Réponse à Vincent Marissal

Les victimes des fédéralistes

Tribune libre - 2007

Bonjour. Dans votre texte [Débordements déraisonnables->8264], je suis d’accord en
partie avec vous. Il est vrai qu’on ne parle pas beaucoup des réussites de
l’effort égalitaire posé de part et d'autre des citoyens québécois. Par
contre…
Vous semblez rapprocher l'idée d'intolérance avec le mouvement
nationaliste du Québec au point tel que vous évacuez Jean Charest de la
récupération de débat. Pourtant n'est-ce pas lui qui est visé en tentant de
s'approprier les valeurs d'ouverture, de jouer sur la question du vote
ethnique justement?
Un des aspects qui m'étonne dans ce débat c'est qu'on parle des
frictions ou du « laissez vivre », mais effectivement très peu des
capacités pour la société québécoise de bien intégrer ses nouveaux membres
à la collectivité. Bien sûr en augmentant le nombre de nouveaux venus et en
réduisant l'aspect financier et les ressources propres à la francisation on
prend position dans le sens inverse. Mais à quel but? Responsabiliser les
immigrants et les laisser apprendre eux-mêmes le français? Espérer que
leurs milieux d'accueil, souvent des regroupements issus de leur pays
d'origine, leur apprendront cette langue? Et on parle seulement de la
langue. Qu'en est-il des efforts que le Québec a jadis posés pour faire des
écoles des lieux d'apprentissages laïques ou même de la résistance qui fut
posée par les femmes pour se "libérer " ?
Le grand mot Liberté, ou plutôt sa vague idée, est vendu aux nouveaux
arrivants. Depuis 1982, au Canada, comme au Québec, ils ont la liberté. La
liberté de la langue peut même passer par l'anglicisation, car on peut
faciliter les gens dans la langue de Shakespeare n'importe où,
mondialisation oblige supposément. Des services dans toute autre langue
sont presque possibles aussi... Le français... Il restera la France. De
toute façon, au Québec, il le parle mal et la part du marché y est trop
petite pour se compliquer l’existence, me dira-t-on. Bien sûr qu'aucun parti
politique ne dira aussi clairement ce fait, mais en diluant le fait
français n'est-ce pas finalement ce qui est affirmé? La majorité anglaise
n'est-elle pas irritée par la minorité française au Canada? La majorité
anglaise des États-Unis par celle espagnole?
La valorisation d'une langue commune n'est-elle pas le début même d'un
dialogue? Le parti libéral ne devrait-il pas être porté en procès pour
tenter de diviser le vote à saveur électoraliste? Et aussi quand verra-t-on
ses manoeuvres pour ce qu'elles sont, diviser le Québec pour qu'un projet
de société ne soit plus jamais solidifié. Diviser pour mieux régner,
Charest l'a fait mieux que Dumont et pas seulement sur les accommodements
raisonnables.
Pour terminer, il est vrai que les médias de masse se s’ont servi de la
question ethnique. Depuis longtemps pour vendre leurs produits, mais aussi
pour « vendre » des idées. Comme celle du rapprochement des nationalistes
et le racisme par exemple. Combien de fois La Presse s’en est servie pour
tenter de discréditer le mouvement souverainiste? Combien de fois a-t-elle
déformé les propos de M. Jacques Parizeau lors de l’échec du référendum?
Pourtant, ce que cet homme disait en parlant DU vote ethnique (en non LE)
n'est-ce pas la récupération faite par des gens comme M. Jean Charest le
fait ou encore Justin Trudeau quand ils offrent le mot liberté en échange
d’une dilution du projet collectif suggéré à tous les Québécois, quelle que
soit leur origine. Diviser pour mieux régner.
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --


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