PQ : de la défensive à l'attaque

Québec 2007 - Parti Québécois

Le Parti québécois fait son entrée dans le tourbillon électoral pressé de laisser derrière lui le douloureux épisode de remise en question du leadership de son chef André Boisclair. Sur la défensive depuis des semaines, le PQ entend rebondir en brandissant les thèmes de l'éducation et de l'environnement.

L'engagement des libéraux d'augmenter les droits de scolarité semble avoir donné un certain regain d'énergie au PQ, qui promet le gel. Le programme du parti ouvre même la porte à la gratuité. Pour le député Nicolas Girard, qui agit comme porte-parole de l'organisation électorale, le maintien du gel des droits de scolarité est «une approche responsable» afin d'assurer l'accessibilité aux études supérieures. Quant à la gratuité, il refuse d'aller aussi loin.
Dans l'immédiat, il s'agira surtout de mettre en pièces le bilan du gouvernement de Jean Charest. Mais l'Action démocratique du Québec est également dans la mire du PQ puisque la remontée du parti de Mario Dumont dans les sondages laisse entrevoir des batailles à trois dans la grande région de Québec et le Centre-du-Québec.
Pour M. Girard, l'ADQ n'est pas une option, avec un chef qui «change d'idées régulièrement» et dont la position constitutionnelle est «un concept flou». «Le PQ est un parti national qui est capable de faire élire des députés dans les 17 régions. [...] C'est par le Parti québécois que les citoyens peuvent se débarrasser des libéraux», soutient-il en entrevue.
Comme le note M. Girard, le PQ avait perdu onze circonscriptions par moins de 1000 voix en 2003. L'ambition est donc de mettre la main sur ces circonscriptions. Et l'organisation péquiste est fin prête pour renverser la vapeur, assure Nicolas Girard.
«On n'a jamais eu un niveau de préparation aussi élevé. Le fait que M. Boisclair ait passé un an à l'extérieur de l'Assemblée nationale pour faire la tournée de plusieurs régions afin de préparer l'organisation donne des résultats», fait valoir M. Girard.
Nicolas Girard affirme qu'il ne reste plus de trace de la récente crise. Et selon lui, la candidature du syndicaliste Marc Laviolette, qui avait fortement critiqué son chef, est «un signe qui ne ment pas». «C'est dans l'adversité que l'on sait reconnaître la force d'un leader. Je pense que M. Boisclair l'a démontré ces dernières semaines», soutient-il.
Quant à «l'équipe de rêve» promise par André Boisclair, Nicolas Girard évite d'en parler directement. Il croit toutefois que le PQ a réussi à atteindre un juste équilibre en combinant l'expérience de l'équipe déjà en place et l'expertise des nouveaux venus, comme les anciens députés bloquistes Richard Marceau et Yvan Loubier, ainsi que la notoriété du journaliste Bernard Drainville et l'épouse de Jacques Parizeau, Lisette Lapointe.
Au moment de la tenue de son conseil national électoral de la fin de semaine prochaine, le PQ aura complété 122 assemblées d'investiture. Trois circonscriptions resteront à pourvoir: Mégantic-Campton, Groulx et Montmorency.
Toutes les façons sont bonnes pour courtiser les électeurs, et en particulier la nouvelle génération d'électeurs. La semaine dernière, un site lié au PQ faisait de la publicité négative, une forme de marketing par laquelle on croit pouvoir accrocher les électeurs férus d'Internet. «Internet va être un outil important en campagne. Les jeunes utilisent beaucoup ce type de communication, alors notre formation politique va miser là-dessus», explique M. Girard.
Plus largement, la mobilisation des militants péquistes et des souverainistes, en général, apparaît comme un défi pour le PQ. En regardant de près la participation des électeurs lors des scrutins précédents, on constate la stabilité du vote favorable aux libéraux (quelque 1,7 million d'électeurs) comparativement aux hauts et bas de l'appui au PQ. Par exemple, lors des défaites, le PQ avait obtenu l'appui d'environ 1,3 million d'électeurs alors que lorsqu'il s'est hissé au pouvoir, en 1981 et en 1994 par exemple, 1,7 million de Québécois lui avaient accordé leur confiance.


Laissez un commentaire



Aucun commentaire trouvé