Me Guy Bertrand acclamé à l’école secondaire Louis Riel

Tribune libre - 2007

Les organisateurs de la vigile annuelle célébrant le patriote Louis Riel
ne pouvaient tomber mieux que sur Me Guy Bertrand pour enflammer quelques
centaines d’étudiants du secondaire dans le magnifique amphithéâtre de leur
école sise dans le quartier Louis Riel, à proximité de la rue et du parc
aussi nommés à la mémoire de ce héros métis.
Même dans l’est de la métropole, ces très modernes jeunes, affichent un
métissage assez varié. Ils paraissaient se payer un peu la tête (blanche)
de la petite troupe de porteurs de fleurdelysés pour une section Louis-Riel de
la SSJB qui ont marché quelques coins de rue pour atteindre leur école où
Me Bertrand allait leur adresser la parole. A chaque présentation des
dignitaires présents, ils ont spontanément manifesté d’une façon si
énergique qu’on pouvait y soupçonner une forme de dérision. Même à la
présentation de l’orateur encore dans la salle, l’ovation devint
inquiétante quand ils ont commencé à scander : Hu-et, Hu-et, Hu-et,
acclamation qui, après vérification ne peut être plus favorable dans les
circonstances.
Ces étudiants vivent dans une école où Louis Riel est mis à l’honneur,
d’abord par son nom officiel, puis par une plaque de cuivre résumant sa
vie, une mosaïque en vitrine et un superbe bas-relief en bois coloré sur un
mur du grand corridor où le souvenir de la présence des participants a été
immortalisé par les photographes. C’est dire que les jeunes ne sont pas
tombés des nues devant l’extrait du film où Me Guy Bertrand personnifiait
le héros du jour lors de son infâme procès pour trahison. Mais ils ont
fréquemment manifesté leur approbation aux moments précis où les talents de
l’orateur font monter l’émotion pendant le plaidoyer du condamné autant que
lors d’un rappel d’émission télévisée où il chante la bravoure des
Patriotes Riel et Chénier au gibet, qui étaient chacun « seul dans la
mort… »
Talent d’orateur, dis-je, le lien se fit directement de « Riel est
vraiment un héros! » à « Mais vous aussi, jeunes gens, vous pouvez être des
héros » Pour les amener doucement à leur période de questions, il a résumé
les grandes lignes de sa récente publication : « Pour la survie du Québec
français, guide d’accès à l’indépendance. » qu’il présente au salon du
livre ce samedi. Frappant l’imagination de cet auditoire tout francophone,
il démontre la vague de la langue anglaise qui pourrait noyer la ville dans
la décennie qui vient. Il insiste sur le fait que le français peut être
protégé par des loies mais qu’il peut surtout l’être par chacun de nous.
Comment faisons-nous cela? En apprenant bien notre langue de façon à la
parler correctement, évitant ce qu’il a décrit avec force exemples, le
JARGON québécois, provocant l’hilarité (jaune, peut-être) de cette belle
jeunesse attentive et prompte à lui servir des salves d’applaudissements
qui provoquaient toujours chez Me Bertrand son large sourire communicatif.
A la grande joie de tous, ce public légèrement suspect au départ a
progressivement suivi le crescendo de passion de l’orateur lorsqu’il nous a
prévenus du danger de l’extinction du français en Amérique, semblable à une
espèce vivante qui meurt, jusqu’à son point culminant affirmant que le seul
moyen de contrôler toute cette question est de réaliser l’indépendance du
Québec! Ovation bruyante, soutenue, ponctuée d’interjections diverses
propres aux grands rassemblements sportifs.
Souhaitons qu’ils maintiennent la flamme jusqu’à leur premier vote!
Et que Me Bertrand se fasse aussi inviter dans les chambres de commerce!
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --

Squared

Ouhgo (Hugues) St-Pierre196 articles

  • 147 061

Fier fils de bûcheron exploité. Professeur retraité d'université. Compétences en enseignement par groupes restreints, groupes de réflexion, solution de problèmes. Formation en Anglais (Ouest canadien), Espagnol (Qc, Mexique, Espagne, Cuba), Bénévolat latinos nouveaux arrivés. Exploration physique de la francophonie en Amérique : Fransaskois, Acadiens, Franco-Américains de N.-Angl., Cajuns Louisiane à BatonRouge. Échanges professoraux avec la France. Plusieurs décennies de vie de réflexion sur la lutte des peuples opprimés.





Laissez un commentaire



4 commentaires

  • Ouhgo (Hugues) St-Pierre Répondre

    19 novembre 2007

    A Merlebleu azuré,
    Oui, Me Guy Bertrand est la preuve vivante que toute brebis égarée peut être retrouvée. Il le reconnaît lui-même, c'est sa qualité de procureur au service de causes variées qui l'a amené un temps à épouser la cause de l'adversaire.
    Cet écart a beaucoup nui à sa réputation au Québec. Cependant, les jeunes du secondaire, qui le voient sûrement ridiculisé injustement par Chapleau à Radio/cadna ne furent pas dupes du caricaturiste et lui ont vite accordé leur sympathie. Ceci m'a redonné l'espoir en nos capacités de conviction auprès de la génération montante, pourvu que nous nous donnions la peine d'argumenter calmement, n'est-ce pas, Merlebleu?

  • Archives de Vigile Répondre

    18 novembre 2007

    Ouhgo,
    Maître Bertrand a fait un tabac à Louis Riel, selon la description que vous nous faites de l'atmosphère qui régnait à l'école et les réactions des jeunes.
    Fort bien. D'entendre Monsieur Bertrand réitérer une profession de foi qu'il a déjà été tenté de renier, redonne espoir de retrouver les forces vives qui ont fait les belles heures d'un mouvement d'indépendance qui bat de l'aile. Son crédo nous incitera à lire son livre.

  • Archives de Vigile Répondre

    18 novembre 2007

    La députée du Bloc Québécois Suzanne Tremblay à la défense de Riel.
    http://archives.radio-canada.ca/IDC-0-18-1453-9729/personnalites/louis_riel_metis/clip8
    La cloche de Batoche . The legion in Millbrook, Ont is unwilling to part with it. "You tried to wreck the country and we stopped you," says one member. "Now we've got the bell. It's ours."
    http://archives.cbc.ca/IDC-1-74-1482-9901/people/louis_riel/clip7
    De plus, CBC à Toronto a refait le tribunal de Riel en 2002, mais je ne trouve pas le chainage. Le plaidoyer de Riel est éloquent. Me Guy Bertrand jouait le rôle de Riel.
    À nouveau vendredi, l’anniversaire de la pendaison de Louis Riel a été souligné à Montréal par environ 500 étudiants de l’école secondaire Louis Riel.
    http://www.vigile.net/Me-Guy-Bertrand-acclame-a-l-ecole

  • Archives de Vigile Répondre

    17 novembre 2007

    Bravo Ouhgo pour ce reportage bien fait et stimulant.
    Je crois aussi que Me Guy Bertrand a le coffre, la prestance et le charisme qu'il faut pour partir et maintenir un mouvement pour la souveraineté du Québec qui pourrait être une vraie confédération "voir son dictionnaire préféré" pour la définition. "La fédération centralisatrice actuelle a été vendue faussement aux Québécois comme une confédération en 1867."
    Louis Riel est un héros aussi important que Me Chevalier De-Lorimier, patriote de chez-nous, mort pendu pour la démocratie et un gouvernement responsable.