Le Bloc et la balance du pouvoir

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Plaidoyer pour une alliance bleue entre Scheer et Blanchet


La candidate indépendante en Colombie-Britannique, l’ex-ministre libérale Jody Wilson-Raybould, est enchantée de constater que les sondages prédisent un gouvernement minoritaire : « Cela fait de meilleures lois et de meilleures politiques, puisque les gens doivent réellement s’entendre et travailler ensemble pour faire adopter des projets de loi. » Comment ne pas lui donner raison ? Si, par exemple, le gouvernement Trudeau avait été minoritaire, il aurait été ardu pour lui de rompre sa promesse de changer le mode de scrutin et d’acheter l’oléoduc Trans Mountain pour quelque 4,5 milliards.


Il est possible que le Bloc québécois fasse élire assez de députés pour permettre à l’un des deux partis en voie de remporter les élections — le Parti libéral (PLC) ou le Parti conservateur (PCC) — de se maintenir durablement au pouvoir dans un gouvernement minoritaire. Le cas échéant, le Bloc n’obtiendrait que des miettes en échange d’un soutien au PLC, du fait de son antinationalisme obsessif ; par contre, avec le PCC, cela pourrait être différent.


Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a affirmé ne pas vouloir être un « collaborateur assidu » aux Communes, que son appui aux projets de loi sera à la pièce. Il a tort de vouloir rester en retrait s’il obtient la balance du pouvoir (qui, selon l’Encyclopédie du parlementarisme québécois, « désigne la situation d’un parti d’opposition qui possède un nombre de sièges suffisants en Chambre pour défaire un gouvernement minoritaire en joignant ses forces à celles d’un autre parti d’opposition »). Il devrait au contraire s’impliquer et s’inspirer des coalitions qui fonctionnent avec succès dans plusieurs pays européens. Pourquoi ne pas importer ce modèle ici en attendant un mode de scrutin plus équitable ?


Si le Bloc obtient la balance du pouvoir avec un PCC à la manoeuvre, il ferait part à ce dernier de ses conditions, et le PCC au premier des siennes. Les deux partis pourraient s’entendre et, qui sait, le Québec en retirerait peut-être plus en quatre ans que ce qu’il avait jamais espéré.









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