Le bilinguisme institutionnel canadien selon Bernard Lord

Chronique de Louis Lapointe


On dit souvent qu’être bilingue au Canada signifie d’abord parler anglais.
Les habitants de la péninsule acadienne du Nouveau-Brunswick en ont eu la
preuve vivante au cours de la dernière année. Leurs plaintes n’y ont rien
fait.


Une circulaire unilingue anglaise
La Presse canadienne

Le Devoir, Édition du mercredi 26 mars 2008

Pokemouche -- La compagnie Sears Canada récidive en distribuant aux
francophones de la péninsule acadienne une circulaire unilingue anglaise.
Cette circulaire a été envoyée dans la péninsule acadienne à travers les
publi-sacs. Depuis plus d'un an, malgré de nombreuses plaintes de citoyens
mécontents, Sears Canada continue aussi de faire parvenir par la poste des
catalogues unilingues anglais à une majorité de francophones de la région.
La population de la péninsule se compose de 99,9 % de francophones. Une
porte-parole de Sears Canada à Toronto n'a pas été en mesure d'expliquer
cette situation, ni d'assurer aux francophones que cela ne se reproduira
plus. Elle a plutôt référé le cas à un autre dirigeant basé à Moncton, un
unilingue anglophone, qui n'en savait pas plus. Pour ce qui est de la
circulaire en anglais envoyée cette fin de semaine, une représentante d'une
franchise Sears à Bathurst a reconnu qu'il s'agissait de son erreur. Sandra
Lagacé n'a pas voulu commenter davantage ce dossier.


Dans cette perspective, que doit-on comprendre du rapport de leur ancien
premier ministre Bernard Lord au sujet du bilinguisme institutionnel à
travers tout le Canada ?
C’est simple :
Le bilinguisme pour les anglophones canadiens, c’est parler et travailler
en anglais là où il y a une majorité de francophones.
Le bilinguisme pour les francophones canadiens, c’est parler, lire et
travailler en anglais, qu’il y ait là une majorité, une minorité ou même
aucun anglophone.
Louis Lapointe
Brossard
-- Envoi via le site Vigile.net (http://www.vigile.net/) --

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Chroniqueur et avocat à la retraite, l'auteur a été directeur de l'École du Barreau du Québec, cadre universitaire, administrateur d'un établissement du réseau de la santé et des services sociaux et administrateur de fondation.





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