Pierre Paradis s'oppose au projet du Mont-Orford

Mont Orford


Après Thomas Mulcair, c'est au tour d'un autre ancien ministre de l'Environnement, Pierre Paradis, d'exprimer publiquement son opposition au projet de vente de terrains dans le parc du Mont-Orford au secteur privé.
«Je ne peux pas souscrire à ce projet, tel qu'il se présente», a dit M. Paradis vendredi au cours d'un entretien accordé à La Presse Canadienne.
Engagé sur un champ de mines, le gouvernement doit poser le geste qui s'impose dans les circonstances et renvoyer tout le dossier à l'examen du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), croit le député de Brome-Missisquoi.
Il y a «un paquet de raisons» pour retourner ce dossier à la table à dessin, a-t-il estimé.
«La première raison, c'est que le projet n'est pas légal. Avant de modifier des lois, il faut prendre le temps d'examiner toutes les options», a-t-il dit.
Ancien ministre de l'Environnement sous Robert Bourassa et Daniel Johnson, le député avait opposé son veto à un projet de privatisation au Mont Orford, comme affirme l'avoir fait Thomas Mulcair peu avant son éviction du conseil des ministres le 28 février.
M. Mulcair a-t-il été limogé en raison de son opposition au projet ? Le député reste prudent. «C'est sa version. Il est très plausible qu'il y ait eu de fortes pressions exercées au ministère», a-t-il dit.
Chose certaine, si ce qu'avance le ministre évincé est vrai, son successeur au Développement durable, Claude Béchard, «n'a pas eu grand temps pour étudier le projet», a souligné M. Paradis.
De plus, ce dossier délicat et controversé n'a même pas fait l'objet d'un débat au caucus des députés, a-t-il soutenu.
«Le caucus ne s'est jamais prononcé sur ce projet là (...) La sagesse commande que l'on associe les députés aux décisions», a fait remarquer M. Paradis.
En outre, le député est loin d'être convaincu que la vente des terrains aura un effet de levier sur le développement économique de la région des Cantons-de-l'Est comme le fait miroiter le gouvernement.
«Qui dit vente de terrains, dit construction de condos. Avec un taux d'inoccupation de 50 pour cent à Magog, je ne vois pas l'avantage d'ajouter de la compétition. Il y a bien des gens d'affaires qui commencent à se poser des questions», a-t-il affirmé.
De l'avis de M. Paradis, la région des Cantons-de-l'Est trouvera davantage son compte si elle mise sur l'écotourisme plutôt que de succomber à la tentation de «faire du cash plus vite».
Du reste, le député se demande bien comment le gouvernement parviendra, tel qu'il le prétend, à doubler la superficie du parc national.
«Doubler la superficie ? Je suis bien content mais comment va-t-il s'y prendre ? Et avec la collaboration de qui ?», a-t-il lancé, faisant remarquer qu'un gouvernement qui claironne sa volonté de faire des acquisitions s'expose à la spéculation.
«En tout cas, une telle annonce ne fera pas baisser le coût des terrains», a-t-il dit.


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