Les moyens

Nous avons les moyens de faire l'indépendance

Éditorial - Il faut avoir la mémoire bien courte pour faire grand cas des propos tenus par Jean Charest à la télévision française selon lesquels le Québec a " les moyens " de devenir un État souverain. André Boisclair estime que la déclaration du premier ministre représente " un nouveau chapitre " dans le débat sur l'avenir du Québec. Un nouveau chapitre? Le chef péquiste a dû sauter quelques pages du livre...
Il y a 15 ans, les membres fédéralistes et souverainistes de la commission Bélanger-Campeau s'entendaient pour dire que la souveraineté du Québec était " faisable et viable ". Le premier ministre d'alors, Robert Bourassa, n'affirmait pas autre chose dans sa célèbre déclaration au lendemain du naufrage de l'accord du lac Meech: " Le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement. "
Les fédéralistes québécois conviennent depuis des lustres de la faisabilité de la séparation. On comprend donc mal comment M. Boisclair peut voir dans l'évidence énoncée par Jean Charest " une grande victoire pour le mouvement souverainiste ".
Compte tenu du développement qu'a connu le Québec depuis la Révolution tranquille, la question n'est plus de savoir s'il a les moyens de faire la souveraineté mais plutôt si l'indépendance serait bénéfique. Car tout ce qui est faisable n'est pas souhaitable. Comme le faisait remarquer Michel Bélanger, coprésident de la Commission sur l'avenir politique et constitutionnel du Québec: " Il est possible techniquement d'avoir un tunnel entre Baie-Comeau et Rimouski. Personne n'en discute la faisabilité, mais personne ne le propose. "
Bien sûr le Québec aurait les moyens de se doter de son propre service des postes, de ses propres ambassadeurs, de sa propre petite armée. Mais en quoi cela améliorerait-il le sort des Québécois? En quoi cela permettrait-il à notre économie de mieux se développer, à notre culture de mieux rayonner?
Quitter le Canada, l'un des pays les plus prospères du monde, l'un des plus riches en ressources naturelles et humaines, c'est sans doute faisable; mais est-ce bien avisé? En tout cas, le Québec devrait dire adieu aux fameux surplus fédéraux, qui sont le produit de la richesse de l'Ontario et l'Alberta. Un peuple pauvre et colonisé n'a rien à perdre. Ce n'est pas le cas de la nation québécoise, qui est devenue à l'intérieur du Canada " l'un des 20 premiers pays du monde en terme de produit national brut par tête ", comme le soulignait vendredi l'ancien premier ministre Bernard Landry.
Dire que les Québécois jouissent aujourd'hui d'une prospérité enviable qui serait mise en péril par la rupture du Canada, ce n'est pas faire une campagne de peur. C'est être réaliste. " Comment l'économie du Québec réagirait-elle à la souveraineté politique s'il fallait en venir là? se demandait Pierre Fortin, l'un de nos économistes les plus respectés, dans la foulée de l'échec de Meech. Il est pratiquement impossible de donner une réponse absolument fiable à cette question parce que la dynamique des événements politiques et économiques comporte une bonne part d'incertitude. "
Oui, le Québec a les moyens de devenir indépendant. Mais est-ce dans cette démarche, complexe et risquée, qu'il doit gaspiller ces moyens? À notre avis, le Québec devrait plutôt se consacrer à améliorer son système d'éducation, à contrer les effets néfastes du déclin démographique, à loger et soigner convenablement les personnes âgées, à dynamiser son économie tout en protégeant son environnement. Les Québécois ont les moyens, aujourd'hui, au sein du Canada, de s'attaquer à ces problèmes urgents et concrets.

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André Pratte875 articles

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[une chronique intitulée « Tout est pourri » (critique de Anne-Marie Gingras) ->http://books.google.fr/books?id=EZWguAMXAtsC&pg=PA27-IA27&lpg=PA27-IA27&dq=pratte+Tout+est+pourri&source=bl&ots=MUti9NTQuH&sig=h2zgJlLgOg844j5ejxnUl4zH2_s&hl=fr&sa=X&ei=73RrT8aQEqnh0QHuh4GyBg&ved=0CEEQ6AEwBQ#v=onepage&q=pratte%20Tout%20est%20pourri&f=false]

[Semaine après semaine, ce petit monsieur nous convie à la petitesse->http://www.pierrefalardeau.com/index.php?option=com_content&task=view&id=30&Itemid=2]. Notre statut de minoritaires braillards, il le célèbre, en fait la promotion, le porte comme un étendard avec des trémolos orwelliens : « La dépendance, c’est l’indépendance ». « La soumission, c’est la liberté ». « La provincialisation, c’est la vraie souveraineté ». « La petitesse, c’est la grandeur ». Pour lui, un demi-strapontin à l’Unesco est une immense victoire pour notre peuple. C’est la seule politique étrangère qu’il arrive à imaginer pour le peuple québécois. Mais cet intellectuel colonisé type n’est pas seul. Power Corp. et Radio-Cadenas en engagent à la poche.





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