On fait descendre les soldats de leurs tanks pour vérifier s'il y a des mines ?

L'officier qui oublie de suivre sa conscience, laquelle conscience doit devenir de plus en plus compétente et responsable, risque de se retrouver devant un tribunal accusé de crimes de guerre.

Tribune libre 2009


Je viens d'apprendre avec horreur que les soldats canadiens qui se tuent sur les mines en Afghanistan ont préalablement débarqué de leurs chars de combat pour parcourir le terrain à pieds, sans aucune protection ni défense, ni même de précaution préalable pour faire sauter d'avance les mines avant de passer dessus.

C'était, selon les autorités, le seul moyen de savoir s'il y avait des mines dans le secteur. Cynique au dernier degré mais, ancien officier d'infanterie de l'Armée Canadiene, cela ne me surprend pas.

À la première guerre mondiale, des porcs ont été envoyés dans les champs de mines avant de faire passer les soldats. Pendant la seconde, les Anglais avaient inventé un système de roues à chaînes pour faire sauter les mines avant que personne ne passe dessus.

Ces événements qui impliquent des soldats des Canadian Armed Forces n'ont rien de nouveau. Je pourrais vous écrire des livres d'horreur sur l'histoire de l'Armée Canadienne, dans laquelle j'ai servi pendant 28 ans, depuis le statut de simple cadet, à celui d'aspirant officier, puis celui d'officier d'infanterie et parachutiste et finalement, d'officier d'état-major.

Pendant la campagne d'Italie entre 1943 et 1944, les soldats du 22e et des autres régiments devaient marcher à travers les champs de mines. Débrouillez-vous comme vous pouvez pour les éviter.

Ces témoignages d'horreurs attribuables aux stupidités du commandement et des politiciens sont soigneusement cachés dans les chroniques officielles de guerre.

Pour le savoir, je l'ai appris des vieux sergents qui ont fait ces campagnes et qui ont survécu malgré tout. Ce sont eux qui m'ont instruit dans mes cours de formation pour devenir officier et ils savaient que j'en tiendrais compte une fois devenu officier.

Quant à l'instruction dispensée par des officiers en majorité anglophones, à la Royal Canadian School of Infantry au camp Borden en Ontario, elle nous transmettait le langage de la servilité et de la soumission inconditionnelle aux ordres.

Devenu officier, j'ai fait à ma tête, souvent en désobéissance flagrante aux ordres. Résultat : Ici comme en Europe, en Afrique et en Asie, je n'ai subi aucun mort ni blessé. (Sauf notre fils aîné, tué accidentellement au cours d'un tremblement de terre en Afrique Équatoriale ) J'ai conduit beaucoup d'exercices et de manoeuvres aux armes vives, comprenant carabines, mitrailleuses, mortiers et canons, chargés à bloc, pour de vrai si vous préférez. Quant aux déploiements nécessaires en zone de guerre à Chypre, je n'ai perdu personne non plus. J'ai perdu un enfant mais je n'ai pas perdu les enfants des autres.

Le gouvernement tolérait des pertes de 7% sans problème, tant en manoeuvre que dans les zones de guerre. J'ai fait à ma tête et je n'ai subi aucune perte, ni morts ni blessés. En contrepartie, je suis devenu maniaque de précautions sécuritaires et mes enfants me l'ont reproché.

Lorsque j'ai pris ma retraite, j'ai pu quitter la conscience tranquille, sachant qu'aucune famille d'anciens soldats ne chercherait à se venger, puisqu'ils étaient tous vivants et en bonne santé. Même ceux et celles à qui j'ai imposé des sanctions disciplinaires. Comme Sun Tsu, j'ai pris toutes les précautions pour que personne ne subisse la moindre injustice, même lorsqu'ils avaient été pris en flagrant délit d'une offence contraire au code de discipline. Je me suis limité à un avertissement ou une amende. Je n'en ai envoyé qu'un seul en détention:il avait volé une grosse somme à ses camarades et je ne pouvais le retourner les rejoindre, sachant ce qui allait arriver.

Il n'est écrit nulle part qu'un soldat doit quitter l'armée blessé, fou ou malade, ou encore les pieds devants vers une tombe dans le cimetière.


J'ai fait d'autres coups abominables comme tuer des expéditions dans l'oeuf en publiant les documents secrets à la une dans les journaux. Personne n'a osé me mettre en cour martiale. Ce n'est pas parce que je suis plus fin que les autres mais à cause des Procès de Nüremberg qui ont suivi la seconde Guerre mondiale. J'en avais étudié la teneur, ce qui est très important pour tout militaire en service et je savais d'avance ce que je pouvais faire ou ne pas faire avec les ordres.

Ces procès ont conclu que l'officier chargé de conduire des troupes doit suivre sa conscience et non les ordres lorsque les ordres et la direction ne tiennent aucun compte de la réalité, de la situation réelle vécue dans les zones de combat et immédiatement derrière.

L'officier qui oublie de suivre sa conscience, laquelle conscience doit devenir de plus en plus compétente et responsable, risque de se retrouver devant un tribunal accusé de crimes de guerre.

Je travaille à la préparation de l'armée de défense du Québec, comme vous le savez et j'y travaille depuis au moins 40 ans car ce genre d'entreprise exige beaucoup de temps, de détermination et de patience.

L'Armée de Défense du Québec ne sera pas un décalque des Canadian Armed Forces. Une milice territoriale de défense nationale pour le Québec est en train de s'organiser sous la direction déterminée de Serge Provost et sa compétence augmente d'année en année.

Notre but: La dissuasion. Ce but, nous commençons à l'atteindre. J'ai fait et je continue de faire le nécessaire pour maintenir et accroître sa crédibilité et nous allons y arriver. Même la police nous fait confiance et la GRC ne nous dérange pas. Personne ne peut s'opposer à un travail compétent et soigné.

Nous devons et nous allons poursuivre afin de doter le Québec d 'une organisation de défense originale, économique et potentiellement efficace en cas de besoin.

JRMS

Featured 751d93ca198caacf4590a022022f5bc8

René Marcel Sauvé217 articles

  • 249 794

J. René Marcel Sauvé, géographe spécialisé en géopolitique et en polémologie, a fait ses études de base à l’institut de géographie de l’Université de Montréal. En même temps, il entreprit dans l’armée canadienne une carrière de 28 ans qui le conduisit en Europe, en Afrique occidentale et au Moyen-Orient. Poursuivant études et carrière, il s’inscrivit au département d’histoire de l’Université de Londres et fit des études au Collège Métropolitain de Saint-Albans. Il fréquenta aussi l’Université de Vienne et le Geschwitzer Scholl Institut Für Politische Wissenschaft à Munich. Il est l'auteur de [{Géopolitique et avenir du Québec et Québec, carrefour des empires}->http://www.quebeclibre.net/spip.php?article248].





Laissez un commentaire



8 commentaires

  • Archives de Vigile Répondre

    7 août 2009


    Voici le titre et l'auteur du deuxième ouvage recommandé.
    L'auteur est Denis Morrisset
    Le titre: Nous étions invincibles.
    Morisset à été entraîné et a servi comme commando.
    Il raconte son histoire.
    En quittant, il était un homme détruit. Il est présentement
    détenu à la prison de Donnaconna.
    Je vous recommande de lire ce livre mais préparez-vous
    à pire qu'au cinéma.
    JRMS

  • Archives de Vigile Répondre

    7 août 2009

    Manuel Castells
    Sociologue américain d'origine espagnole (1942 +) :

    « Internet est le produit d'une combinaison unique de stratégie militaire, de coopération scientifique et d'innovation contestataire. »

  • Archives de Vigile Répondre

    6 août 2009


    Monsieur Bertrand,
    Lisez ou relisez les animaux malades de la peste de Lafontaine et vous comprendrez ce qui arrive.
    En position de force, tous les crimes d'État sont permis et même récompensés.
    En position de faiblesse, la moindre incartade est sévèrement punie.
    Entre les deux existent de multiples contextes et situations.
    Salutations
    JRMS

  • Archives de Vigile Répondre

    5 août 2009

    Monsieur Sauvé,
    Vous nous écrivez :
    Ces procès ont conclu que l’officier chargé de conduire des troupes doit suivre sa conscience et non les ordres lorsque les ordres et la direction ne tiennent aucun compte de la réalité, de la situation réelle vécue dans les zones de combat et immédiatement derrière.
    L’officier qui oublie de suivre sa conscience, laquelle conscience doit devenir de plus en plus compétente et responsable, risque de se retrouver devant un tribunal accusé de crimes de guerre.

    La procédure pour les accuser de crimes de guerre ? d'actes criminels ?
    Vous pouvez nous informer ?

  • Archives de Vigile Répondre

    5 août 2009

    Combien de nos soldats ont sautés sur des mines ? 5, 8, 10 ? Et ils continuent à faire cela de la même façon ? Ça devient une action criminelle pour les responsables d'agir de la sorte.

    La société ne doit pas permettre des actes CRIMINELS se dérouler sans réaction de la part de la population et des autorités civiles.

    Les soldats doivent obéir à des directives hiérarchiques de commandements. Il y a des limites qui ne peuvent être atteintes.

    Les médias font tout un plat parce qu'un enfant a conduit une voiture à 40km/h sur une route déserte. Ils ont fait tourner la boucle encore et encore.
    Qui donc prend la défense des soldats qui meurent sous nos yeux pour des irresponsabilités hiérarchiques qui ont des conséquences néfastes ?
    Individuellement et collectivement, ces dirigeants de toute la hiérarchie sont criminellement responsables des décisions qu'ils prennent. Comme s'il n'existait aucun moyen autre que l'être humain pour découvrir des mines !
    Les parents, les amis, les conjoints, les conjointes doivent s'organiser pour questionner les façons de faire des dirigeants. Un organisme représentatif des soldats, un syndicat des jeunes soldats. Cela devient une nécessité actuelle.
    Lisent-ils les journaux ? Lisent-ils que les messages acceptés et déterminés par les autorités militaires ?
    Et ces jeunes soldats, ont-ils des droits ? Ils sont au service de l'armée qui les utilise pour leurs propres fins. Ils obéissent aux ordres. Et comme un soldat est venu nous l'affirmer en réponse à un message sur facebook . Ils reçoivent des ordres. Ils obéissent. POINT FINAL.
    Ils meurent parce qu'ils aiment faire le travail dans l'armée et obéir aux ordres. ILS AIMENT LEUR TRAVAIL. POINT FINAL.
    Belles responsabilités. Bel avenir ! Ces jeunes de 22 ans, de 21 ans qui viennent de mourir suite aux ordres CRIMINELS de supérieurs imbus de leurs pouvoirs de commandements étaient des cadets depuis quel âge ? 12 ans, 15 ans, 16 ans ? Ils sont instruits -- drillés -- pour accepter des ordres et satisfaire aux besoins des ordres. Combien de fois se sont-ils soumis aux ordres depuis leurs 12 ans, 15 ou 16 ans ? Ils n'ont qu'un modèle à suivre. Celui de satisfaire aux commandements hiérarchiques.
    En conséquences, cette façon de faire d'instruire, de former les cadets doit être remise en question.
    Les actes CRIMINELS de commandements alors que ces jeunes ont 22 ans sont acceptés volontairement puisque jeunes cadets, ils ont été formés et instruits et éduqués pour répondre aux exigences de l'armée de LEUR CANADA. Ils ont agi comme cela depuis 5 ans, 8 ans, 10 ans avant. Et personne n'est venu leur dire qu'ils avaient des droits fondamentaux aussi valables que les droits fondamentaux des Afghans pour lesquels ils sont appelés à défendre.
    Ce qui est bon pour les étrangers, doit être bons pour nos propres enfants -- depuis qu'ils sont cadets -- jusqu'à devenir soldats sur un champ de bataille.
    Le droit de servir est une chose. Le droit de servir comme démineur est une autre chose.
    Des criminels sont à l'oeuvre dans l'armée du Canada.
    Une enquête doit être faite sur l'ensemble de la formation de nos cadets depuis le moment qu'ils deviennent cadets jusqu`à leurs services militaires sur les endroits de batailles ou de services militaires.
    Ces jeunes ont besoin de notre aide. C'est notre devoir de prendre position officiellement.

  • Archives de Vigile Répondre

    5 août 2009

    Bonjours M.Sauvé
    Durant la seconde guerre mondiale, il y a eu des bataillons complets venus de l'Ecosse et de l'Irlande qui se joints à l'armée canadienne pour aller prêter main-forte en Europe contre les Allemands, ce qui réduisait les chances des "Canadiens-français" de se faire parler en français par leurs supérieurs.
    Comment se fait-il encore aujourd'hui qu'on entende des cornemuses lors des rapatriements des dépouilles de soldat "canadiens" québécois morts au combat en Afghanistan?
    Ne sommes-nous pas une Nation reconnue avec des chants biens de chez-nous pour ce genre de circonstance?

  • Archives de Vigile Répondre

    5 août 2009


    Il existe deux livres de ce genre:
    Le premier:
    Auteur: Martin Petit

    Titre: Quand les cons sont braves
    J'ai oublié l'autre, qui a servi comme commando. Je vais
    le trouver pour vous. Celui-là est en prison à Donnaconna
    sans doute pour avoir perdu les pédales une fois revenu
    dans la vie civile.
    Comme solution préliminaire à ce problème d'envergure,
    je recommande que les Forces Armées soient syndiquées.

    Des soldats syndiqués, celà vous surprend ?
    Les Scandinaves sont syndiqués depuis longtemps.
    Maintenant les Hollandais et les Allemands.
    Les Hollandais
    sont en Afghanistan eux aussi et voyez la différence.
    En 1939, lorsque la Russie a envahi la Finlande, les
    combattants finlandais étaient syndiqués. Pas question de
    grève à la guerre mais des conditions "de travail"
    convenables. Par exemple: Huit heures par jour au combat.
    Nos soldats peuvent demeurer des semaines dans les zones
    de combats avant d'être relevés, "fatigués, épuisés ou
    non".
    Les Forces de Défense du Québec souverain seront syndiquées.
    Ceci aura des conséquences sur les autres armées des pays
    d'Amérique du nord.
    JRMS

  • Jean-François-le-Québécois Répondre

    5 août 2009

    Je crains que nous ne devions nous poser de sérieuses questions en rapport avec la compétence des actuels officiers formés à Kingston...
    Les soldats n'ont-ils pas certains droits? Comme celui de ne pas mourrir bêtement et inutilement à cause d'un ordre d'aller marcher sur un terrain miné, comme si c'était un jeu, avec une consigne du genre, «...ben, si l'un des gars saute, on saura où exactement il y avait une mine...»
    Il y a un ex-soldat canadien, dont le nom m'échappe, hélas, qui a écrit un livre sur ses expériences en tant que Casque bleu, et comme combattant pour l'OTAN, aussi. Il a effectivement parlé d'un exercice de ce genre... Ainsi que du genre de séquelles que cela implique!
    Incroyable, quand même!
    Serait-il possible d'enquêter, pour savoir si les militaires québécois, plus souvent que les autres, sont affectés à ce genre de «tâche»? Ce que nous risquerions de trouver comme réponse, me fait déjà craindre le pire!