Rapport de l'Office de la langue française

Le PQ constate un recul du français

«Il y a de nombreuses zones d'ombre dont il faut se préoccuper», dit Pauline Marois

La langue - un état des lieux

Il n'y a pas de quoi se réjouir en lisant les chiffres dévoilés mercredi par l'Office québécois de la langue française (OQLF), estime Pauline Marois: au contraire, la situation actuelle indique que le français fait du surplace, voire régresse au Québec.
Mme Marois a mentionné hier ne pas comprendre la réaction du gouvernement au controversé bilan quinquennal de l'OQLF. La ministre Christine St-Pierre avait qualifié la veille le rapport d'«encourageant», une preuve que «le français est en progression au Québec».
C'est plutôt le contraire, dit Mme Marois. «Il y a de nombreuses zones d'ombre [dans le rapport] dont il faut se préoccuper, a-t-elle lancé en conférence de presse hier, à Montréal. Il est néfaste d'occulter ou d'amoindrir certains constats. Mais de toute évidence, c'est ce à quoi s'est adonné le gouvernement Charest.»
Facteurs d'inquiétude
La lecture que fait le PQ du volumineux document de l'OQLF souligne quatre principaux facteurs d'inquiétude: le français comme langue d'usage est en baisse, les transferts linguistiques se font encore majoritairement vers l'anglais, le français n'est pas la langue de travail normale à Montréal, et plusieurs organismes gouvernementaux ou ministères n'ont pas leur certification de francisation.
«Le simple constat [de la diminution du français comme langue d'usage] aurait dû sortir le premier ministre de sa torpeur et le faire plonger dans le débat linguistique», croit Pauline Marois, qui a l'impression que Jean Charest «craint» ce débat.
Selon la chef péquiste, les données dévoilées mercredi lui «donnent raison quand [elle disait à l'automne] qu'il faut renforcer la loi 101. Nous accueillons de plus en plus de nouveaux arrivants qui connaissent déjà le français: or ça devrait se traduire par la francisation du Québec et de Montréal», ce qui n'est pas -- ou peu -- le cas, dit-elle.
Le porte-parole du PQ en matière de langue, Pierre Curzi, juge que la situation commande des actions concrètes qui ne semblent pas être dans la mire du gouvernement, selon lui. «Il faut du concret, pas une espèce d'attitude un peu mollassonne comme celle que la ministre a eue hier.»
Le plan d'action annoncé par Mme St-Pierre a quelque chose de «pathétique», dit M. Curzi. «On connaît très bien les moyens d'améliorer la situation. On sait qu'il faut agir sur la langue de travail, l'accueil des immigrants, qu'il faut surveiller ce qui se passe au niveau des transferts linguistiques... On sait quelles mesures il faut prendre pour s'assurer que le français soit la vraie langue d'usage.»
Mais encore faut-il que le gouvernement pose des gestes et annonce ses intentions, dit Pauline Marois. «Il faut s'assurer qu'il y a des objectifs [de francisation] et qu'on les atteigne. C'est à l'État de déterminer quels seraient des objectifs sains de transferts linguistiques, par exemple. Et l'OQLF doit trouver les moyens de les appliquer.»
ADQ
Saisissant la balle au bond, le porte-parole de l'opposition officielle en matière de langue, François Benjamin, a demandé hier à Mme Marois de «changer son fusil d'épaule et d'appuyer l'ADQ pour réclamer un gel immédiat des seuils d'immigration».
M. Benjamin estime que le PQ ne peut plus «plaider l'ignorance» concernant l'impact de l'immigration sur la situation du français et que son appui donné cet automne à la décision du gouvernement d'augmenter le nombre de nouveaux arrivants doit être renié.
La réponse de son homologue Pierre Curzi est venue rapidement: il a indiqué que la solution au problème actuel n'est sûrement pas «l'absurdité de l'ADQ qui dit qu'il faut couper l'immigration. On a besoin des immigrants, mais aussi de les franciser».


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