre au Parlement sur cette question. Je vais donner la possibilité au Parlement de se prononcer.»
À propos du déséquilibre fiscal, le chef conservateur n'a pas voulu avancer de chiffres précis, ni même discuter du mécanisme pour régler ce contentieux avec Ottawa, soutenant que «chacune des provinces a une idée différente» sur la marche à suivre. «Faudra voir, mais on doit régler ce problème», a-t-il souligné. Rappelons que Stephen Harper a promis une grande conférence avec les provinces pour discuter du déséquilibre fiscal.
Dans le domaine de l'environnement, Stephen Harper a rappelé sa position sur le protocole de Kyoto: pas question de s'engager à atteindre ces objectifs. «Je dis la même chose depuis longtemps. Le gouvernement libéral, qui a signé le protocole de Kyoto, est incapable de le mettre en application», a-t-il dit, rappelant que les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre du monde, comme les États-Unis, la Chine et l'Inde, n'ont pas adhéré à Kyoto.
Le leader conservateur estime qu'il est «nécessaire pour le Canada de développer son propre plan» et de «collaborer avec les provinces pour avoir un plan qui donne des résultats. Nous avons les pires résultats au monde!», a-t-il dit. Il a par contre soutenu que «c'est nécessaire d'encourager le développement d'un protocole à l'échelle mondiale».


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