IMMIGRATION

Les immigrants auront peu d’incidence sur le déclin du français au Québec

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Il faut cesser cette immigration massive qui détruit la nation


Deux nouvelles études mettent en lumière les défis auxquels fait face la langue française au Québec. Elles confirment le recul net anticipé du poids des francophones au Québec d’ici une quinzaine d’années — et cela, peu importe les efforts déployés pour accueillir plus d’immigrants parlant français —, de même que l’importance que prend l’anglais en milieu de travail.


Dévoilées lundi après-midi par l’Office québécois de la langue française (OQLF), ces études viennent étoffer des données contenues dans le grand Rapport sur l’évolution de la situation linguistique, publié en avril 2019, et dans une étude de Statistique Canada publiée en 2017.


Pas de grande surprise par rapport aux constats, donc, mais les conclusions « confirment ce que plusieurs études ont montré — le français décline », commentait lundi Myriam D’Arcy, directrice générale de la Fondation Lionel-Groulx, qui s’intéresse de près à ce dossier. « Il est temps d’agir : on attend impatiemment le projet de loi » que doit déposer le gouvernement Legault pour mettre à jour la Charte de la langue française.


La première étude s’appuie sur les Projections linguistiques pour le Canada, 2011-2036. Ce rapport prévoit notamment une diminution importante de la part de la population utilisant le français à la maison (de 82 % en 2011 à 75 % d’ici 2036).


L’OQLF a demandé aux chercheurs de Statistique Canada d’étudier différents scénarios — touchant tous la composition de l’immigration — pour mesurer s’ils auraient un effet sur la part relative du français dans les différentes catégories habituelles (langue maternelle, principale langue d’usage à la maison, etc.). Résultat ? Les « scénarios auraient somme toute un effet assez limité sur l’accroissement du poids démographique de la population québécoise de langue française », notent les chercheurs.


Même un scénario « théorique peu probable » qui ferait en sorte que 100 % des immigrants du volet économique (c’est Québec qui assure leur sélection) seraient originaires de pays francophones « ne permettrait de faire progresser que marginalement les différents indicateurs du français ».


L’OQLF conclut donc elle aussi que « le poids des francophones de langue maternelle et celui des personnes dont le français est la langue parlée le plus souvent à la maison diminueront d’ici 2036 ». Dans le premier cas, on parle d’un recul d’au moins sept points de pourcentage ; dans le second, d’au moins six points.


Au travail


Pour l’étude Langues utilisées dans diverses situations de travail au Québec en 2018, l’OQLF a mandaté une firme de sondage pour qu’elle éclaircisse qui parle anglais au travail et pour quelles raisons. L’Office s’est gardé d’établir des comparatifs ou de commenter la situation.


Sur l’île de Montréal — là où se concentrent les questions liées à la protection du français —, 53 % des travailleurs parlent surtout français au travail, alors que près de 19 % utilisent surtout l’anglais. Le quart des travailleurs passent d’une langue à l’autre.


Pourquoi ? Près de la moitié (49 %) des répondants qui utilisent au moins régulièrement l’anglais le font pour « offrir un service à la clientèle du Québec ». Parmi les autres raisons mentionnées régulièrement, il y a notamment le fait que des « collègues préfèrent utiliser » l’anglais (25 %).



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