Pas certain que le français sera au coeur du sommet de la Francophonie à Québec

XIIe Sommet de la Francophonie - Québec du 17 au 19 octobre 2008



Québec - Rien n'assure que la langue française soit au coeur du thème du douzième sommet de la Francophonie, qui aura lieu à Québec du 17 au 19 octobre 2008. C'est ce qu'a révélé au Devoir hier la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, quelques jours avant l'arrivée au Québec du secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf. Les sommets, qui ont lieu tous les deux ans, sont toujours axés sur un thème central. En 2006, à Bucarest, on avait traité des «technologies de l'information dans l'éducation».
Plusieurs croyaient que pour celui de Québec, qui coïncide avec le 400e anniversaire de fondation de la capitale nationale, «berceau du fait français en Amérique du Nord», un thème comme «le français au XXIe siècle» s'imposerait. «Pas nécessairement, pas nécessairement», a toutefois insisté la ministre hier, soulignant que pour l'instant, «il n'y a absolument rien d'arrêté». «Actuellement, on échange, on rencontre, on fait des consultations.»
Solidarité
Mme Gagnon-Tremblay a souligné que M. Diouf n'a d'ailleurs pas encore été consulté. «Il faut aussi que tout le monde se sente à l'aise avec le thème» et que celui-ci ait un lien «avec celui du dernier sommet». Selon nos sources, des pays souhaiteraient opter pour les thèmes de la «solidarité» ou de la «coopération».
La visite de deux jours de M. Diouf, ancien président du Sénégal, aura d'ailleurs pour thème «la solidarité, une des assises de la Francophonie». Lundi à Montréal, il prononcera au Forum économique international des Amériques une allocution intitulée «Mondialisation et solidarité économique».
Mais pour le Parti québécois, il serait inconcevable qu'on évite la question «centrale» de la langue. Le critique péquiste en la matière, Pierre Curzi, craint qu'on s'arrête sur un thème «tarte aux pommes» comme la «solidarité». À ses dires, «le vrai sujet qui s'impose, ici au Québec mais aussi partout dans le monde, c'est celui du français, de sa présence, de son rôle, de son avenir comme lieu de rassemblement, le français comme pilier de ce qu'on appelle la diversité». Ancien président de l'Union des artistes, M. Curzi a milité pour l'adoption d'une convention internationale sur la diversité culturelle. Il annonce qu'il tentera, la semaine prochaine, de «faire comprendre» au gouvernement qu'il doit militer pour que «la langue française dans la mondialisation et la diversité» soit le thème du sommet à Québec en 2008.
Financement
Un des sujets abordés lors de la visite de M. Diouf sera le financement de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Le Canada fournit environ 20 % du budget de l'OIF. La portion de la France s'élève à quelque 70 %. Plusieurs croient que le Canada, «plein de fric», comme l'a récemment dit l'ancienne ministre péquiste Louise Beaudoin, devrait donner davantage à l'OIF.
Québec, Ottawa et le Nouveau-Brunswick ont dévoilé hier à Québec le protocole d'entente signé le 29 mai et qui les lie dans la préparation du sommet. Québec et le fédéral y consacreront 16 millions chacun. Quant au Nouveau-Brunswick, il investira 750 000 $. Ottawa se chargera de la sécurité, dont le coût est évalué à 30 millions.
Tenu à Québec en 1987, le deuxième sommet de la Francophonie avait coûté 11 millions (en dollars de l'époque). 40 chefs d'État y avaient participé. En 2008, on attend 68 délégations et environ 5000 personnes. Hier, la ministre fédérale responsable de la Francophonie, Josée Verner, a argué que de tels événements ont des retombées économiques considérables. Celles du sommet de Moncton, en 1999, ont été évaluées à 78 millions.


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