Option Canada

Deux députés libéraux contredisent Jean Charest

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Contrairement à ce prétend Jean Charest, l'existence et les activités du groupe occulte Option Canada étaient très bien connues des acteurs du camp du Non en 1995, ont soutenu, aujourd'hui, deux députés libéraux.
Sans être «ni président, ni vice-président» de la campagne référendaire en 1995, le député Pierre Paradis connaissait fort bien l'existence de l'organisme pro-fédéraliste, qui était doté d'une caisse secrète de plus de cinq millions de dollars.
«J'était le leader sur le plan parlementaire, j'avais des conversions avec des gens d'Ottawa dans le cadre du comité du Non et je savais qu'il y avait une organisation qui existait», a-t-il dit aux journalistes à l'entrée d'un caucus des députés libéraux à Québec.
Les propos du député de Brôme-Missisquoi jettent le doute sur les affirmations de Daniel Johnson et Jean Charest, respectivement président et vice-président du comité du Non en 1995, qui ont tous deux nié avoir été mis au courant des activités d'Option Canada.
M. Paradis n'est d'ailleurs pas le seul député à soutenir que l'existence d'Option Canada était plutôt bien connue.
«Un secret? Je ne sais pas où vous prenez ça! Option Canada, ils en parlaient tout partout», a avoué sans ambages son collègue whip en chef du parti ministériel, Norman MacMillan.
Sentant la soupe chaude, le député a par la suite tenté de nuancer son propos, affirmant qu'il n'avait pas, personnellement, été mis au courant des activités du groupe pendant la campagne référendaire.
Reste que les dépenses occultes d'Option Canada destinées à mousser le fédéralisme n'indisposent d'aucune façon M. MacMillan.
«C'est pas si grave qu'on pense, a-t-il fait valoir. Ces gens-là ont défendu le Canada. Ils ont bien fait! Ils ont été payés, comme ceux de l'autre côté (le camp du Oui) et je n'ai pas de problème avec ça.»
Aux yeux du député de Papineau, les montants dépensés par Option Canada n'ont rien d'astronomiques, si l'on tient compte des sommes consacrées à la souveraineté par le gouvernement péquiste de l'époque.
«Eux (les souverainistes) ont dépensé 25 millions $ avant (le référendum). Tous les attachés politiques ont été payés pendant ce référendum et l'on n'en parle pas (...) Qui sont les criminels? Qui sont les bandits?», a-t-il lancé d'un ton enflammé.
Le premier ministre Jean Charest, qui devait prendre un vol aujourd'hui en direction de l'Inde pour une mission commerciale et institutionnelle, n'a pas commenté les propos de MM. Paradis et MacMillan.
Néanmoins, l'attaché de presse de M. Charest, Hugo D'Amour, a tenu à lancer une flèche à l'endroit du député Paradis.
«M. Charest est formel, il n'a jamais été mis au courant de l'existence d'Option Canada. Alors si M. Paradis connaissait les activités du groupe, pourquoi ne l'a-t-il jamais dit avant?», a-t-il déclaré en entrevue téléphonique.


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