Le Québec est beaucoup plus avide de médias que les Américains

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Les médias traditionnels sont en recul. Bonne nouvelle pour Vigile

Les Québécois ne sont décidément pas des Américains comme les autres.

Aux États-Unis, 55 % des adultes s’informent par la télé et 33 % par Internet. La radio attire 29 % de la population, et les quotidiens 23 % du lot.

Au Québec francophone, tous ces indicateurs bondissent d’une trentaine de points. Le taux de fréquentation des journaux télévisés et des chaînes d’information continue bondit à 85 %, celui des sites Web à 66 %. Pour la bonne vieille radio, le seuil grimpe à 61 %, et à 57 % pour les quotidiens payants lus sur papier.

« Il y aurait donc au Québec un intérêt plus grand pour s’informer », a dit vendredi Daniel Giroux, secrétaire général du Centre d’étude sur les médias (CEM) de l’Université Laval, en exposant ces chiffres dans le cadre d’un colloque organisé à Montréal.

Les données fournies datent de 2013 pour le Québec francophone et de 2012 pour les États-Unis. Sauf erreur, leur comparaison est inédite.

Monsieur Giroux a ensuite tenté d’expliquer cette incongruité de la société médiatiquement distincte. Pourquoi par exemple Montréal compte encore quatre quotidiens payants (plus deux gratuits), là où la plupart des métropoles du continent se contentent d’un seul ou de deux journaux. Ou pourquoi Québec en soutient deux, là où les villes américaines de taille comparable n’en ont qu’un seul, voire aucun.

On pourrait multiplier et décliner les exemples dans chacun de secteurs médiatiques, vieux et neufs. Les journaux télévisés du soir, en combinaison, attirent un bon million de personnes. La radio parlée, très populaire, génère des profits mirobolants. Les sites Internet d’information du Québec suscitent des millions de branchements par mois.

« Nous formons une société plus homogène, dit le spécialiste. Le taux de participation aux élections est plus élevé ici. Il y a plus de partis politiques, et sans doute les Québécois ont-ils l’impression d’avoir une plus grande prise sur les décisions qui les concernent. Il faut aussi l’avouer : il y a moins de pauvreté ici — même si nous ne sommes pas les plus riches au Canada —, et la pauvreté est un facteur important lorsque vient le temps de s’acheter de nouveaux outils de communication. »

Ces nouveaux outils sont en train de chambouler l’univers médiatique multicentenaire ici comme ailleurs. Le colloque portait un titre éloquent: «Mutations dans l’univers de l’information : impacts et perspectives ».

Internet et la mobilité concurrencent de plus en plus les médias traditionnels, en grugeant surtout du temps de fréquentation à la télé. Les données du CEM montrent en fait que les jeunes, natifs du Web, ceux de 30 ans et moins, s’informent plus par la voix numérique tout en s’intéressant globalement moins aux informations que le reste de la population. « L’âge est le facteur le plus déterminant pour la fréquentation des médias », résume le directeur.

Ses tableaux comparatifs permettent aussi de distinguer trois types de rapport aux outils actuels de communication, tous âges confondus cette fois. On se retrouve avec de grands, de moyens et de faibles consommateurs des sources modernes additionnées aux traditionnelles. En gros, les branchés ajoutent 41 minutes en moyenne à leur consommation quotidienne de médias d’information traditionnels, les intermédiaires 14 minutes et les exclus une trentaine de secondes seulement.


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