Le NPD, plaque tournante du « Quebec bashing »

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Le racisme inversé, un autre épisode de la longue guerre


Au cours des trois débats tenus pendant la campagne électorale, Jagmeet Singh a soutenu qu’il réfutait la vague de Quebec bashing qui déferle au Canada anglais à propos de la Loi sur la laïcité de l’État. Il cache toutefois bien mal les attaques virulentes et méprisantes de son propre parti envers cette loi.


Dès les premiers débats de 2013 sur la laïcité de l’État, le NPD répandait l’idée que la laïcité serait du « poutinisme » (Charles Taylor) ou une posture « intolérante et discriminatoire » (Julius Grey, Tom Mulcair). Par la suite, en 2015, des accusations semblables ont été lancées par le NPD contre les demandes du Bloc québécois et d’une large partie de la population québécoise d’interdire le port du niqab pour l’exercice du droit de vote et lors des cérémonies de prestation du serment de citoyenneté.


Cette offensive contre la laïcité a été bientôt intensifiée par la thèse du « racisme systémique » qui rongerait notre société. Il n’y a pas très longtemps, Jagmeet Singh a accusé de racisme le leader parlementaire du Bloc québécois, qui refusait de conclure à l’existence du « racisme systémique » à la GRC avant même que soit amorcée l’étude du dossier en comité parlementaire. L’affaire est revenue le hanter lors des déclarations pernicieuses d’Amir Attaran qui associait le Québec à l’Alabama du Nord avec la bénédiction du député fédéral néodémocrate d’Hamilton-Centre, Matthew Green. Jagmeet Singh s’est même refusé à condamner ce député néodémocrate ontarien.



Le malheur pour Jagmeet Singh, c’est que plusieurs députés de ce parti se sont adonnés au Quebec bashing dans le débat sur la laïcité. C’est ainsi que le 17 juin 2019, le jour même de l’adoption de loi 21, la cheffe albertaine du NPD, Rachel Notley, s’est dite attristée que « le racisme devienne loi » au Québec.


Par la suite, l’offensive s’est poursuivie dans trois assemblées législatives, où des motions contre la loi 21 ont été votées en tirant dans la même direction.


En Colombie-Britannique, le 21 octobre 2019, la députée Mable Elmore a associé la loi québécoise aux mouvements racistes européens d’extrême droite, à la « droite alternative » américaine, au suprémacisme blanc et à l’antisémitisme. Le député Garry Begg a indiqué que la législation québécoise générait l’oppression religieuse et raciale et qu’elle s’inscrivait dans la foulée des attaques et tueries menées par des suprémacistes blancs aux États-Unis.


En Ontario, le 25 novembre, la cheffe du NPD, Andrea Horwath, a comparé la loi 21 « à tous les autres actes de discrimination, de xénophobie, d’antisémitisme et de racisme anti-Noirs ». Pour sa part, le député néodémocrate de Brampton, Kevin Yarde, a associé la loi québécoise à la ségrégation raciale pratiquée aux États-Unis au cours des années 1960-1970.


Enfin, au Manitoba, le 29 novembre, le député Diljeet Brar a aussi statué que la mission de la loi 21 était de faire la promotion de la haine.


Comment se fait-il que le chef du NPD n’ait pas dit un seul mot à propos de ce déluge de haine contre le Québec ? Que dire de son appui à la motion du conseil municipal de Calgary (et autres municipalités du Canada anglais) qui a qualifié la loi 21 de raciste et discriminatoire ?


Une question démocratique


La laïcité de l’État est un principe central dans la pensée démocratique républicaine. La Tunisie laïque instituée par Bourguiba a duré pendant près de 50 ans. Les Tunisiens étaient-ils racistes envers eux-mêmes ? La Turquie a été aussi laïque pendant plus de 80 ans. Étaient-ils à ce point masochistes ?


La loi 21 est appuyée par une vaste majorité de la population du Québec et jouit d’un large consensus démocratique. Depuis une dizaine d’années, le NPD s’inscrit en rupture avec la vision universaliste traditionnelle de la social-démocratie. Il s’enfonce dans une vision communautariste, racialiste et victimaire. Ce faisant, il court à sa perte.




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