Pour un raciste qui se nommait Mordecai Richler

Une rue ou une place publique de Montréal pourrait éventuellement porter son nom

Richler-Amherst : les indésirables

Dans un texte portant le titre [«Une rue Mordecai-Richler?»->32217] paru en date du quatre novembre dans un journal montréalais, Gabriel Béland me faisait savoir que deux conseillers municipaux d’Union Montréal, Marvin Rotrand et Michael Applebaum, ont transmis une demande en ce sens au service de toponymie de la ville.
On peut lire dans le texte de M. Béland que «C’est une bonne idée» selon le fils de Mordecai, Noah Richler, qui est écrivain et qui partage tellement l’amour de son père pour Montréal, qu’il vit à Toronto. Noah a dit «espérer que les conseillers vont avoir le courage» de porter ce projet jusqu’au bout. «Je sais que plusieurs seraient choqués qu’une rue porte le nom de mon père. Mais, ces gens-là n’ont probablement pas lu son œuvre, ou entretiennent du ressentiment à cause de ce que d’autres personnes ont dit de lui». Toutefois, Noah ne tient pas absolument à ce qu’une rue soit renommée, précisant qu’une simple plaque au 5257, rue Saint-Urbain, indiquant que son père y a vécu, serait suffisante.
M. Béland cite ensuite Jean-François Lisée qui aurait avancé que

«C’est un très grand auteur québécois (sic) qui a, dans ses essais, dit des choses abominables sur le Québec», en ajoutant que «Je pense qu’on doit reconnaître la grande qualité de son œuvre (double sic) et je n’aurais aucune objection à ce qu’il y ait une rue Mordecai-Richler à Montréal. Au contraire, je trouverais ça normal».

Dans une entrevue avec Christiane Charette diffusée le 31 mars 1992, M. Lisée avait déclaré ce qui suit au sujet de cet auteur haineux:
«Vraiment, le mépris qu’il a pour les Québécois et pour les faits, qui dégouline de chaque page, m’a fait mal, en tant que Québécois, en tant que nationaliste au sens large, comme Gilles Loiselle ou Claude Castonguay peuvent l’être, en tant que journaliste, aussi en tant qu’auteur. La malhonnêteté intellectuelle avec laquelle il joue avec les faits, il fait des comparaisons qui sont absolument inacceptables. Ça m’a donné un mal de tête de lire ce livre là. Ça m’a empêché de dormir.
Et, je me suis dit qu’il faut que quelqu’un, ici au Québec, évidemment on sait qu’il exagère, mais il faut que quelqu’un le dise au Canada anglais.[...] Il ne réalise pas le tort qu’il cause et le chagrin qu’il a provoqué chez un certain nombre de Québécois et comme il l’avait fait avec René Lévesque en le traitant faussement de nazi en pensant, dans l'«Atlantic» en 76 ou 77, en disant qu’il avait une chanson nazi comme chanson thème. Ce que j’ai appelé dans mon livre, «Dans l’œil de l’aigle», le plus grand chagrin de René Lévesque de se faire appeler un antisémite aux États-Unis qu’il aimait tant. Alors, ça c’est clair qu’il n’est pas conscient du chagrin qu’il cause.
Mais, écoutez, c’est quand même quelqu’un de très intelligent. [...] Il a décidé que, dans sa tête, que les Québécois étaient une société antisémite, xénophobe et probablement raciste. Et il a décidé de le prouver. Je lui ai dit dans le débat: M. Richler, vous êtes paranoïaque, et je le crois. Quelqu’un qui entend ou lit que le PQ a une chanson nazi comme chanson thème, qui le croit et qui l’écrit. Quelqu’un qui lit dans un sondage complètement ridicule que 70% des Québécois sont hautement antisémite, qui le croit et qui l’écrit, c’est quelqu’un qui est très paranoïaque.[...]
Écoutez, il n’y a aucun doute, Mordecai Richler, comme beaucoup de membres de la communauté juive, québécoise, a été victime de discrimination et d’antisémitisme de la part des francophones et des anglophones, dans les décennies passées. Lui, dans les années 30 et 40, il y était. Il était à Sainte-Agathe. Il a vu les panneaux qu’il y avait sur les poteaux de téléphone qui disaient en français: «Les juifs ne sont pas bienvenus dans notre ville canadienne-française». Puis, en-dessous, c’était écrit en anglais: «Jews are not welcome, scram when the going is good». Alors oui, il a vécu ça. Il a vécu cet antisémitisme.
Et à l’époque, il est vrai, moi, Lionel Groulx, jamais je le défendrai, c’était un antisémite, c’est vrai. Henri-Bourassa et André Laurendau ont écrit des choses antisémites et ensuite ils ont fait ce qu’on dit en yiddish un «aliyah», c'est-à-dire qu’ils se sont rendus compte de leur erreur et ensuite ils sont devenus des amis de la communauté juive. Et c’est particulièrement malhonnête, de constamment les citer alors qu’ils ont changé d’avis depuis et qu’ils ont été des grands défenseurs des droits de l’homme et des droits des juifs au Québec. Bon.
Alors, je comprends que M. Richler ait été peiné personnellement par cet antisémitisme. Il a quitté le Québec pendant une vingtaine d’années et il est revenu il y a quelques années et il a trouvé une société où les anciennes bonnes et les anciens chauffeurs d’autobus sont devenus les maîtres. Et là il a eu un genre de réaction de rejet. Et il s’est dit: ces gens là sont des nationalistes. Dans mon passé, les nationalistes étaient entre autres antisémites. Donc ces gens là sont probablement antisémites. Et c’est ce genre d’équation qu’il a dans sa tête et il veut pas en sortir. Et c’est dramatique pour nous, parce que, à cause de sa notoriété, il est lu, il est cru, aux États-Unis et en Angleterre».

***
Dans un premier temps, dire que Mordecai Richler aurait été un auteur québécois relève de la fantaisie. Ça serait plus précis de faire remarquer que M. Richler était un raciste paranoïaque caractérisé par une manie anti-québécoise. C’est également pousser un peu loin que de prétendre que ça serait normal qu’on nomme une rue en son honneur. Mordecai Richler était un écrivain anglophone d’origine juive, un «montrealer» plus à l’aise à Londres et à New-York que dans sa ville natale.
Par ailleurs, ce qui rend cette entrevue de 1992 de M. Lisée un peu plus intéressante, quant à moi, c’est qu’il fait le lapsus suivant: «des grands défenseurs des droits de l’homme et des droits des juifs au Québec». On le sait bien, les droits de l’homme se distinguent des droits des juifs. Parlez-en à Yves Michaud ou à un Palestinien de votre choix.
J’aimerais conclure en rappelant qu’Alfred Adler a déjà expliqué que sous-estimer ou sur-estimer un genre était révélateur d’un désordre psychique, tel une névrose. On peut se servir de ce principe autant pour les nationalités ou les races humaines que pour les genres.
Daniel Sénéchal
Montréal


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7 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    29 janvier 2015

    Un gars qui traite nos grands mères de TRUIE mérite vraiment d'avoir un monument ou une rue???
    Hitler aussi à été populaire et ce n'est pas une raison pour lui élever un monument ou de nommer une place en son nom? Que Toronto le fasse ça ne me dérange pas.

  • Claude Boulay Répondre

    8 novembre 2010

    À tout conseiller municipal qui serait tenté de nommer une rue de Montréal en l'honneur de Mordecai Richler, je conseillerais de lire d'abord mon livre "Mordecai Richler, chevalier servant de l'impérialisme canadian". Question de voter en connaissance de cause. Sur demande, je lui ferais parvenir un exemplaire gratuit.

  • Jean-Yves Durocher Répondre

    8 novembre 2010

    Contrairement à tous ceux qui disent être contre une reconnaissance de Richler en le traitant de raciste et lui refusant d'être Québécois, je vais dire que Richler a choisi d'être Québécois en y retournant vivre à la fin des années soixante alors qu'il pouvait facilement demeurer partout dans le monde.
    Vous dites raciste, je dis ignorant et pas tellement heureux de le constater à la fin de sa vie. Son testament littéraire "Barney's Version" publié en 1997 l'explique dans une fatalité brutale dans ses dernières lignes, ou Brney (Richler lui-même) se réfugie chez sa secrétaire séparatiste.
    Pour ce qui est de la reconnaissance, elle peut attendre ou se limiter à une quasi ruelle, comme la rue Yves Thériault qui mérite beaucoup mieux.
    Mais une place publique, sur le Plateau qui honorerait les trois écrivains du Plateau, Richler, Tremblay et Beauchemin serait une idée intéressante.
    D'ailleurs, un des deux derniers derniers pourraient-ils retraduire Richler, les versions françaises sont horribles à lire.

  • Gaston Boivin Répondre

    6 novembre 2010

    Et pourquoi pas avec cela un monument en prime?!
    C'est ça Baptiste, mon bonasse, faudrait maintenant que tu honores celui qui a laissé entendre que nos mères et nos grands-mères étaient des truies et qui a injustement, de façon insidieuse et odieuse, outrageusement sali la mémoire du chanoine Lionel Groulx en nous le présentant comme celui qu'il n'était pas .

  • Archives de Vigile Répondre

    6 novembre 2010

    Faut être babylingue pour signer :
    http://www.gopetition.com/petition/40303/sign.html
    Et on a pas vu encore la signature de JF Lisée qui semble porter une veste.... réversible :
    http://www.gopetition.com/petition/40303/signatures-page1.html

  • Archives de Vigile Répondre

    5 novembre 2010

    À quand, la rue Adolf Hitler?

  • Archives de Vigile Répondre

    5 novembre 2010

    Je crois que le nom d'une rue symbolise la collaboration de la nation vers le chemin de sa reconnaissance et de son dévellopement.
    Mordecai Richler représente la haine et le rejet de cette société et donc n'a pas sa place sur les noms des chemins de la nation québécoise.
    Son nom serait parcontre bienvenu pour l'identification d'un virus ou d'une bactérie nocive à notre environnement, par exemple.